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Lettre à France

13/08/2010

Ça fait plus de dix jours que je suis en vacances dans un pays lointain où je mange des cheeseburgers à (presque) tous les repas.

En général, quand je suis loin de la France, au bout de quelques jours, elle commence à me manquer (enfin elle manque surtout à mes cuisses qui ne se reconnaissent plus quand elles se croisent dans un miroir) et j’entreprends des balades nostalgiques sur la plage, mes lunettes de soleil sur le nez pour cacher des larmes qui coulent au rythme de Lettre à France que j’écoute en boucle, mon Ipod dans les oreilles. Et je chante aussi. Parce que quand je suis seule sur la plage à 8 heures du matin (rapport au décalage horaire, sinon il est évident qu’à 8h, en vacances, je dors comme un veau), je chante. Et je ne dérange personne. Sauf les mouettes. Mais je les emmerde, j’ai le mal du pays.

Ce matin, mes cuisses ayant décidé de faire la grève de la marche en signe de protestation, c’est assise près de l’eau, que j’écoutais Lettre à France, tout en lisant les infos sur le site du Monde, pour maintenir le lien. Et en fredonnant, ça a donné ça :

De-puis que je suis loin de toi, Je suis comme loin de moi, Et je bouffe toute la journééééeeee
Tuuuuu es à six heures de moi, Je suis à des kilos de toi, C’est ça l’peanut butter
Laaaa différeeeeence, C’est les cup-cakes, Partout autour de moi
Tu fais toujours de beaux légumes, Quelquefois dans les journaux, Je vois tes gentils agriculteurs…

Mais je suis interrompue par un titre où il n’est pas question de gentils agriculteurs.

« Matignon dit non aux salles de consommation de drogue » Comment ça se passe ? Je suis partie combien de temps ? De quoi il parle l’ordinateur ? Vite je clique sur l’article. Un instant j’espère que Le Monde ait été racheté par The Sun ou par Ici Paris pendant mon absence, qu’il fasse désormais dans le sensationnalisme et que le contenu de l’article ne soit point aussi inquiétant que le titre. 

Il n’en est rien, malheureusement. La douce Nadine Morano, qui n’existait de toute évidence pas quand Polnareff a écrit cette déclaration d’amour à la France, a fait part de son souhait d’ouvrir le débat sur les « salles de consommation de drogue » ( ?!?!) afin de lutter contre la toxicomanie ( ??!!??!!). Reprenant ainsi une brillante idée de notre Ministre de la SANTE, Roselyne Bachelot (il est important de rendre à César tout de même…). Et je précise également que le Parti socialiste (du moins ce qu’il en reste, c’est-à-dire trois péquenauds) s’est dit favorable à cette « expérience ».

L’idée serait donc de permettre aux toxicos de consommer de la drogue sous surveillance médicale. Non, mais rassurez-moi, il s’agit de marijuana pour les personnes en stade terminal ? Que nenni.

Il semblerait que ces lieux existent déjà en Allemagne, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Espagne, en Norvège, en Suisse, en Australie et au Canada. Le Monde nous apprend que leur fonctionnement est très réglementé : « les usagers débutants (sublime) et mineurs en sont exclus, le deal est prohibé dans et autour de la salle (nous voilà rassurés). Les usagers s’y rendent (de leur plein gré ?) avec leur drogue déjà achetée (héroïne, cocaïne, crack, médicaments). Les professionnels fournissent du matériel propre et dispensent des conseils (comme c’est aimable) pour pousser à des comportements prévenant les overdoses (comme assommer le drogué qui refuse de retirer sa seringue), les contaminations au VIH et hépatites. »

Et selon la Secrétaire d’Etat/Future Prix Nobel, « Lorsqu’on permet à des personnes qui sont toxicomanes de pouvoir consommer leur drogue sous contrôle, avec accompagnement, si on arrive à sortir ces personnes-là de la drogue, je crois qu’on aura gagné un combat ». Bon, alors déjà, Nadine, il va falloir retourner en 6e, parce qu’en terme de construction grammaticale, cette phrase est problématique. Ensuite, je pense qu’il faudrait déjà que tu cesses de consommer, toi, avant de faire des propositions, comme ça, à haute voix. Ou alors entraîne-toi d’abord devant le miroir de ta cellule capitonnée, ou auprès de tes aides-soignantes, ce sera un bon test. Si elles te donnent une petite boule rose juste après, c’est que ce n’est pas une bonne idée et qu’il faut attendre encore un peu pour prendre la parole. Je suis bien consciente que tu as eu la délicatesse de choisir le milieu du mois d’août pour t’exercer (tu as d’ailleurs probablement attendu que tout le gouvernement soit parti, pensant que ça passerait inaperçu), mais tu devrais savoir que certains journalistes ne sont pas en vacances et que tes propos sont susceptibles d’être relayés. Donc on se contient un peu, bordel.

Tu imagines un peu si le gouvernement (qui a jugé ces salles « ni utiles, ni souhaitables ») avait pris ta proposition au sérieux ?

On aurait donc des lieux où les toxicos « pourraient s’injecter des produits dans de bonnes conditions d’hygiène et sous supervision de personnel de santé ». Attendez une seconde, je me roule dans les algues de rire, je mange un peu de sable et un coquillage pour oublier que Madame Morano est Secrétaire d’Etat, et je fais une petite projection :

Prenons un toxico. Attention, Nadine, un toxico qui « s’injecte des produits » n’est donc pas un ado qui fume de l’herbe ou un trentenaire qui prend de la coke quand il sort avec ses potes. Ah non, mais je suis bête, tu le sais puisque ces centres ne sont pas pour les « usagers débutants ». Donc à l’entrée, on tend les deux bras et s’ils ne sont pas bleu marine, on sera gentil de bien vouloir retourner se défoncer à la maison et on revient quand on ne peut plus se piquer que dans le pied ou quand on a essayé de tuer sa voisine pour sniffer son talc. Compris ? Et merci de venir avec votre dope, parce qu’on ne fournit que les seringues ici, coincer les dealers nous intéressant peu.

Nadine, mon chou, je ne sais pas si tu as déjà été au contact d’une personne qui s’injecte des produits à l’aide d’une seringue, mais si ce n’est pas le cas, tu peux toujours louer Requiem for a Dream ou lire Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée, ça te donnera une vague idée. Bref, donc imaginons ces personnes, en l’existence de telles salles. D’abord, il va de soi, que lorsque leur vient l’envie d’un shoot, le dernier endroit où ils voudront « se rendre » c’est un centre médicalisé avec des gens en blouse blanche qui les accueilleront avec un sourire pincé (« bonjour madame, alors faites-voir un peu votre état, vous êtes bien au fond du fond ? parfait. Vous n’arrivez plus à tenir la seringue ? Pas de problème, nous sommes là pour ça »). Ils leur diront ensuite en plein shoot : « bon, voilà c’est bien, vous avez utilisé une seringue propre, maintenant il convient de s’arrêter… vous avez entendu monsieur, il faut s’arrêter, ça suffit, vous allez faire une overdose! Non, mais! » Ah, en tous cas, y’a pas à dire, on se marre bien avec les français. Et une fois qu’on les aura menacés de leur planter la seringue dans l’œil ou dans le bras, ils feront quoi les blouses blanches dans leurs « centres de consommation supervisés », « centres d’injection supervisés », « salles de consommation à moindre risque », « salles de shoot » ou whatever ?

Un des arguments en faveur de ces salles est que ça n’augmente pas la consommation. Certes, mais est-ce l’objectif ? L’objectif n’est-il pas de la réduire et de « désintoxiquer » ? Oui, dé-sin-tox-i-quer comme dans « centre de désintoxication » ? Comme dans sevrage, connasse ! Comme l’a d’ailleurs rappelé François Fillon, « la priorité est de réduire la consommation de drogue, non de l’accompagner, voire de l’organiser ». Heureusement que certains membres du gouvernement ont su préserver certaines de leurs facultés, parce que sinon, je ne rentre pas, moi. N’en déplaise aux douaniers américains. Surtout que les seuls propos que l’on me relate et qui ont un semblant de sens sont ceux de Marine Le Pen qui pense le gouvernement Sarkozy « en plein délire » et « irresponsable parce qu’il constitue une brèche dans le bannissement de la consommation de la drogue en France ». Dans ces conditions je peux demander l’asile politique non ?

Voilà, donc, France, je t’aime bien, mais je préfère quand tu dis moins de conneries et que les membres de ton gouvernement et surtout de l’opposition sont plus éloquents qu’un ou une Le Pen. Tu as encore 10 jours d’ici mon retour, donc on se reprend, merci.

Salles de consommation médicalement assistée de drogue. Sérieusement ?

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231 commentaires leave one →
  1. La Puce permalink
    13/08/2010 06:42

    Rien que pour la photo de Jaja aka probablement le plus grand drogué des films hollywoodiens, je te dresse un autel pour cet article!

    Moi, sinon, expatriée aussi, mais genre expatriée-le-plus-longtemps-possible, je ne peux que comprendre ta consternation en ce qui concerne les nouvelles de la France qui peuvent filtrer au delà des océans…
    Cela dit en passant, juste par curiosité, t’as une idée de ce que donnent les centres similaires aux Pays-Bas, Canada, Suisse et autres?

    • Le mathématicien permalink
      14/08/2010 12:02

      Je disconviens respectueusement à cet article. Les centres d’injection existent dans toutes les grandes villes de Suisse et constituent un outil de prévention efficace. Ton article, la meuf, me plonge dans une certaine gêne, tant le principe de fonctionnement me semble évident – et ici traité comme si on était au bar PMU (« tu te rends compte? aider les drogués à se droguer? »

  2. louis permalink
    13/08/2010 09:03

    Et pourtant!
    Je vis en suisse où ces centres exitent: alors ouais c’est pas le monde idéal des bisounours mais l’idée est pas de fournir des coussins et des canapés aux toxicos mais de leur permettre de rencontrer d’autres personnes que des dealers et des toxicos, voir des medecins ou des travailleurs sociaux.

    Geneve est pas loin, va faire un tour avant de parler d’un sujet dont visiblement tu ne connais que le coté hollywoodien. (moi c’est pareil remarques) mais je connais le systeme des 4 piliers suisse:
    • Réduire le nombre de nouveaux consommateurs et de personnes dépendantes de la drogue
    • Augmenter le nombre de personnes réussissant à sortir de la drogue
    • Réduire les dommages à la santé et la marginalisation sociale des toxicomanes
    • Protéger la société face aux conséquences liées aux problèmes de drogue et lutter contre la criminalité

    tu remarques le point 3. parce que leur taper dessus est pas suffisant pour arreter.

    • turquoise permalink
      13/08/2010 13:50

      où je vis, je passe régulièrement devant l’un de ces centres, avant ou pendant l’heure de la distribution (il y a un côté soupe populaire). disons juste pour appuyer la réponse de louis que cela ne me semble pas des « conneries ». pour une fois que Morano avait des idées progressistes, d’ailleurs ça m’étonne.
      il est clair qu’en plein discours répressif du gouvernement, cela n’allait pas coller avec l’expulsion des Roms

      • Le mathématicien permalink
        14/08/2010 12:04

        Effectivement, ça semblait une bonne idée au milieu de la diarrhée UMP continuelle…

  3. Le mauricien permalink
    13/08/2010 09:10

    Premier commentaire sur ce sublime blog, parce que pour une fois je suis en total désacord avec tes propos, Meuf.

    Pour avoir dejà habité dans des quartiers où les toxicos sont nombreux (Marx Dormoy), je peux affirmer haut et fort que ces salles de shoot sont une excellente idée. Contrairement à ce que tu avances, un certain nombres d’heroinomanes veulent s’en sortir mais n’osent pas forcément aller dans un centre de désintoxication. Ils sont souvent complétement coupé du monde extérieur et rentrent dans un cercle vicieux qui consiste à trouver de l’argent pour leur dose et à se défoncer.

    A mes yeux, ces salles ont surtout un avantage: en mettant des medecins qualifiés (ce ne sont pas tous des mecs en blouse blanche et sourire pincé qui ne font habituellement que des « bonjours madame Ledoux, qu’est ce qui vous amène aujourd’hui? une petite tous, c’est pas bien grave dites 33 et tout ira mieux », mais plus souvent des gens qui sont habitués à travaillé avec deds toxicomanes) . En les mettants au contact des Toxicos donc, c’est un signe fort qu’on ne les considère pas comme des parias mais comme des malades, des victimes si tu préfères. Car oui, la toxicomanie, au même titre que l’alcoolisme est à mes yeux une maladie et pour avoir déjà assisté (pas en vrai, en reportage) au discours d’un mec qui en pleure tellement il voudrait arreter mais n’y arrive pas, je me dis que ces salles d’accompagnement sont une bonne chose. C’est un peu comme la methode Allen Carr pour arreter de fumer: tu continues à prendre ta dose et petit à petit on va t’amener vers la guérison…

    Alors c’est sur qu’on est pas habitué à ce genre de reflexions en France. Les propose de notre cher François Fion sont à peu près: » nous voulons interdire la prise de drogue, pas l’accompagner ». Quand je lis ça j’ai l’impression de lire oui-oui au pays des jouets. Ah si Mr Fion veut interdire, alors les mecs vont tous s’arreter bien sur! comme tu le souligne le film Requiem for a dream est un bel exemple: le mec va jusqu’à voler la tv de sa mère pour payer sa dose. Crois tu qu’une simple interdiction va le faire arreter?

    Moi je pense qu’il vaut mieux accompagner ces personnes plutot que fermer les yeux sur un vrai problème. Pour le coup Nadine Morano a voulu ouvrir un débat, je trouve ca très dommage que Fion l’ai fermé avant la première discussion.

    PS: rappelle toi quand on a décidé que les pharmacie distribueraient gratuitement des seringues au toxicos pour eviter la propagation des maladies, il y en avait plein comme toi des gens pour s’offusquer du fait que le gouvernement va payer pour des drogués. Bah perso, je suis toujours convaincu que c’etait une excemllente idée.

    bien à toi, profite bien de tes vacances 🙂

    • Docds permalink
      13/08/2010 11:07

      Pour un premier commentaire, c’est un très bon commentaire.

      • Nora permalink
        13/08/2010 11:25

        Je trouve aussi.

      • Le mauricien permalink
        13/08/2010 11:29

        merci bien 🙂

    • Le mauricien permalink
      13/08/2010 11:44

      PS: il y a un paquet de fautes dans mon commentaire, vous m’en voyez désolé, j’ai tapé sous le coup de l’émotion.

    • 13/08/2010 15:44

      En effet, Difficile de suivre La Meuf sur ce coup là. Loin d’être un spécialiste dans ce domaine, la toxicomanie est un mal qui ne soigne pas uniquement a coups de descentes de police et de peines lourdes. Il s’agit, si j’ai bien compris cette proposition, de dire « il y a là un problème humain et de santé publique qui ne relève pas uniquement du domaine pénal. La volonté de balayer cette proposition d’un revers de main me rappelle l’hypocrisie liée a l’euthanasie.

      Cependant, même fasciste, je continuerai a t’aimer La Meuf.

      • 13/08/2010 20:47

        Sauf que là il ne s’agit pas de soigner, mais d’organiser la consommation comme l’a justement dit Fillon.

      • 14/08/2010 21:25

        Je ne dirais pas organiser mais surveiller. A défaut d’un contrôle, ou d’une répression efficace, une surveillance diminue les désastre de la drogue, ce qui est le but recherché.
        Peu importe les moyens, si ça diminue les taux de contamination et les overdoses, pourquoi s’offusquer?

    • 13/08/2010 22:18

      @Le mauricien: j’avais loupé ton commentaire et je comprends pourquoi beaucoup sont d’accord avec ce que tu dis:
      « un certain nombres d’heroinomanes veulent s’en sortir mais n’osent pas forcément aller dans un centre de désintoxication. Ils sont souvent complétement coupé du monde extérieur et rentrent dans un cercle vicieux qui consiste à trouver de l’argent pour leur dose et à se défoncer ». Si ces centres sont un premier pas vers une désintoxication totale, dans ce cas, je retire tout ce que j’ai dit. Mais nous savons tous que la solution miracle n’existe nulle part, sinon elle aurait été appliquée partout. Malheureusement, en ce qui concerne l’addiction à l’héro, et pour avoir parlé non pas à des toxicos mais à d’anciens toxicos qui s’en sont réellement sortis, leur sevrage ne s’est pas fait par un arrêt progressif comme cela peut se faire pour la cigarette, mais par un arrêt complet assorti de substituts. On ne peut pas comparer l’addiction à l’héro à l’addiction à la nicotine. On peut davantage comparer à l’alcool (comme tu le dis d’ailleurs) et il me semble que cela passe par un arrêt complet, pas par un verre en moins chaque jour.

      Sur le fait qu’on ne les considère pas comme des parias en les mettant au contact de médecins, tu as raison, mais un médecin qui aide à s’injecter des substances aussi dévastatrices, personnellement, ça me pose un vrai problème.

      Tu dis aussi « je pense qu’il vaut mieux accompagner ces personnes », je te rejoins complètement, mais est-ce qu’on ne peut pas les accompagner autrement qu’en les aidant à consommer? Est-ce qu’on ne pourrait pas créer des centres d’information, d’accompagnement, d’orientation? Sans pour autant les aider et les regarder consommer?

      Je suis également d’accord quand tu dis qu’une simple interdiction ne suffit pas à les faire arrêter et tu prends pour illustration Requiem for a dream, mais je pense aussi qu’une aide à la conso ne permet pas d’arrêter non plus. Dans Moi, Christiane F., qui est un excellent témoignage, lorsqu’elle se retrouve dans des centres (je ne sais plus si ce sont des centres de désintox ou d’accompagnement d’ailleurs), dès qu’elle parvient à se procurer un peu d’héro en raisonnant comme tu le fais avec ton parallèle sur la clope (un peu moins chaque jour), ce n’est à chaque fois qu’un cercle vicieux de plus qui l’embarque à nouveau dans le cercle de la consommation à outrance.

      Enfin, au risque de te surprendre, je suis d’accord avec ce que tu dis sur les seringues, je trouve que c’est une excellente idée.

      • Le mathématicien permalink
        14/08/2010 12:20

        « Sur le fait qu’on ne les considère pas comme des parias en les mettant au contact de médecins, tu as raison, mais un médecin qui aide à s’injecter des substances aussi dévastatrices, personnellement, ça me pose un vrai problème. »

        Il faut placer ça dans le contexte. Les salles d’injection constituent le premier avant-poste d’un système d’aide – celui qui va peut-être donner l’impulsion vers la désintox. Le but est aussi de ne pas perdre de vue les toxicos qui ratent leur sortie. Plutôt que de voir ça comme des médecins qui prennent des gens par la main pour les aider à se droguer, vois ça comme un appât qui fait que les toxicos vont venir tout seul dans un lieu où, finalement, on fait de la prévention.

  4. L'assistante sociale permalink
    13/08/2010 09:35

    Il existe déjà en France (en tout cas à Paris) des lieux d’accueil pour les toxicomanes ou ils peuvent trouver des seringues, bénéficier d’un suivi médico-social, être accompagnés pour le sevrage… mais pas consommer.
    Les salles comme celles que propose la ministre existent à l’étranger (au Pays Bas, il me semble…).
    Il faudrait savoir ce qu’en pensent les professionnels (addictologues, par exemple)
    Ce n’est peut-être pas si idiot que ça ???

    • 13/08/2010 09:40

      Peut être que ça ne l’est pas. Moi, mon problème, c’est que tout ce que peut dire les membres de ce gouvernement est, à mes yeux, entaché d’opportunisme. Mais s’il s’avère que c’est en fait une bonne idée, qu’importe la raison pour laquelle il le font pourvu qu’ils le fassent vraiment.

      J’attends de voir ce que diront des experts à ce sujet pour juger de la pertinence de cette idée, en tout cas

  5. 13/08/2010 09:45

    C’est qu’ils vont finir vraiment par me faire marrer un jour les Français…
    Des fois je me demande si certaines personnes réfléchissent avant de parler, si vraiment il y a un filtre entre ce qui est cogité la-bas en haut et ce qui est décanté la-bas en bas, je parle des lèvres.
    Bref de toute évidence il fallait essayer de monopoliser l’attention de médias pendant que les autres grandes stars préférés des médias sont en vacances ou je ne sais ou… on s’en fou en fait…
    Ben ma grande c’est que t’as réussi… mais crois moi après deux ou trois articles du type tu préféras t’être loupée dans ta tentative de faire de la une…

    Sinon concernant le fond, je pense que le marche de la drogue devrait être contrôlé. Aujourd’hui il n’est quasiment plus possible d’empêcher quelqu’un même jeune de fumer. Maintenant n’étant pas politique je n’ai pas particulièrement de solutions a proposer… sauf une… arrêtez de faire des propositions a la con et demander plutôt aux gens du terrain ce qu’ils en pensent… mais ca en Douce France on sait pas faire car en générale on sait que demander c’est pas bien, faut agir…et en 100 jours svp

    Merci pour l’article, la forme m’a fait marrer c’est deja ca

    Mohamed Semeunacte

  6. 13/08/2010 10:03

    Alors en effet à Genève, à 3 minutes de chez moi, il y a un lieu d’accueil pour les toxicomanes, avec la possibilité pour eux/elles de prendre leur dose dans des conditions médicales protégées, d’éviter de choper des maladies de merde avec du matériel tout pourri, d’avoir éventuellement un moment de discussion avant la prise avec des assistant-e-s sociaux qui peuvent leur donner des adresses pour trouver que sais-je ? du boulot, à manger pas cher, un lieu pour dormir, etc.

    De toutes façons, que les lieux d’accueil de ce type existent ou pas, les toxicomanes prendront leur dose. Personnellement j’aime autant qu’ils/elles le fassent dans des conditions sanitaires correctes.
    Je vois assez mal ce qui te choque là-dedans en vérité.

    Ce n’est pas parce que ce type de lieux existe que davantage de gens vont consommer de la drogue. Ça ne fonctionne pas comme ça.

    • 13/08/2010 20:49

      il n’y en aura sans doute pas plus qui consommeront (et encore ce n’est pas sûr) mais certainement pas moins.

      • Guillaume Pascanet permalink
        13/08/2010 20:56

        Un peu comme les bars qui ne font pas baisser la consommation d’alcools mais qui évitent de boire de l’eau de vie coupée au liquide de refoidissement.

      • Le Pet Financier permalink
        14/08/2010 01:07

        Comme La Meuf, j’ai du mal à comprendre à quoi ces lieux peuvent être utiles.
        Ce sont des structures très lourdes pour des résultats très aléatoires.
        En ces temps où il faut être économe, je préfèrerai que l’argent public aide d’autres détresses.
        je dis cela je dis rien.

      • foobar permalink
        16/08/2010 11:32

        Hum, contrairement à ce que tu avances, la Meuf, des médecins sérieux interrogés sur la question expliquent justement que si, il y a une baisse sensible de la consommation de drogue après l’installation de ces salles.

        En vacances également, je suis très surpris que ce soit Mme Morano qui ait proposé cela, je l’aurais cru plus dans la lignée de M. Fillon sur le sujet.

      • La gouine permalink
        17/08/2010 19:54

        et en quoi serait-ce dérangeant qu’iels consomment dans de meilleures conditions ?
        la meuf, autant d’habitude j’applaudis à tes articles, mais là je sais pas ce qui t’a pris…

      • 22/08/2010 18:38

        J’ai lu très récemment un article à ce sujet qui parlait de l’exemple suisse.
        Pour répondre au « pet financier », une personne contaminée par le sida coûte à l’Etat environ 13 000€/an. Je crois que jamais ces centres ne coûteront plus que les infections qu’ils pourront éviter.
        Je suis d’accord avec les commentaires qui vont en sens contraire de l’article.
        Ces centres évitent les contaminations et peuvent éventuellement (même si ce n’est pas leur but premier) mener à une désintoxication.
        De plus, cela évite des situations pénibles (des enfants s’étaient blessés avec une seringue cachée dans des buissons).

  7. 13/08/2010 10:12

    Je sais pas.À l’époque (1987) c’est la droite, en la personne de Michèle Barzach, qui avait permis l’accès au seringues sans ordonnances. Ça a fait du bien à l’épidémie de SIDA au sein des toxicos.
    Ce que les gens ont l’air d’oublier c’est qu’accompagnement médical ça n’est pas banalisation, dépénalisation ou même légalisation. Ces toxicos ils sont sous contrôle médical pour éviter des accidents liés à la drogue (overdose) ou au mode d’injection (une seringue mal préparée, ça tue, une seringue non stérile, ça file des maladies que c’est la sécu qui paye le traitement après. Mais je dis ça, je dis rien).
    Je viens de lire un article là dessus qui affirme que les encadrants de ces centres ne constatent ni augmentation, ni diminution de la consommation mais que par contre, on retrouverait moins de matos usagé dans les lieux publics. Et ça a l’avantage de mettre les mecs en rapport avec des médecins.
    Faudrait regarder une vraie étude sur ces centres à l’étranger.

    • Alain permalink
      13/08/2010 10:32

      Tout à fait d’accord. C’est assez consternant la manière qu’ont certaines personnes de se permettre de juger, malgré une – faible – connaissance du sujet (basée sur du film hollywoodien ? sérieusement ? comment dire…).

      Il faut certaines fois être pragmatique, c’est pas grand chose mais si ça peut en aider certains, c’est toujours ça.

      • 13/08/2010 18:42

        je te rassure (ou pas) je n’en n’ai pas qu’une connaissance hollywoodienne.

      • Le Pet Financier permalink
        14/08/2010 01:16

        Easy rider, Georgia ? ou Navarro ?

    • L'assistante sociale permalink
      13/08/2010 10:40

      >> Faudrait regarder une vraie étude sur ces centres à l’étranger.

      Je vais chercher ça…

      • 13/08/2010 10:52

        Rapport de l’Inserm datant du 30 juin 2010, ça irait? sur le site de l’Institut en question…

      • 13/08/2010 11:41

        @Diane ouais, je jette un œil. Merci

  8. Raymond Domenech permalink
    13/08/2010 10:39

    On se croirait dans The Wire quand ils font le quartier Amsterdam à Baltimore.

  9. 13/08/2010 10:40

    Aïe. Là pour le coup je ne suis absolument pas d’accord avec toi. Sur plusieurs points.

    On va commencer par le plus trivial : ton illustration par « Requiem For A Dream », énorme daube prétentieuse et misérabiliste, étalant tous les clichés possibles et imaginables sur la toxicomanie. Pas étonnant que tu sois si alarmiste si ta vision du toxicomane c’est Jared Leto le prépubère qui chouine.
    Seulement la réalité est un peu différente. J’ai fréquenté cet univers là de très près, et une grosse partie de mes meilleurs copains du collège sont aujourd’hui noyés dans l’héroïne (c’est un peu leur faute, ils n’avaient qu’à avoir leur brevet). Et on ne trouve pas que des camés sales, pleins de tics, ou prostitués, prêts à tout faire pour succomber à leur plaisir artificiel. On trouve aussi des gens rentrant parfaitement dans le cadre, ayant un job et une famille, et qui traînent leur addiction comme un boulet. Il faut tenir compte de toutes les variables pour dresser le tableau, sinon on prend trop vite des raccourcis.

    Ce qui m’amène à mon deuxième point : l’exclusion sociale. Et c’est là que ces centres révèlent toute leur utilité, à savoir que l’on reconnait enfin que les toxicomanes, malgré leur coté marginal, font réellement partie de la société. On les accueille et leur permet de soulager leur addiction dans un cadre sain, sans risque, et en compagnie de professionnels susceptibles d’être un premier contact vers la guérison (parce que honnêtement, on sait tous très bien que les médecins de ces centres ne vont pas se contenter des les aider à se préparer un fix). Ces centres là permettent d’arrêter de faire l’autruche, et d’accepter enfin en tant qu’êtres humains normaux ceux qu’on rejette sous les pont et dans les terrains vagues depuis des années. Reconnaître le problème est le premier pas à faire, et donner ne serait-ce qu’un espoir d’intégration sociale à des gens que tout le monde (et apparemment toi y compris) considère comme des parias, est la seule possibilité vers un semblant de solution.

    • 13/08/2010 11:07

      Je suis assez d’accord avec le commentaire de ce cher YoosF, je rajouterai juste quelques points.
      L’héroïne, pour ceux qui sont vraiment « dedans », exclut gravement. A moyen terme, ça donne des consommateurs qui se retrouvent très vite à vivre dans la rue, avec la précarité et l’insalubrité que cela implique. Dans ce cas, la présence de ce type de « centre » permet aux héroïnomanes de :
      – ne pas utiliser des seringues déjà utilisées, donc éviter Sida, hépatites, et autres pestes buboniques.
      – ne pas laisser traîner les seringues : vers chez moi, il y a des bacs à sable où les enfants ne jouent plus.
      – garantir la sécurité des consommateurs : parce qu’on est apparemment plutôt vulnérable après un fix.
      – avoir du personnel médicalement compétent, donc capable de t’injecter de l’adrénaline si l’affaire tourne à l’OD.
      – l’importance pour les toxicomanes de se sentir entourés, eux pour qui l’exclusion, la vraie, est une implacable réalité.
      Voilà, je rajouterai que dans les pays où ces mesures sont déjà en place, le personnel dépêché n’a pas le droit d' »aider » à l’injection de drogue.
      Je terminerai en signalant que j’ai eu et ai toujours des proches voire des très proches dépendants à l’héroïne, et que ton article démontre non seulement une ignorance mais aussi une vraie incompréhension de cette réalité. Il me gêne énormément, car il participe à cette tendance rétrograde qui veut qu’on considère les toxicomanes comme des coupables avant d’être des victimes.
      A mon sens (je retiens mon souffle), Nadine Morano a eu raison de soulever ce débat (je n’aurai jamais pensé écrire cette phrase un jour). Pour une fois qu’on parle de prévention plutôt que de répression aveugle face à la drogue…

      • 13/08/2010 11:30

        Oui pardon, je voulais de tous types d’addiction, pas seulement de l’héroïne. Ceux rentrant dans le moule sont plutôt addict aux médicaments ou autres. My mistake, j’ai oublié de préciser.

        Et moi aussi, je suis surpris d’être d’accord avec Nadine Morano…

      • la catalane permalink
        13/08/2010 12:19

        je suis tout à fait d’accord avec vous, en Catalogne ces centres sont fréquents et fort utiles, vous pouviez le voir dans le reportage d’Enquête Exclusive sur Barcelona :

        http://www.m6.fr/emission-enquete_exclusive/04-07-2010-fiesta_cocaine_et_pickpockets_fievre_a_barcelone-16653350.html

      • Bubastis permalink
        13/08/2010 13:17

        @ L’écrevisse : qu’un membre du corps médical me corrige le cas échéant, mais il me semble bien que le coup de l’Adrénaline en cas d’overdose n’est qu’une pure fantaisie scénaristique de QT. dans Pulp Fiction

        @YoosF : merci pour ce commentaire pertinent et très bien argumenté que je n’aurais pas été capable d’écrire, mais auquel je me rallie totalement.

      • 13/08/2010 13:26

        Cher Bubastis, tu as raison, apparemment le remède préconisé pour l’OD d’héroïne serait la Naxolone (Narcan). ‘Foiré de Tarantino.

      • Docds permalink
        13/08/2010 13:33

        L’injection d’adrénaline intracardiaque existe mais est à éviter en raison du risque de blessure des coronaires ou du péricarde ( la membrane qui entoure le cœur). L’ indication étant l’arrêt cardiaque… L’injection dans la trachée est préférable mais moins cinématographique

      • Orianinou permalink
        13/08/2010 14:26

        Je suis d’accord avec vous (Yoosf, l’Ecrevisse, …)

        La catalane, j’allais justement parler de ce reportage ! C’est vrai que au départ, j’ai eu tendance à avoir la même réaction que la Meuf, à savoir « nan mais ouais et ils veulent pas 100 balles et un Mars aussi pour se droguer pépère ?! »… Réaction à chaud et sans réelles connaissances du pourquoi du comment.

        Puis, j’ai vu ce reportage, et d’autres. J’ai constaté que le personnel médical n’avait pas le droit d’aider à l’injection de drogue (on voyait une jeune fille qui ne savait plus où se piquer et était trop « out » pour le faire elle-même, qui demandait de l’aide à un membre du personnel qui lui a expliqué qu’il ne pouvait pas la piquer lui-même, juste l’aider à éventuellement trouver un endroit moins atteind). J’ai également vu que les toxicomanes étaient « dans leur bulle », protégés et à l’abris des regards (aussi bien pour eux que pour les passants, qui ça n’a jamais dérangé de voir qqn se piquer ?..).

        Ces centres, bien que le concept puisse surprendre à première vue, sont à mon avis utiles s’ils sont correctement utilisés et reglementés. A savoir « on ne fournit pas la drogue, on n’accepte pas les dealers, on n’aide pas à se droguer, mais on écoute, on conseille, on fournit du matériel propre et un endroit qui rabaisse un peu moins la personne qui a déjà le nez profondément enfoncé dans son caca ».

        Je ne pense pas que ça incite à la consommation (ils se piqueront/snifferont/prendront des médocs quoiqu’il arrive, mais ils le feront dans une allée sombre avec une vieille seringue rouillée plutôt que sous contrôle). Et va savoir, s’ils parviennent à résonner 2 ou 3 personnes, ce sera déjà ça de pris… Sinon au « pire », on ne trouvera plus (ou moins) de seringues partout (cf le bac à sable dont parlais l’écrevisse), il y aura moins d’overdoses et moins de maladies transmissibles… Et après tout, c’est déjà pas mal.

      • Le Pet Financier permalink
        14/08/2010 01:37

        Je ne crois pas être en accord avec aucun des commentaires ci-dessus.
        Monde de bisounours pour moi.
        Le projet est intéressant mais c’est un projet entre deux logiques.
        La prison n’est pas une solution pour ces consommateurs.
        La pêrmessivité est à proscrire.
        Une grande claque dans la gueule avec un bisou pourrait être plus utile.
        Je t’aime mon enfant
        JE T’AIME PUTAIN… ARRETE DE TE TUER.

        OK, je suis vieux et je comprends pas tout.

    • 13/08/2010 20:55

      je n’ai jamais dit que je considérais les toxicos comme des parias et tu ne m’entendras jamais dire ça pour des raisons très personnelles que je n’exposerai pas ici.

      Cependant pour avoir parlé à d’anciens toxicos (séropositifs pour certains) reconvertis en responsables de centres de désintox, s’il est certain que la guérison passe par un accompagnement et un sevrage accompagné de substituts, les aider à consommer ne les aidera pas à arrêter. Au mieux ça leur fournira des seringues propres (ce qui n’est pas négligeable je te l’accorde mais les seringues sont accessibles en pharmacie et aujourd’hui tout le monde connaît les risques d’une seringue pré-utilisée).

      Et si je te rejoins sur le lien social, je continue de penser que c’est une banalisation et que ça ne règlera rien. D’ailleurs si c’était révolutionnaire on le saurait et le seul argument jusqu’à présent en faveur de ces centres c’est que ça n’augmente pas la conso. J’ai l’impression qu’on prend donc le problème à l’envers.

      • 14/08/2010 00:19

        Après, je ne t’accuse pas de ne rien connaître au sujet. Tu sais très bien que ce n’est pas mon genre.
        Par contre je ne vois pas bien ce que tu veux dire par « on prend le problème à l’envers » ?

      • 14/08/2010 13:08

        Pas tout-à-fait d’accord avec tes réponses La Meuf.
        Tout d’abord, la drogue cache toujours quelque chose, souvent une désespérance familiale, économique et sociale, un abandon total de soi. A un certain stade, on ne peut plus faire appel à leur responsabilisation. On ne passe pas de toxicos au dernier degré à volontaire pour la désintox comme ça, c’est un processus complexe. Une des étapes qui peut amener à la désintoxication est déjà de recréer un environnement pour les junkies, et ces « centres » que tu décries sont justement un premier pas vers l’idée de pouvoir s’en sortir. Ces centres sont pour eux déjà une preuve que l’on se préoccupe d’eux, qu’on les accompagne, qu’ils existent socialement. C’est également un lieu où les junkies peuvent faire confiance, donc un vecteur incontournable de la prévention.
        L’implacable réalité, c’est que sans ces centres, les toxicos continueront à se piquer dans la rue, réutiliseront les seringues etc, ajouteront de graves problèmes de santé à celui de leur addiction. Qu’ils continueront à être dangereux pour eux et pour d’autres. Et que livrés à eux-mêmes, leur état s’aggravera. C’est cette réalité qu’il faut combattre.
        Proposer ce type de solution n’est en rien de la « banalisation », c’est au contraire prendre conscience de leur réalité. Qu’on ne se sort pas comme ça de la toxicomanie, que la désintox ne marche pas sur tous, et que la récidive est majoritairement la règle.
        On n’encourage pas la prise de drogue en assistant les drogués, si on prend en compte les mécanismes de l’addiction, c’est exactement le contraire. Après, la lutte contre le trafic de drogues est primordiale, mais c’est une autre question, un autre problème et donc d’autres solutions.

      • 14/08/2010 13:12

        Ah et j’oubliais. Le premier argument en faveur de la mise en place de ces centres, c’est que dans tous les pays où cette disposition a été adoptée, ça marche (Cf le lien de la catalane un peu plus haut).

  10. 13/08/2010 10:42

    S’il était inattendu que Bachelot et Morano fassent cette proposition, c’est parce que, pour une fois, elle est intelligente!!!
    J’ai lu le rapport de l’Inserm sur la réduction des risques pour les usagers de drogue, et la réalité est beaucoup plus subtile et complexe que ce que tu laisses entendre.
    Ce serait une mesure qui complèterait tout un panel de suivi, de soin et d’aide aux toxicomanes les plus précarisés, qui cumulent des facteurs à risque, comme le fait d’être SDF, de se prostituer, de ne pas avoir de couverture maladie, etc…
    Ensuite, tu parles des soutiens à ce projet comme trois péquenauds…En fait, il y a eu un consensus de 14 experts (sociologues, addictologues, hépatologues, etc) pour faire le rapport de l’Inserm qui recommande ces centres.
    Je vous invite à lire ou au moins parcourir ces 62 pages qui devrait donner plus de nuances à votre propos…
    Sinon, j’en ai fait un condensé ainsi que des réactions politiques à cette adresse :
    http://www.lactualaloupe.fr/index.php/france/salles-de-shoot-irresponsables-ou-indispensables/

  11. Le Gros permalink
    13/08/2010 10:52

    Non là franchement je suis déçu… Très déçu par le côté bobo à la con de cet article.

    • Le Pet Financier permalink
      14/08/2010 01:49

      Bravo pour ce commentaire.
      Point Goodwin avec le bobo.
      Et après imagines juste qu’il soit possible de discuter de ce sujet et que La Meuf cxhange d avis. Elle en est capâble. Mais ce n est pas ton commantaire qui va le permettre.
      Bonne nuit à toi

      • 14/08/2010 12:40

        Appeler au point Godwin pour presque rien revient à un point Godwin.

      • Le Pet Financier permalink
        15/08/2010 00:11

        Ok, je me couche, mai j’aime pas qu’on emmerde La MLeuf comme cela

      • Le Gros permalink
        17/08/2010 14:32

        Un point Godwin avec les bobos ont pourrait pas appeler ça un point Vincent Delerm ?

  12. lemec permalink
    13/08/2010 10:53

    Je trouve la réaction de la meuf vraiment conne pour le coup.
    D’habitude je suis d’accord avec elle mais là c’est n’importe quoi.

    En Suisse ces salles existent et ça permet de réduire drastiquement (plus de 90%) le nombre de maladies attrapés chez les drogués (seringues pourries tout ça) , de réduire les risques d’overdoses. Ça a augmenté les démarches en désintox de manière notable, ça apporte un lien social aux drogués.
    Bref on gére un problème de santé publique plutôt que de l’ignorer et de se cacher derrière des théories bidons. Tout n’est pas rose, ce n’est pas parfait mais c’est mieux que la situation française!
    Je précise que je suis français, donc je ne suis pas pro suisse, mais les réactions du gouvernement français et de certains français sont désolantes.
    Donc avant de sortir une morale à 2 balles, il faut regarder les résultats dans les pays étrangers!

    La meuf a écrit :

    « D’abord, il va de soi, que lorsque leur vient l’envie d’un shoot, le dernier endroit où ils voudront « se rendre » »
    Faux les drogués en Suisse viennent en masse dans ces centres. Il y a même beaucoup de français qui viennent car ils ne sont pas jugés!

    « C’est un centre médicalisé avec des gens en blouse blanche qui les accueilleront avec un sourire pincé (« bonjour madame, alors faites-voir un peu votre état, vous êtes bien au fond du fond ? parfait. »
    Bien sur que non dans aucun pays ayant cette méthode ce sont des gens en blousse blanche qui juge les gens. Ce sont généralement des associations qui ne sont pas là pour juger mais pour accompagner.

    « Vous n’arrivez plus à tenir la seringue ? Pas de problème, nous sommes là pour ça  »
    NON, non et re non, ce ne sont jamais le personnel qui fait le shoot.

    « Ils leur diront ensuite en plein shoot : « bon, voilà c’est bien, vous avez utilisé une seringue propre, maintenant il convient de s’arrêter. »
    Le personnel n’accompagne pas, il ne juge pas, au pire il dialogue avec le drogué et en final le sauve de son overdose.

    « Vous avez entendu monsieur, il faut s’arrêter, ça suffit, vous allez faire une overdose! »
    S’il y a overdose le personnel est là pour éviter que la personne meurt et donc ça sauve des vies.

    « Et une fois qu’on les aura menacés de leur planter la seringue dans l’œil ou dans le bras? »
    Pourquoi seraient-ils menacés? Ils accompagnent, ils ne fournisent pas. Encore une fois, c’est des idées à 2 balles.

    Reportage de france 24 :

    Tsr :

    « Toutes les grandes villes suisses ont un local d’injection, sauf Lausanne. Et partout, la création de cette structure a permis de stabiliser la situation », a expliqué le syndic Daniel Brélaz.

    http://www.tsr.ch/info/suisse/1104267-local-d-injection-feu-vert-de-lausanne.html

    Atlasinfo :

    « Pas question d’entrer ici en disant : tiens, j’ai envie de tester telle drogue ! Nous ne vendons pas de drogue. Nous ne sommes pas là pour encourager la consommation mais bien pour diminuer les risques encourus par les personnes en situation d’addiction », souligne Christophe Mani, responsable du local. C’est donc seulement après cette première prise de contact que sont délivrés un ticket d’entrée – gratuit – et un kit stérile adapté (seringue ou autre).  »

    « Car l’objectif premier du centre est de limiter la contamination par le VIH ou l’hépatite C chez les toxicomanes. Une mission qui semble remplie avec succès puisque la contamination par le virus du Sida liée à l’échange de matériel de shoot est désormais quasi nulle dans le canton et que les nouveaux cas d’hépatite C ont fortement régressé depuis 2002.  »

    « En 2009, le centre, qui a tissé des liens privilégiés avec l’équivalent du SAMU en Suisse, a contacté le service d’urgence à 54 reprises. Des overdoses fatales ont ainsi pu être évitées. « Si ces personnes se shootaient dans des caves ou dans des garages, il n’y aurait personne pour donner l’alerte », avance Christophe Mani. D’ailleurs, il n’est pas rare que le personnel du centre, flairant le danger, soit amené à convaincre ses protégés de différer leur prise de drogue en leur refusant tout bonnement l’accès aux salles de consommation. Pour les « distraire » de leur addiction, l’association Première Ligne propose d’ailleurs aux toxicomanes qui fréquentent le local de participer à la vie de Quai 9 : gestion du bar, ramassage des seringues usagées dans la ville de Genève, etc. « Cela permet de lutter contre leur sentiment d’inutilité et leur manque d’estime d’eux-mêmes car la prise de drogue n’est que le symptôme d’un malaise plus profond », explique Christophe Mani. »

    « Deux à trois fois par semaine, une interne et un psychiatre viennent également sur place délivrer des soins aux usagers du centre. « Cela va de la simple bobologie à l’accompagnement vers les soins », explique le responsable de Quai 9. Car si Quai 9 est souvent un rempart contre la mort, ce peut être aussi parfois la porte vers une nouvelle vie. »

    http://www.atlasinfo.fr/A-Geneve-les-toxicomanes-ont-leur-salle-de-shoot_a7819.html

    • Le mathématicien permalink
      14/08/2010 12:36

      J’aimerais précisé que pour Lausanne, l’ouverture d’un local d’injection a été soumise à un référendum. Le peuple a refusé, merci la campagne d’affichage hautement intelligente :

  13. Julie permalink
    13/08/2010 10:54

    Je rejoins totalement Le Mauricien sur cet article.
    Pour une fois (ça n’arrive pas souvent) je suis totalement en désaccord avec ce que tu écris La Meuf. Ouvrir de tels centres ce n’est pas encourager la consommation de drogues, c’est simplement essayer de trouver une solution pour aider ceux qui sont tombés dedans.
    Alors oui ce n’est peut-être pas l’idée du siècle, mais c’est toujours mieux d’essayer que de passer à côté de ceux qui sont allongés dans la rue, le regard dans le vague, et de faire comme si on n’appartenait pas au même monde.
    Je suis d’accord avec le fait que ce qui compte c’est la désintoxication, mais les centres de désintox ne sont ni plus ni moins que des hopitaux (avec les fameuses blouses blanches et le sourire pincé) et ça, ça doit en freiner plus d’un. Sinon pourquoi existe-t-il encore des accros aux drogues ? Ouvrir des salles de consommation assistée, c’est refuser que les maladies telles que le VIH ou les hépatites ne se propagent encore plus, c’est traiter les gens qui vont mal en êtres humains.
    Si jamais ça ne marche pas, alors on pourra dire qu’on s’est trompé, mais on aura essayé non?
    Etre ouvert ne se résume pas à vivre dans des arrondissements dits populaires et à croire qu’on a les yeux ouverts sur le vrai monde, non ça c’est être bobo dans sa bulle mondaine.
    Du reste, je comprends que cette idée d’ouverture de salles autorisant la consommation de drogues fasse peur, elle me fait peur je ne le nie pas, mais si elle peut aider un peu ceux qui souffrent, alors pourquoi pas ? C’est sur que c’est plus facile de faire comme si ça n’existait pas et de tels centres nous renverraient en pleine face ce qu’on préfère ne pas voir… Jusqu’à quand?

    • Le Pet Financier permalink
      14/08/2010 02:08

      Je suis en plein accord avec La Meuf.
      J’ai été drogué, je suis alcoolique et votre compassion m’emmerde.
      HIC

  14. Le Geek permalink
    13/08/2010 11:16

    C’est la gene. Enorme gene à la lecture de ces propos.

    Voir la toxicomanie qu’à travers le sensationnel, c’est comme voir l’amour qu’a travers les DA de Disney. Ca te fait rêver, ça te rassure mais ce n’est pas la réalité.

    « Il n’y a pas de toxicomane heureux » disait Jean Bergeret, psychologue spécialisé en toxicomanie.
    Ce n’est donc pas en les poussant encore plus dans les marges de notre société qu’on pourra aider ceux qu’il est encore possible d’aider.

    • Pinpin permalink
      13/08/2010 11:54

      « Il n’y a pas de toxicomane heureux »

      ah mais siiii !!
      (mais avant la descente, c’est tout !)

    • 13/08/2010 21:01

      @le Geek: je n’ai jamais dit qu’il fallait les laisser à la marge de la société, mais pas les aider à se droguer. Et oui t’as raison, ça me fait rêver la toxicomanie, pauvre tache.

      • Le Geek permalink
        13/08/2010 22:13

        @La Meuf: Non tu n’as jamais dit ça. Mais en étant contre ces salles tu ne leur donne pas plus de chance d’être en contact avec des asso qui peuvent justement les aider à sortir de ce monde là.

        P.S: Ton agressivité est mal venue. La comparaison n’était pas idéale mais de là à tout prendre au pied de la lettre…….
        La toxicomanie ne fait rêver que les abrutis en mal de sensation forte. Loin de moi l’idée de te mettre dans ce panier.

      • 13/08/2010 22:23

        Comme tu pourras l’observer si tu lis mes différentes réponses, je ne suis pas agressive (et n’ai pas pour habitude de l’être) quand on n’est pas d’accord avec moi, mais certains propos me mettent hors de moi.

    • Le Geek permalink
      14/08/2010 01:54

      C’est exactement le propos de ce post 😉

  15. Lefou permalink
    13/08/2010 11:18

    Je suis très très déçu par cet article, je ne pensais pas que tu étais ce point bobo, intolérante, fermée, donneuse de leçons…et j’en passe.
    Ce qui me rassure un peu ce sont les commentaires de tous ceux qui comme moi sont indignés par toutes les absurdités que tu sors…
    Je ne vais pas redire tout ce qui a été dit, mais sors donc un peu de chez toi, de ta ptite vie de privilégiée et tu verras (si si je t’assure!) y’a des gens qui ont besoin des autres, mais vraiment besoin hein, c’est pas de l’aide pour briller en société ça !

    On attend tous je pense de voir quel bel argument tu vas nous sortir en réponse, courage

    • Le Pet Financier permalink
      14/08/2010 02:19

      lol…

    • La gouine permalink
      17/08/2010 20:02

      ouais enfin si on faisait réfléchir les gens quant à leurs positions en les agressant, ça se saurait. on se calme un peu, on est entre grandes personnes, on donne un avis franc mais dénué de haine.

  16. 13/08/2010 11:23

    Je rejoins ce qui a été dit précédemment. D’habitude ce blog fait à la fois preuve de discernement et d’originalité, mais là, pour le coup, tu es complètement à côté de la plaque la meuf. La proposition de Morano a beau avoir des relents violents de démagogie, il n’en demeure pas moins qu’elle a le mérite de ne pas fermer les yeux sur de gens en détresse qui existent.

    C’est comme les SDF, on peut forcer le pas et lever bien haut la tête quand on passe devant, ça ne les fait pas disparaitre pour autant.

  17. Jean permalink
    13/08/2010 11:25

    C’est moi aussi la première fois que je poste un commentaire parce que la première fois que je suis vraiment en désaccord. J’attends ta réponse 🙂

  18. Pinpin permalink
    13/08/2010 11:27

    oulalalalaaaa pas d’accord du tout la meuf… du tout du tout…

    je pense que tu t’emportes par ce que cette idée provient du cerveau malade de Nadine (enfin j’espère)
    Dans ce cas, je te comprend, moi aussi je suis enclin à bondir dès qu’elle ouvre la bouche.
    Certes un peu moins que lorsque la Boutin l’ouvre, car là généralement je suis à deux doigts de me transformer en terroriste suicidaire et de me sacrifier pour sauver le monde de cette infâme mégère; mais tout de même…

    Sans rentrer dans une longue diatribe, je suis complètement hérissé par tes propos car si ces centres ne sont pas parfaits et ne « combattent pas le problème à la base » ils présentent tout de même un certain nombre d’avantages… de bienfaits que certains de mes petits camarades évoquent ci dessus , tels que :

    – un cadre permettant un retour à un niveau d’hygiène un peu plus acceptable pour les junkies / victimes / malades.

    – un « suivi médical », quasiment de premier secours pour certains, auquel bon nombre de junk n’ont pas/plus accès.

    – un « soutien psychologique » pouvant parfois conduire à ce que le junk décide de décrocher

    mais surtout… du lien social; voir du lien humain tout court !

    Quelque soit le problème, pauvreté, drogue, prostitution, etc… toutes les associations d’aide aux victimes disent clairement que le plus dur c’est de créer un lien avec les populations qu’ils souhaitent aider, de créer un rendez-vous, un lieu de sureté et de confiance.

    L’enjeu est d’arriver à mettre en place cette relation de confiance pour que les victimes se confient, échangent, écoutent un peu et acceptent enfin qu’on les aide, qu’on les oriente vers des programmes adaptés.
    Dans ce cas un lieu identifié, et sécurisé (c’est à dire que nos amis de l’ump ne colle pas un car de flic devant le centre pour repérer, ficher et arrêter les junks !) permet bien de créer ce « rendez vous » avec la population ciblée et donc d’établir ensuite, dans la durée, ce lien de confiance absolument nécessaire avant de pouvoir évoluer vers une prise en charge / aide plus soutenue ou plus adaptée en tout cas…

    A titre de comparaison souviens toi la meuf du discours des associations d’aide aux prostituées qui pestaient après le « nettoyage » du bois de Boulogne », car ils avaient réussi à tisser des liens avec bon nombre de filles justement car leur « lieu de travail » était fixe et identifié, le nettoyage policier ayant fait voler en éclat ce rendez vous qui était en place avec les filles.

    alors ok au premier abords on peut avoir des doutes sur le fondement de cette action menée par nos amis de l’ump (oui oui je pense au flicage évoqué plus haut)
    oui on peut penser qu’il s’agit peut être encore ici de nettoyer les rues et cacher toute cette misère que chastes yeux d’ump-iens ne sauraient tolérer (bien que je ne sois pas persuader qu’un drogué soit moins en sécurité dans ces centres que dans la rue ou dans ta cage d’escalier !)…
    mais je pense que cette expérience valait la peine d’être menée, si elle l’était de manière franche, honnête, indépendante et dénuée de tout esprit répressif…

    sauf que le débat est clos puisque nos chers élus au pouvoir ont dit NIET.
    moi je dis… DOMMAGE !

    • 13/08/2010 11:42

      En Espagne où ces centres existent depuis quelques temps, un cadre juridique spécifique a été adopté, stipulant que la police n’avait pas accès au centre, sauf en cas d’appel du personnel.

      • Pinpin permalink
        13/08/2010 11:47

        pas mal comme garde-fou ça… primordial même.

        l’interdiction porte sur une distance de combien de mètres ? (enfin pour être précis un bon téléobjectif, ça choppe un visage à quel distance ?)

      • 13/08/2010 12:00

        Primordial bien sûr si on veut que ce soit efficace. Alors après au niveau distance je sais pas, je pense que comme beaucoup de ce type de toxicos vivent dans la rue, ils doivent être connus des services de police. Et que dans le fond, la police a peu d’intérêt à les interpeller.

      • 13/08/2010 12:06

        La police n’a que peu d’intérêt dans le cadre de la lutte contre la drogue, c’est un fait. Mais dans le cadre d’une politique du chiffre comme celle qui est menée dans notre beau pays de France ?

      • Pinpin permalink
        13/08/2010 12:16

        « dans le fond, la police a peu d’intérêt à les interpeller. »

        je te rejoins sur ce point également mais… pourquoi ai-je donc ce sentiment tenace que ce n’est malheureusement pas comme ça dans la vraie vie ?
        J’ai vraiment la sensation qu’en france depuis quelques années « usager » = « dealer » = répression.

        Effectivement quel est l’intérêt d’arrêter un usager de drogue s’il ne fait de mal à personne, ne cause aucun trouble ?

        Prenons l’exemple du dépistage au volant.
        A la base je trouve que c’est une excellente chose, vraiment !
        Moi qui ai déjà conduis largement déchiré au pétard (j’étais jeune, j’étais con, je demande pardon !) je peux témoigner que c’est aussi débile et dangereux que de conduire bourré… si si…
        Donc, il est évident qu’un depistage routier, comme pour l’alcool, est nécessaire et de bon aloi (surtout quand on voit l’armée de fumeurs que nous sommes nous petits français).

        MAIS…
        lorsque l’on se rend compte que les autorités ont validé des tests salivaires qui dépistent ce produit (et d’autres) jusqu’a 4 jours après l’absorption (pour le THC) … et donc environ 3 jours et 22H après la fin de l’effet du produit… on est en droit de se demander quel est le réel fondement de ces dépistages !
        Est ce qu’il s’agit vraiment ici de sécuriser les routes ou est ce qu’on en profiterai pas pour ficher un peu toute cette chienlit de drogués dégénérés ?
        hein ?

      • 13/08/2010 12:19

        Je n’ai pas dit ça. J’en parlais avec un bon pote qui bosse aux stups, qui m’expliquait que dans la lutte contre les drogues dites « dures », arrêter les toxicomanes n’avait que peu d’intérêt, que leurs témoignages étaient très faciles à démonter et donc ont peu de valeur parce qu’en gros, un junkie te dirait n’importe quoi après une nuit en GAV sans sa dose.
        Dans ta première phrase, je remplacerais « peu d’intérêt » par « peu de moyens ».

      • 13/08/2010 12:21

        @ Pimpin : « J’ai vraiment la sensation qu’en france depuis quelques années « usager » = « dealer » = répression. »
        C’est surtout vrai concernant le cannabis.

      • Guillaume Pascanet permalink
        13/08/2010 12:30

        Sur ce sujet, le film L-627 doit toujours être d’actualité.

      • Orianinou permalink
        13/08/2010 14:35

        Oui j’avais vu aussi cette « règle » concernant les policiers…

        Je pense qu’ils n’ont aucun intérêt à chopper les drogués à la sortie du centre, déjà parce qu’à la base, comme vous dites, casser du drogué ne résoud pas le problème, mais qu’en plus ces derniers se sentiraient piégés et ne fréquenteraient plus ces endroits, retourneraient se droguer dans les ruelles ou les halls d’immeubles, et c’est pas franchement le but.

        Donc à mon avis, à moins qu’un dealer majeur se pointe ou qu’il y ait un problème, les flics doivent laisser les drogués relativement tranquilles.

    • 13/08/2010 21:08

      @Pinpin: merci pour ton commentaire qui est le premier que je trouve vraiment sensé et pas emprunt de cette bien-pensance française qui veut que tout ce que la droite trouve mal soit le bien et inversement. Je suis d’ailleurs persuadée que si cette proposition avait été soutenue par le gouvernement et décriée par la gauche, beaucoup des commentateurs auraient eu la même réaction que moi. Mais ils ne le reconnaîtront pas.
      Comme je l’ai dit à Youssef, je suis d’accord pour le lien social que ça pourrait éventuellement créer, mais le plus important étant de désintoxiquer les toxicos et de lutter contre le trafic, je doute que ce soit la solution.

      • Guillaume Pascanet permalink
        13/08/2010 21:14

        « Je suis d’ailleurs persuadée que si cette proposition avait été soutenue par le gouvernement et décriée par la gauche, beaucoup des commentateurs auraient eu la même réaction que moi. Mais ils ne le reconnaîtront pas. »

        Merci de nous traiter de moutons. On soutient une proposition de Nadine Morano ce qui est très politiquement correct en effet.

        Tu n’es pas la seule à avoir une autonomie de pensée tu sais.

      • 13/08/2010 21:47

        Je ne sais pas pourquoi tu t’es senti visé Pascanet, ce commentaire ne s’adressait absolument pas à toi. Je connais beaucoup de personnes qui correspondent à cette description et il ne s’agit pas de « moutonnage » mais de bien-pensance.

        Et si soutenir Morano n’est effectivement pas politiquement correct, tant qu’elle n’est pas soutenue par le gouvernement mais qu’elle l’est par le PS et les verts, ça doit compenser.

        Sur ta dernière phrase, je suis très surprise par ce que tu dis, j’ai toujours cru que j’étais la seule. M’aurait-on menti?

      • ChA permalink
        13/08/2010 22:50

        Premier post aujourd’hui même si je lis ce blog régulièrement. Je me décide à commenter parce que là franchement la meuf tu me gêne énormément, et ce pour (au moins) trois raisons :
        – Sur le fond, ton article est réac je trouve que ton point de vue manque singulièrement de nuance et, j’ose le dire parce que c’est rare, d’intelligence et de recul (ah oui parce ces centres existent déjà donc sans aller jusqu’à les légitimer de facto, on peut peut-être se poser des questions, réfléchir un peu avant de se jeter sur son clavier pour taper fébrilement un texte avec plein de mots plus ou moins sensés).
        – Sur la forme, c’est très prétentieux et malgré tes allusions genre « merci les drogués je connais » (je te crois sur parole hein t’inquiètes pas) je ne vois pas de quel droit tu te permets de prendre les gens de haut comme ça et de jouer les donneuses de leçons. Ça, ça me gêne beaucoup…
        – Et puis, un peu en mode cherry on the cake, le coup de grâce de ton argumentaire qui illustre à mon sens sa faiblesse : « si vous n’êtes pas d’accord, c’est parce que de toute façon vous faites partie de la France bien pensante ». Là pour le coup j’hésite entre me rouler par terre de rire ou franchement m’énerver. Nan mais sérieusement la meuf, même avec 2 burgers par jour, c’est plus énorme que tes cuisses! C’est très méprisant envers ceux qui ont pris la peine de te répondre et d’essayer d’exposer leur avis, eux ne se sont pas contentés de balayer ton article en disant que c’est réac il me semble (et pourtant il l’est assez manifestement)
        Alors que tu n’aimes pas qu’on critique tes points de vue je comprends, que tu persistes à penser ainsi pourquoi pas, mais faire preuve d’un tel dédain là je suis sans voix… Et pour le coup je ne respecte pas…

      • Sauge permalink
        13/08/2010 23:38

        A l’instar de Pascanet et de Cha, je ne crois pas que si la gauche avait fustigé les salles de shoot, les commentaires que tu lis auraient été très différents. Tu dis : « il ne s’agit pas de « moutonnage » mais de bien-pensance ». Je note. Cependant, si ça rend les gens aussi malléables, je ne saisis pas bien la nuance…
        Et puis si ces salles n’entraînent pas d’augmentation de la consommation et qu’elles permettent ne serait-ce que plus de précaution dans l’emploi des seringues pour les usagés et pour les non-usagés (seringues dans la nature), je ne comprends pas ce qui te gênes. J’aime tes autres postes et ton avis m’intéresse réellement, seulement pour le moment, je ne comprends vraiment pas ton opinion.

      • 14/08/2010 00:25

        @La Meuf : C’est qui Youssef ?

      • 14/08/2010 17:19

        C’est quoi la « bien-pensance » ? C’est quoi la « pensée unique »? C’est quoi le « politiquement correct »?

      • Guillaume Pascanet permalink
        14/08/2010 18:16

        C’est tout ce qui permet de disqualifier une opinion plutôt progressiste, un peu comme dans l’autre sens, le qualificatif de fasciste sort très facilement.

        Je déteste que l’on utilise ces méthodes dans un débat.

      • Le mauricien permalink
        16/08/2010 08:25

        completement d’accord avec Pascanet, droite ou gauche n’est pas le problème ici. D’ailleurs je ne pense pas que tous les lecteurs de ce blog aient voté de la même façon en 2007.
        Pour le coup, c’est juste qu’on est nombreux a penser ici que ton analyse de la toxicomanie n’est pas très pertinente et qu’on essaie d’avoir un débat constructif sur le sujet.

      • legentil permalink
        16/08/2010 11:21

        LaMeuf a dit « @Pinpin: merci pour ton commentaire qui est le premier que je trouve vraiment sensé  »
        T’as pas l’impression de prendre un peu tout le monde de haut?
        Tu dis des conneries dans ton post (bah si quand meme), alors dire que le trentième com (qui est le même que les autres hein) est le SEUL que tu trouves SENSÉ, ça te fait un peu passer pour une fille bien hautaine, que tu n’es pas je pense

        C’est con, tu pourrais juste dire ‘ok j’ai peut-être été un peu virulente, le débat est ouvert », ce serait plus sympa et plus intelligent que d’agresser tout le monde parce que pour une fois tu ne reçois pas que des compliments et que tu es vexée comme un poux
        La critique c’est constructif tu sais, prends pas la mouche on t’aime quand même nous

  19. 13/08/2010 11:28

    Et bien, qu’ajouter ? Je suis en total accord avec ceux qui sont en désaccord avec cet article de désaccord avec la proposition de Morano pour lequel le gouvernement est en désaccord… D’accord ?

  20. Pinpin permalink
    13/08/2010 11:31

    Sinon bonne journée La Meuf
    et bon courage pour la volée de commentaires négatifs en cours et à venir !

  21. Jujube permalink
    13/08/2010 11:34

    Je suis bien embêtée, car d’avis bien partagé.

    C’est un peu le même genre de débat que sur ces centres où les prostituée peuvent avoir un suivi médical et psychologique, une aide pour leurs droits sociaux, etc.
    Est-ce que c’est encourager au lieu de dénoncer ?
    Est-ce que c’est s’intéresser à l’humain d’abord ?

    Je n’ai pas la réponse bien sûr.

  22. Le Nain permalink
    13/08/2010 11:35

    Perso, comme d’autre avant moi, il y a un truc que je comprends pas dans ta réaction la meuf (on mettra cette réaction surprenante sur le compte du décalage horaire). Tu sembles vouloir croire que le fait de créer ces centres sont un moyen d’encourager la consommation de drogue. Au contraire je dirai. Pourquoi ne pas faire les deux? Une politique de réduction de drogue et aussi d’accompagnement!

    La ou je te rejoins par contre, c’est que j’ai un doute sur la faisabilité de ces centres en France. J’ai un peu peur que ces centres deviennent vite des ghettos. D’une parce que généralement les usagers français ne prennent pas soin du matériel qu’on mets à leur disposition contrairement aux suisses et aux canadiens (je connais que c’est deux pays). Et d’autre part, parcer que même s’ils voyaient le jour je sais pas avec quels moyens ils fonctionneraient, surtout quand je vois les moyens mis à disposition des hopitaux…

    Enfin, je terminerai par un conseil de bon sens, sous forme de troll, quand vous avez le même avis que Marine le Pen c’est que vous avez surement tord 😉

    • Le Nain permalink
      13/08/2010 11:39

      tort bien sur, TORT!

    • Pinpin permalink
      13/08/2010 11:49

      j’adore ton slogan :
      « quand vous avez le même avis que Marine le Pen c’est que vous avez surement tort ! »

      il faudrait en faire des affiches, des tshirts, des pin’s … non… pas des pin’s.

    • 13/08/2010 21:11

      ça m’arrache la gueule, mais malheureusement sur ce coup, je suis d’accord avec ce qu’elle dit.

  23. Margot permalink
    13/08/2010 11:39

    S’il fallait encore démontrer que la meuf est malheureusement complètement réac…
    Entre cet article et ceux qui évoque le féminisme, c’est franchement la gêne.

  24. La Timide permalink
    13/08/2010 11:43

    Bonjour, également la première fois que je poste, et pour les mêmes raisons que les autres!

    Je ne vais pas refaire tout le topo, mais rappeler deux autres exemples:

    – les SDF : nombre de gens pensent qu’en les abritant ou les nourrissant l’hiver (restos du coeur, centres d’accueil), on ne les pousse pas à vouloir se réinsérer dans la société, qu’on les conforte dans leur dépendance au système, qu’ils ne se bougeront jamais pour s’en sortir si on les accompagne dans cette vie. Es-tu d’accord? Si non, pourquoi? ça suit exactement le même raisonnement.

    – Prostitution. C’est encore le même problème: la prostitution, c’est mal. Donc, interdiction formelle. Donc, si certaines de ces prostituées sont en détresse (et elles ne le sont pas toutes), elles ne sont pas protégées. Elles doivent également toutes travailler dans des lieux à risques, où tout peut leur arriver face à des clients qui peuvent être déséquilibrés, refuser les capotes, etc.
    Penses-tu également que réfléchir à l’ouverture de maisons closes serait une mauvaise idée?

    Bien à vous tous!

    • Margot permalink
      13/08/2010 12:08

      C’est une mauvaise idée et les prostituées elles-mêmes n’en veulent pas. Elles savent que c’est renforcer le pouvoir des macs et les contraindre à l’abattage. ce n’est pas pour rien que c’est une ancienne prostituée, Marthe Richard, qui les a fait fermer. En Hollande, c’est plus de la moitié des maisons closes qui vont être fermées, parce qu’elles sont aux mains de la mafia russe. Ce n’est pas aider les prostituées que de vouloir les enfermer en maisons, c’est servir juste les intérêts des macs et des clients.

      • Margot permalink
        13/08/2010 12:08

        Un peu comme si les salles de shoot étaient tenues par les dealers, quoi.

      • La Timide permalink
        13/08/2010 12:22

        Très honnêtement, je n’arrive pas à me faire une opinion sur les maisons closes. Et je n’ai jamais émis la possibilité qu’elles soient tenues par des macs, grands dieux! Mais le même type de centres que pour la toxicomanie, peut-être? Pas de jugement, des professionnels de la santé et de la sécurité? (proposition timide, spontanée et non réfléchie – j’imagine mal des clients y aller…mais après tout, pourquoi pas)
        Par contre, je ne te rejoins pas sur « même les prostituées n’en veulent pas ». C’est un sujet qui a ses partisanes aussi dans le milieu.
        Après, sans aller aussi loin, on peut juste parler de dépénalisation simple de la prostitution (client/e comme travailleur/se)… Mais le but de mon commentaire n’était pas d’ouvrir un débat à ce sujet, juste de demander à La Meuf ce qu’elle pensait de tout cela. Ce n’était pas rhétorique, mais je cherche à savoir si la réflexion est cohérente.

    • 13/08/2010 21:15

      @La Timide: sur les maisons closes, je ne sais pas, je pense que seules les concernées devraient être à même de donner leur opinion sur la question. Et en ce qui concerne les SDF, tu n’imagines tout de même pas que je suis contre les restos du coeur, soupes populaires, etc? Et je ne trouve ça en rien comparable avec les salles de shoot, désolée.

  25. La Relou permalink
    13/08/2010 11:44

    La question est « qui veut sauver/aider les drogués qui détruisent leur vie en se shootant ? »

    C’est nul et inhumain de dire ça mais c’est la pensée majoritaire en France.

    Pourquoi ouvrir des salles de consommations, payer des gens, dépenser l’argent de l’Etat pour des personnes qui se sont misent dans la merde toutes seules, qui continuent à le faire et qui sont un danger pour les gens ?

    Pourquoi ne pas investir dans des cures de desintoxication plutot que dans des centres d’accompagnement?

    • Le mauricien permalink
      13/08/2010 11:51

      peut être parce qu’il existe encore des gens qui ne pensent pas qu’à leur gueule et qui considèrent que les toxicos ne sont pas des personnes « qui se sont foutus dans la merde toutes seules ». Peut être que ces gens là ont finalement plus besoin d’aide pour s’en sortir que de repression.

      A mon sens ces centres d’accompagnement sont un premier pas vers les centres de désintox.
      c’est un premier contact avec la « vraie vie » pour bon nombre de toxicos.

      Enfin j’sais pas, enfin peut-être.

    • Pinpin permalink
      13/08/2010 11:58

      toutes seules, toutes seules..
      souvent l’addiction est une réponse à une détresse personnelle, familiale, sociale, etc…
      donc il y a un contexte explique en partie qu’une personne se défonce.
      ensuite c’est souvent une affaire de « rencontres » également.
      Mais bon on oublie tous ceux qui se retournent légalement la gueule au bistrot tous les jours et qui participent totalement du même problème à mon sens.

    • lemec permalink
      13/08/2010 12:06

      « Pourquoi ouvrir des salles de consommations, payer des gens, dépenser l’argent de l’Etat pour des personnes qui se sont misent dans la merde toutes seules, qui continuent à le faire et qui sont un danger pour les gens ? »
      Ce ne sont pas des salles de conso, mais d’accompagnement. Le centre ne fournit pas la drogue!!!!!!!
      L’argent de l’état sera dépenser aussi quand il faudra les sauver à l’hopital d’une overdose!
      Les petites économies ne servent à rien, il vaut mieux investir en prévention (centre d’accompagnement), plutôt qu’avoir des morts.

      Elles ne se sont pas forcément mis dans la merde toutes seules!
      L’effet de groupe joue aussi, surtout en étant jeune et après la personne est piégée.
      Ce sont des associations en général dans les pays qui autorisent ces centres, donc l’argent de l’état est minime (seringues). Encore une fois il vaut mieux accompagner qu’avoir des morts, des infections et des seringues usagés dans les parcs publiques.

      « Pourquoi ne pas investir dans des cures de desintoxication plutot que dans des centres d’accompagnement? »
      Les centres de désintox et les centres d’accompagnement ne s’opposent pas, ils sont complémentaires. Tu fais venir comment les drogués dans tes centres de désintox si il n’y a pas de centre d’accompagnement avant? Ils auront peur et beaucoup n’iront jamais se faire soigner dans ce cas. Il vaut mieux prévenir et permettre de rétablir ces gens dans la société, avoir un lien humain. Qui leur permette d’éviter les overdoses (réductions de plus 90% des infections à Genève chez les drogués), d’éviter les suicides. On peut leur donner une chance d’avoir petit à petit une vie normale. La drogue existera toujours alors autant éviter au maximum les problèmes qu’elle engendre et sauver des vies.

    • 13/08/2010 21:19

      @Le Relou: En l’occurrence je ne pense absolument pas que les drogués sont « des personnes qui se sont misent dans la merde toutes seules, qui continuent à le faire et qui sont un danger pour les gens ? » et pour lesquels il ne faut pas dépenser de l’argent public, bien au contraire. Mais pour la énième fois, je pense que ces centres d’accompagnement ne sont pas une solution adéquate au problème des toxicos dont il est question, notamment ceux qui s’injectent de l’héroïne.

    • 14/08/2010 10:14

      @ La Relou :

      Moi je pense que tout le monde se met dans la merde tout seul.

      Parce que tout le monde a des moments de « faiblesse », de déprime, d’orgueil mal placé. Tout le monde fait un jour ou l’autre un choix mal éclairé, une erreur de jugement, voire fait confiance à une personne qui ne le mérite pas.

      Ca s’appelle être humain.

      Parfois nos moments d’égarement tombent quand nous sommes dans une situation de sécurité. Ils ne nous atteignent alors que fort peu et nous les oublions. Parfois ils arrivent juste quand il ne faut pas et l’on passe en général sa vie à se dire qu’on est responsable des conséquences et que « Putain si on avait su… ». Ce qui est un peu vrai. Mais pas totalement. En tout cas, ça ne vaut pas l’autoflagellation qu’on s’inflige, et encore moins que d’autres en rajoutent.

      C’est là le paradoxe.

      Si on commence à se dire qu’on ne doit aider que les gens qui sont dans la merde sans y avoir la moindre responsabilité, ben on aide pas grand monde. remarque que c’est ainsi que pensent la majorité des gens. C’est une bonne manière de ne pas s’impliquer.

      • Sauge permalink
        14/08/2010 13:16

        Totalement d’accord!

  26. 13/08/2010 12:04

    Moi aussi, je me suis interrogée, lorsque Nadine Morano a ouvert le bec à ce sujet.
    Et je rejoins la plupart des commentaires ici, qui posent en premier argument,le soutien à l’humain.
    Ces centres ont vocation, en premier lieu, à remettre l’humain au centre du problème et par conséquent à recréer du lien social, souvent perdu.
    D’autant plus qu’à mon sens, tous les toxicos n’ont pas le même profil, la même dépendance, les mêmes moyens pour essayer de se sortir de ce merdier.

    @ la Relou : parce que pour aller dans des cures de désintoxication, il faut certainement pour la plupart des toxicos, un accompagnement psychologique qui les encourage à franchir ce pas, et à intégrer le fait qu’ils peuvent y arriver.

    Un premier pas, quoi.

    • 13/08/2010 12:18

      Je plussoie : La came ayant deux versant : la dépendances physique et la dépendance psy, comment se entamer une cure et se défaire de la dépendance psy sans croire un minimum qu’on peut y arriver ? Et comment parvenir à supporter le manque physique aussi sans y croire ? Donc Il faut d’abord une entamer un cheminement dans sa petite tête pour commencer réellement à se soigner.

    • 13/08/2010 12:45

      Même en dehors du simple soutien à l’humain, ces centres ont un intérêt. Comme je le disais dans mon commentaire, et comme d’autres l’ont indiqué avant moi, ce genre de centre permet de prévenir la propagation de maladies qui sont des vraies gouffres à fric pour la sécu: le SIDA et les hépatites. Employée seule, cette raison n’est pas forcément une bonne raison, mais il faut qu’elle pèse dans la balance.

  27. Docds permalink
    13/08/2010 12:06

    La Meuf va avoir un reveil difficile.
    Ne t’inquiètes pas, la Meuf, on t’aime, même quand tu divagues… (Va te faire un petit fix en cachette, avec ta vieille seringue rouillée, pour oublier la méchanceté des commentateurs hargneux)

    • 13/08/2010 12:19

      De toute faut voir un truc : y a personne sur ce blog qui n’ai dit ne serait ce qu’une fois une grosse connerie.

      Par contre je préconise plutôt l’addiction au chocolat noir…

    • Guillaume Pascanet permalink
      13/08/2010 12:29

      Pareil que docds, je continue à bien t’aimer même si je trouve ta réaction complêtement à côté de la plaque. Pour UNE fois que je suis d’accord avec Morano et Bachelot.

      Je pensais plutôt que tu allais t’attaquer à Fillon sur ce sujet ou à Lefebvre sur le lien entre étrangers et délinquance. Les raisons de ne pas être fier de son pays ne manquent pas en ce moment, malheureusement.

      • 13/08/2010 13:23

        Je suis parfaitement d’accord pour que l’on s’accorde à dire que La Meuf a du talent et que, même si l’on n’est en désaccord avec cet article, elle joue majoritairement des accords mélodieux sans la moindre faute d’accord…

        Et oui, je sais, je sors !

      • 13/08/2010 13:24

        « Si l’on est » (ça m’apprendra à faire ma maligne !)

      • 13/08/2010 21:54

        @Pascanet: Comme tu l’as compris je suis loin et je n’ai aucune idée de ce qu’a dit Lefebvre sur le lien entre étrangers et délinquance.

        Est-ce que ça a un lien avec la destitution de la nationalité dont il était question avant que je parte? Si c’est le cas, il m’a semblé que Sarkozy et Hortefeux avaient fait, à eux seuls, le procès de leur idée mieux que n’importe quel commentateur n’aurait pu faire.

      • 13/08/2010 22:45

        Texto :

        « La délinquance, chacun sait qu’il y a des liens avec l’immigration, chacun le sait »

    • Le Nain permalink
      13/08/2010 13:43

      Non mais pareil, on se connait pas, je te lis depuis peu mais c’est pas parce que tu dis ce que j’estime être une connerie de temps en temps que je te considère comme une grosse enflure, bref moi aussi je t’aime bien.

    • Orianinou permalink
      13/08/2010 14:45

      Oh ben oui, même pas besoin de préciser !

      Après tout, chacun son point de vue. La Meuf est loin de mériter la contumace juste parce qu’elle exprime avec force un avis différent du nôtre (déjà parce que c’est son avis et son droit, et pis c’est un peu son blog aussi…).

      • Sauge permalink
        13/08/2010 15:36

        Oui mais moi je fais un peu la tête quand même : j’ai dû relire 2 fois l’article pour être sûre que je n’avais pas loupé un clin d’oeil ou une tournure ironique quelque part. Après je me suis dit : arf quelqu’un a piraté le blog! Et puis je me suis tristement rendue à l’évidence. Mais je suis prête à faire preuve de clémence en ce jour de vendredi 13.
        J’espère que la Meuf ne développera pas de paraskevidékatriaphobie après cela!

  28. L'ambivalente permalink
    13/08/2010 12:14

    Je pense que nous sommes face à une petite crise d’éloignement mal supporté. En effet, avec la déformation que peut engendrer la distance : ces « salles », c’est le début de la fin, la porte ouverte à toutes les fenêtres. On commence comme ça et c’est les infirmières des collèges qui vont vendre du canabis pour accompagner les premières prises. Ok de loin sans avoir suivi le débat ça peut faire peur.

    Mais quand on se trouve en France avec un mois d’Août mortellement long et des journées qui se suivent lentement et dans le calme, on peut rentrer un peu plus dans le vif du sujet. A priori cela semble permettre d’avoir des résultat et il ne s’agit que de 2 villes pour tester. Il n’y a pas mort d’homme.

    Mais surtout la position selon laquelle ces salles ne sont « ni utiles, ni souhaitables », permet au gouvernement de conserver sa ligne directrice a savoir : on n’aide pas les victimes, on leur tape dessus. Cela me rappelle un article lu ici même sur les Roms https://cestlagene.com/2010/08/03/roms/ . Les gens du voyages sont aujourd’hui victimes de l’immobilisme en matière d’infrastructures adaptées. De ce fait, on les expulse. Il me semble que c’est un peu pareil pour les consommateurs de drogues, on les marginalise. Peut être qu’on va les expulser eux aussi ???

    Je suis vraiment navrée, il s’agissait là de mon tout premier commentaire alors que me délecte de chacun de vos articles avec un plaisir chaque fois renouvelé. J’aurais préférée être plus positive. Je pense que les nouvelles qui filtrent à l’étranger ne sont peut être pas complètes ni propices à une fine analyse. En tout cas merci pour ce blog.

  29. lolo permalink
    13/08/2010 12:43

    je vois pas les inconvénients que de tels centres peuvent supposer. si on peut m’éclairer…
    comme on sait on ne bannira jamais les drogues (douces, dures, molles…) alors autant les encadrer le plus possible et si cela permet de limiter la propagation de maladies tel vih hépatite etc en utilisant du matériel « propre » pourquoi pas.
    c’est quoi le probleme?

  30. Sauge permalink
    13/08/2010 12:48

    Pas d’accord non plus avec cet article. Je pense c’est potentiellement une bonne idée. C’est à dire que si c’est correctement mis en place, ce sera vraiment bien. L’un des objectifs majeurs est la lutte contre le sida et autres infections. De plus, si j’étais droguée, je ne crois pas que j’aurais la force d’entrée dans un centre de désintox. Rester en contact avec des médecins qui sont là pour les aider, pourra les amener progressivement dans ces centres qui foutent vraiment la trouille.
    J’adore la phrase du Nain, je pense aussi qu’être en accord avec les propos de Marine ou de tout autre membre de la famille est une alerte assez fiable sur le risque de se tromper.
    Ce qui me choque en ce moment : la montée prodigieuse du racisme en France et l’Acta. Un bon article sur ce truc qui veut, entre autres, empêcher l’Inde de produire les génériques des médicaments sous brevets et qui aura donc pour conséquence de faire crever les populations pauvres serait un bon rattrapage…

  31. Elisaa permalink
    13/08/2010 13:05

    Bon, déjà je rejoins ce que d’autres ont très bien dit avant moi et pense que le dogmatisme n’est d’aucune aide dans ce sujet. Mettre à disposition des salles, à vrai dire, je suis plutôt pour.
    Et en tant que grande pragmatique et d’études que j’ai pu entendre à la radio, il semblerait que cela permettrait une meilleure prise en charge des épidémies et à moindre coût.
    Donc, arrêtons d’ignorer le problème des drogues dures, arrêtons de nous préoccuper uniquement de punir (je parle ici des consommateurs non pas des grands bandits, of course). Encadrer et aider, c’est pas mal aussi.

    • Elisaa permalink
      13/08/2010 13:06

      « aux vues d’études que j’ai pu entendre », parce que sinon, ça veut rien dire 🙂

      • 13/08/2010 13:11

        Je chipote, mais tu « vois » des études que tu as pu « entendre » ??? Confusion des sens?

      • La Relou permalink
        13/08/2010 13:37

        « au vu d’études que j’ai pu entendre », non?

      • Elisaa permalink
        17/08/2010 12:20

        Ouaou c’est dur le français.
        Je prends l’option de la Relou.
        Je file m’acheter un Bescherelle.

  32. Le narcissique permalink
    13/08/2010 13:31

    T’as raison, c’est bien mieux de laisser faire ca dans l’ombre loin de nos regards petit-bourgeois qui risqueraient d’etre choqués, exactement comme dans Requiem for a dream que tu te plais a citer. La drogue cay le mal, ne lui faisons pas face. Tu sais que derriere cette proposition du boudin rose, c’est tout un personnel medical et specialisé qui ont donné leur approbation que tu insultes ? L’hypocrisie, justement, c’est de refuser de voir ces pratiques en face. En plus des graves problemes sanitaires qu’engendrent potentielement des consommations anarchiques et que cette mesure combat, ces centres permettraient d’apporter du lien social a ces drogués qui, etant stigmatisés ‘deviants’, ont tendance à être et/ou à s’exclure eux-memes du reste de la societe. Derriere ces centres, ce sont des équipes qui vont essayer d’encadrer, d’accompagner des destins individuels. Cela ne va p-e pas diminuer la consommation globale et règler les problemes de drogues dures, mais cela va a coup sur apporter du soutien, des solutions a des cas individuels. Et rien que parce cela peut sauver des vies de l’exclusion et de l’enfermement, cela vaut le coup. Le gouvernement, en rejetant cette proposition surtout par soucis de coherence politique pour son electorat, est contre-productif. Il ne fera rien d’autre pour lutter contre la conso de drogues, et ne réglera jamais le probleme. Laissons-le plutot caché sous le tapis.

  33. Lulu permalink
    13/08/2010 13:36

    Mettez tous ces drogués dans des camps avec les roms

    • Nora permalink
      13/08/2010 13:41

      C’est cool, t’es revenue avec un nouveau pseudo.
      Welcome back, trav’ chérie.

    • Guillaume Pascanet permalink
      13/08/2010 13:41

      Welcome home Miss CLG.

      Et enlever la nationalité française aux drogués, tu es contre ?

      • Sauge permalink
        13/08/2010 14:02

        Bonne idée. On pourrait même les renvoyer dans leur pays. Non? Bon bah leur créer un pays ou les mettre sur l’île de Bettencourt. Non mais, c’est qui ces cons qui se permettent de dégrader l’image de la France?

      • Guillaume Pascanet permalink
        13/08/2010 14:04

        Les pires, c’est quand même les joueurs de foot gitans drogués. Ils font beaucoup de mal à l’image de la France dans le monde ceux-là.

      • 13/08/2010 14:12

        J’aurais tendance à dire que le pires pires sont les joggers hongrois shootés aux médocs….

      • Orianinou permalink
        13/08/2010 14:42

        Guillaume : j’ose un « lol », ton commentaire m’a bien fait rire (discretion assurée au boulot…)

      • Sauge permalink
        13/08/2010 14:50

        vi, très drôle! 😉

      • Guillaume Pascanet permalink
        13/08/2010 17:41

        Celui de Leslie n’est pas mal non plus.

    • 13/08/2010 21:35

      @Lulu: je ne sais pas trop ce que tu sous-entends dans ton commentaire, mais si c’est une façon de dire avec humour que tu n’es pas d’accord avec moi, ça ne me fait pas rire.
      Ce commentaire, de la part de quelqu’un qui me connaît me blesse énormément.
      D’autres ici (dont la plupart ne me connaissent pas) ont su dire leur désaccord avec virulence, finesse et/ou humour et avec des arguments, sans pour autant me prêter des intentions et des propos que je n’ai ni écrits, ni pensés, ni sous-entendus.

      • Lulu permalink
        14/08/2010 15:57

        Euh…je ne te prête aucune intention c’était juste une blague à deux balles dėtends-toi. Je n’ai pas donnė mon avis sur le sujet tout simplement parce que j’ai estimė qu’il n’ėtait pas nécessaire s’enfoncer le clou. Si j’avais su que je m’en prendrai plein la gueule je me serais abstenue de commenter. De mon temps on pouvait dire des conneries sur ce blog .

    • Le Pet Financier permalink
      16/08/2010 01:12

      Oui, mais ils sont tous expulsés en ce moment ,les Rroms) et d’autres font des siting sur le pont d’Aquitaine. C’est de l’exercice en plein air. C’est sans doute bon pour la désintox. Le pont d’Aquitaine comme salle de shoot c’est sympa.

  34. Sauge permalink
    13/08/2010 13:47

    Sinon pour lutter contre la drogue, on pourrait mettre au programme des lycéens Substance M de Philip K. Dick. Je l’ai lu ado et je ne pense pas qu’il soit possible de mieux dégouter de la drogue… Requiem fait pâle figure à côté.

  35. La Léo permalink
    13/08/2010 14:14

    Et puis arrêtons de payer le RMI pendant qu’on y est, ça ne donne pas de travail aux gens. C’est de l’assistanat, bordel.

    • La Léo permalink
      13/08/2010 14:15

      RSA, pardon. (Je suis bloquée en 2006 donc.)

  36. Le Con Sultant permalink
    13/08/2010 15:40

    Oh merde !
    Vous passez quelques jours outre Atlantique, et hop, vous vous retrouvez victime du syndrome Sarah Palin.

    La Meuf, je te souhaite un prompt rétablissement.

    PS : si le sujet des drogues et toximanies, je te conseille ce site, un peu mieux renseigné sur le sujet que Marine Le Pen
    http://www.ofdt.fr/

  37. C'est c'la même permalink
    13/08/2010 16:57

    aïe tu l’as peut être écrit un peu vite là ton article un peu long ma puce. Ou alors c’est les ricains qui te font cet effet.
    rentre vite !

  38. dubitative permalink
    13/08/2010 17:06

    A mon avis, ce n’est pas la meuf qui a écrit ce billet …

  39. Le sociopathe permalink
    13/08/2010 18:33

    Aller je suis l’exemple du mauricien et je commente pour la première fois ce blog que je suis depuis un moment déjà.

    Quand j’ai entendu parler pour la première fois de cette mesure, j’ai eu exactement la même réaction que la Meuf, n’imaginant pas les conséquences et l’organisation d’un système qui semble fonctionner à l’étranger, et qui ne perdurerait pas si se n’était pas le cas.

    C’est relativement naturel, quand on est loin de ce sombre milieu qu’est celui de la toxicomanie profonde…
    J’ai commencer à réalisé quand en parlant de la chose a mon patron il me répond:

    « et pourquoi pas des salles pour violeur et pédophile ou on fournirait des capotes pour pas contaminer les gosses »

    Ce connard stigmatisant l’idée aussi violemment et de manière disproportionné, Yavais forcement baleine sous gravier.

    En lisant les vos commentaire, je me suis rappelé d’un pote quand j’étais un tout petit peu plus jeune qui était dépendant de drogues douces et en discutant de sa dépendance avec lui j’en étais arrivé à conclure qu’effectivement on peut ce laisser enfermer dans des cercle vicieux très rapidement qui nous éloigne de la réalité encore plus rapidement, surtout avec les substances dont il est question dans ce sujet. C’est a ce moment là qu’avoir des gens qui nous ramène sur terre et nous fait redécouvrir que vivre en société a quand même deux trois avantages (aller acheter son pain sans oublier la seringue qu’on a encore de planter dans le bras tout ça…). Ce genre de lieu doit effectivement donner au chance à ceux qui n’ont pas ou plus personne de proche pour leur rappeler qu’il existe un autre monde que celui dans lequel ils sont emprisonnés.

    Cette réflexion n’est pas forcement évidente, moi qui me targue d’être lucide je n’ai réalisé qu’en lisant vos commentaire.

    Je ne doute pas que la Meuf ouvrira les yeux sur ce sujet quand elle reviendra de son exile patriotique. (ou dans son prochain moment de nostalgie musicale, pour pas dire vaginale, ya qu’une femme pour chialer sur de la musique étrange en pensant à sa terre natale quand elle ne part en vacances que deux semaines…)

    PS: C’est aussi là qu’on vois la force des extrémiste qui on deux trois neurones de connectés, j’étais d’accord avec ça ->

    « Surtout que les seuls propos que l’on me relate et qui ont un semblant de sens sont ceux de Marine Le Pen qui pense le gouvernement Sarkozy « en plein délire » et « irresponsable parce qu’il constitue une brèche dans le bannissement de la consommation de la drogue en France ». Dans ces conditions je peux demander l’asile politique non ? »

    On sait que ce débat n’évoluera pas vraiment dans les hautes sphères du gouvernement français, donc au fond c’est plus ça qui me fait peur.

  40. 13/08/2010 18:35

    Et pourquoi pas des programmes d’echange de seringues tant qu’on y est, hein? Y’en a qui disent que ca permettrait aux toxicos de pas crever comme des cons a cause d’une bete infection. Des etudes menees dans d’autres pays disent que ca ralentit la progression d’epidemies telles que le SIDA. Mais la priorite est que personne n’attrape le SIDA et on nous propose de seulement ralentir sa progression? De qui se moque-t-on? Certains pretendent meme que ca permettrait aux cames d’avoir un au moins un lieu avec des soins a leur disposition, un accompagnement medical, et ou pourrait se preparer une possible remission. LOL.

    Quelle folie que cela – folie vous dis-je! Que ces gens-la se precipitent a l’hopital public et presentent leur carte Vitale, comme tout le monde! S’ils ont de la chance, ils obtiendront peut-etre une consultation avec un interne en psychiatrie dans les trois jours. Et si ils sont pas contents, allez hop: decheance de nationalite!

    Tout le monde peut quand meme comprendre que ca ne marchera jamais, n’est-ce pas?

    JA-MAIS on vous a dit. Donc pourquoi essayer?

    Nan mais.

  41. Marian permalink
    13/08/2010 19:34

    Bravo La Meuf!
    Tu fais l’unanimité avec ce billet, en plus de faire réagir de nouveaux commentateurs. Well done!

    La drogue, c’est mal … mm’voyeeeeez !!!

  42. Lorraine permalink
    13/08/2010 20:10

    Grosse déception sur ce billet: quand on ne sait pas de quoi on parle, on s’abstient. Ou alors on se renseigne.

    « L’objectif n’est-il pas de la réduire et de « désintoxiquer » ?  » Eh bien non, ce n’est pas un « centre de désintox » comme tu aimes appeler ça (tu dois certainement parler de CSST) mais une structure qui s’inscrit dans le cadre de la Réduction Des Risques. Et ça nous concerne tous. Faut-il vraiment que tu marches sur une seringue usagée dans un parc public pour en prendre conscience?

    • 13/08/2010 21:39

      J’avais bien compris qu’il ne s’agissait pas de centre de désintox et c’est bien ce qui me dérange.
      En ce qui concerne le fait de marcher sur une seringue, je te remercie, mais j’ai eu mieux en terme de rappel à la réalité dans ce domaine.

      • Lorraine permalink
        13/08/2010 22:44

        Et pour toi la réduction des risques c’est pas un argument recevable? Je vois pas où tu bloques en fait… Les CSST existent déjà, et plus de centres de « désintox » ça ne fera pas moins d’usagers de drogues (UD). On ne peut pas forcer quelqu’un à se pendre en charge ou à se soigner, tu t’en doutes. En revanche, on peut empêcher que sa situation ne se détériore, et éviter la transmission de certains virus (VHC et VIH essentiellement) entre UD et non-UD également. Les seringues sont effectivement disponibles en pharmacie. Malheureusement, trop peu de pharmacies mettent à disposition les kits Stéribox® ou refusent de vendre des seringues à l’unité. Tout simplement parce qu’un « tox » ça fait tache dans le décor tout blanc de l’officine, et ça peut faire fuir la cliente qui vient acheter son Oenobiol solaire.

        Et quand bien même… Imaginons un usager de drogue SDF (et malheureusement ils sont nombreux à l’être). Il a de la chance et il trouve une pharmacie qui lui vend son nécessaire à injection. Tu trouves pas ça mieux qu’il fasse ça au calme, proprement et de manière encadrée, plutôt qu’il fasse ça dans une ruelle ou dans un chiotte publique et qu’il laisse traîner son matériel usagé?

  43. 13/08/2010 21:27

    Un exemple de lieu d’accueil pour les toxicomanes à Genève par exemple : http://www.premiereligne.ch/association/quai9.htm

    Juste pour information.

    • lil permalink
      13/08/2010 23:01

      Oui ben là ça fait un peu chacun derrière son petit bureau « fais-ça bien proprement et ne t’affale pas de bonheur sur ta chaise Sinon tu tombes » Ca fait peut-être partie du retour à la réalité et aux contacts (humains, avec le sol, etc.) souhaité ?

  44. 13/08/2010 22:00

    Le plus triste dans cette histoire en fin de compte n’est-il pas que l’on ait le choix entre soit être d’accord avec Morano, soit être d’accord avec Le Pen ?

  45. LaConvertie permalink
    13/08/2010 23:39

    Je ne suis pas d’accord il est évident qu’un toxicomane est mieux a consommer dans un centre de soins avec du matériel propre que dans un squatte où il risque de contracter des maladie, j’ai vécu aux Pays Bas dans un quartier ou le concept existe et ça se passait très bien avec nous la plupart se sont resocialisé certains même on été embauché pour chercher dans les alentour les seringues usagés étant les personne idéals pour savoir où se trouvait les « planques » des consommateur

  46. sonette permalink
    14/08/2010 00:48

    Premier comm pour moi aussi.
    Article très intéréssant même si je suis d’accord avec tous ceux qui sont en désaccord.

    Lorraine, à propos de ton message  » trop peu de pharmacie mettent a disposition… ». D’ou tiens tu cette info ?
    Je suis assez surprise, je connais pas mal de pharmacies qui en ont en stock et le délivre sans problème…j’ai moi même déjà vendu ce kit de prévention a des toxicomanes et ils ne fesait pas tâche dans le décor.

    • Lorraine permalink
      14/08/2010 10:06

      A Montpellier ce n’est pas le cas, du moins pour les pharmacies du centre. Nous ne sommes que deux ou trois officines à les distribuer. Peut être parce que c’est un quartier chic.

  47. Marian permalink
    14/08/2010 01:57

    En fait, je ne comprends toujours pas ton point La Meuf.
    J’avais d’abord lu ton billet la nuit dernière, à moitié défait, et ma compréhension en était assez surréaliste: François veut empêcher Nadine de se droguer proprement avec ses copines !?
    Puis malgré tous ces com’ et tes réponses, je ne vois toujours pas se qui te gêne.
    Est-ce sur le plan « moral » ? On n’encourage ni n’encadre le vice ?
    Ou est-ce sur le plan social ? On aurait le funeste dessein de maintenir les toxicomanes dans leurs conditions misérables en leur faisant la charité (les salles d’accompagnement).

    Je suis bien d’accord que ce type de « salle » n’est en rien une solution pour endiguer le trafic et la consommation de drogues. Mais je ne pense pas que cela soit le but non plus. C’est juste une réponse à un problème sanitaire. Du pragmatisme face à un problème d’échelle. S’il n’y avait qu’une centaine de toxicomanes malpropres et malades, je pense qu’on les laisserait crever dans leurs coins. Mais malheureusement, l’ampleur du phénomène fait que cela touche une portion non négligeable de la population (dommages collatéraux inclus). Ça devient un problème de santé publique auquel les salles d’accompagnement sont une réponse sanitaire.

  48. dob permalink
    14/08/2010 02:12

    La Meuf, je crois que tu es cheeseburgeroman. C’est pas grave, tu t’en es rendu compte, ce qui est la première étape du chemin de la désintoxication . Reviens nous vite!

  49. mfayolle permalink
    14/08/2010 10:09

    sur la forme cet article est super, sur le fond c’est un point de vue de quelqu’un qui n’a pas pris le temps de se renseigner et qui parle avec des préjugés. c’est aussi la réaction que j’ai eu avant de m’informer sur le sujet et de rencontrer des gens qui sont non seulement des médecins, des psy mais qui travaillent au contact du terrain avec des toxicos et qui soutiennent cette idée.
    Le Portugal a mis en place des salles de consommation, d’autres pays aussi, et des expériences ont été menées. Si des spécialistes défendent cette idée pour la mettre en place en France c’est parce que ça marche bien, tout simplement, et que dans notre pays la politique de lutte contre les addictions est totalement délaissée. Si on veut réellement diminuer la consommation de drogues dures et aider à s’en sortir ceux qui le peuvent encore, il faut ouvrir largement ce type de salles. c’est vraiment triste que le débat sur ce sujet prenne cette tournure en France.

  50. 14/08/2010 13:10

    Désolé la Meuf, souvent je me prosterne devant toi, j’adule tes dires, bois tes paroles, mais là, je dis NON! Conneries!
    C’est centres doivent être mis en place au plus vite, je vois pas où tu voit un problème!
    Le personnel de santé n’accueille personne avec « un sourire pincé », loin de là. Le but de se centre n’est pas de juger. Prenons l’exemple du centre de Berne (Suisse) tous les toxicos de la ville se concentre désormais dans le quartier de de ce centre (ce qui rend le maire très content mais on s’en fout). Le premier avantage de ce centre c’est qu’ils permettent d’éviter les overdoses grâce à une surveillance médicale. C’est déjà ça. Comme tu l’as dit ils ne font pas grimper le taux de toxicos, c’est déjà une victoire, pour la baisse on verra plus tard.
    Point le plus important c’est centres récupère les seringues usagées et les échangent contre du matériel stérile, ce qui évite que des seringues trainent dans les rues. Par ailleurs, ils proposent du matériel à ceux qui viennent (matériel stérile). Ces deux mesures sont les plus importantes parce qu’elles permettent de diminuer drastiquement le taux de contamination, principalement du VIH, mais également des hépatites, etc…
    Ce taux diminue de moitié après l’instauration du centre. Je vais fouiller pour te trouver des sources si tu les demandes.
    Les drogués qui refusent d’entamer un traitement de désintox’ doivent-ils être laissés pour compte? N’est-il pas de notre devoir de tout faire pour éviter les overdoses et les contaminations? Soyons pragmatiques plutôt qu’idéalistes: Si ça marche pourquoi s’accoucher à l’idée qu’il faut combattre de front la toxicomanie?
    Par ailleurs des conseillers et des psychologues sont à l’écoute dans ces centres. Lorsque les personnes souhaitent entamer une cure, elles ont à disposition des ressources qu’elles ne trouveraient pas ailleurs.
    Le taux de rechute à l’issu de cures entamées de cette manière est moins élevé: Du fait qu’elles le font de le plein gré, dans un cadre qu’elles connaissent.

    Enfin, j’espère que tu n’es pas le genre de personne à camper sur ses positions.
    Passe de bonnes vacances! ^^

  51. Guillaume Pascanet permalink
    14/08/2010 18:19

    La Meuf, j’ai l’impression que le sujet des drogues dures te touche très personnellement. Tu sembles bien le connaître mais aussi, tu es facilement agressive.

    Je suis moins bien l’actualité en ce moment de vacances mais il me semble que cette proposition a fait très peu de vagues en France finalement. Le fait qu’il t’ait marqué depuis un endroit où personne ne sait qui est Johnny Halliday me semble donc sympatomatique.

    Je fais peut-être de la psychologie de comptoir en émettant cette hypothèse.

    • LaConvertie permalink
      15/08/2010 01:11

      Si je puis me permettre un LOOOL, ce commentaire me fait beaucoup rire !

    • 15/08/2010 19:47

      En me relisant, je crains que l’on imagine que j’accuse la Meuf d’être elle-même une droguée ce qui n’était pas mon propos.

      Je pensais plutôt à quelqu’un de proche qui serait concerné et qui la rendrait assez réactive sur ce sujet.

      • 15/08/2010 20:18

        Les raisons qui font qu’on est sensible à certains sujets sont parfois si subtiles que le principal intéressé lui même ne les connait peut être pas.

        Pas évident, donc.

  52. Miles permalink
    15/08/2010 22:14

    Quand j’ai lu le titre je me suis dit : Cool ! Un coup de gueule de La Meuf sur le populisme sécuritaire & raciste de Sarko & Co ! Et puis non ! Un coup de gueule là où un simple doute aurait été compréhensible, une prise de position tranchée et presque réac sur un sujet qui appelle à la prudence…

    Moi qui croyais qu’à part les goûts en ciné du Pédé, rien ne serait jamais indigeste sur ce blog ! Ben voilà, et en plus de la part de la Meuf, mon auteure préférée !

    Bon allez, j’oublie cet écart et j’attends avec IMPATIENCE ton prochain article La Meuf !

    Miles

    • 15/08/2010 22:16

      Et mon doigt dans ton cul c’est indigeste, crevure?

      • Le Pet Financier permalink
        16/08/2010 01:27

        Il ne va pas digérer ton doigt!!!
        Mais si nous pouvions lui en mettre plusieurs sans doute que cela améliorerait ses problèmes de digestion.
        je dis cela, je dis r…

      • 16/08/2010 10:10

        beaucoup moins que tes articles, grosse merde.

      • 16/08/2010 11:44

        « L’homme qui aime le gibier faisandé, traite les vautours de mangeurs de charognes. »

        Jules Renard

      • Miles permalink
        16/08/2010 13:00

        Monsieur le Pédé,

        En quoi un rapport digito-anal me permettrait-il d’être davantage en phase avec tes goûts cinématographiques ?

        Quelles moeurs étranges… (à lire sur le ton de Buzz, interloqué par l’hystérie de Woody dans Toy Story I)…

      • 16/08/2010 14:20

        SUBLIME ! La foutrax, fouine aigrie tapie dans l’ombre, qui resurgit tel un herpès purulent! J’ADORE!

      • 16/08/2010 15:37

        Cette ambiance bon enfant me réchauffe le coeur par ce pluvieux jour d’octobre.

      • Miles permalink
        16/08/2010 18:11

        Si j’ai tenu à marquer nos divergences de goût en cinéma, Monsieur le Pédé, je me désolidarise complètement de la dénommée zarzuela foutrax et ne saurais souscrire à sa vulgarité facile et à sa méchanceté crasse et gratuite.

      • 16/08/2010 18:50

        Miles, t’es qu’une lopette.

      • 16/08/2010 18:53

        Miles, tu viens de marquer 1000 points sympathie.

      • 16/08/2010 19:15

        Ta gueule, le pédé, toi aussi t’es rien qu’une fiotte.

      • Docds permalink
        16/08/2010 20:15

        Sont agités, les cinéphiles aujourd’hui…

      • 16/08/2010 20:40

        Elle est jalouse la laideronne parce que personne vient lire ses articles digestes.

      • lil permalink
        16/08/2010 20:55

        Vous vous égarez… L’intérêt maintenant c’est de savoir si la Meuf a, oui ou non, changé d’avis..?

      • Miles permalink
        16/08/2010 21:37

        « Lopette », « fiotte », un vocabulaire fleuri qui sent bon la frustration du gars hétéro abstinent derrière son clavier…

        Décidément, zarzuela foutrax, tes messages sont d’un raffinement et d’une précision sémantique rarement égalés ! Sans parler de la pertinence de tes argumentations…

      • 16/08/2010 22:14

        @ Miles
        Wesh gros, va te faire piner.

      • 16/08/2010 22:18

        miles, j’aime pas les tarlouzes qui causent genre hin hin hin sémantique. j’aime pas non plus les tapioles. ni les tapettes. et toi non plus je t’aime pas. tu crains.

      • 16/08/2010 23:10

        En usant de mes talents pachydermiques de prémonition, je peux dire sans l’ombre d’un doute que « J’aime pas les {insert groupe social} qui causent genre hin hin hin sémantique. » va trôner longtemps aux coté des peines de contumaces et des krisprolls dans le rang des expressions aimées de la bande de connard et de leurs commentateurs.

      • Docds permalink
        16/08/2010 23:35

        T’as disjoncté zarzu? Des problèmes persos?

      • 17/08/2010 12:54

        Son bougnoule est décédé d’ennui à la lecture d’un de ses torchons.

      • 17/08/2010 13:41

        Ach, mein Schwulele, comme tu es laid lorsque la haine t’habite.

      • Nora permalink
        17/08/2010 13:43

        fake.

      • 17/08/2010 14:19

        Même pas!

      • 17/08/2010 16:35

        T’es sûr ? Y’a pas son avatar et le lien n’amène même pas vers la page d’accueil de son blog…

      • Nora permalink
        17/08/2010 16:41

        fake. Quoiqu’en dise la tarlouze.

      • 17/08/2010 18:15

        Femme de peu de foi, Satan te tient en son pouvoir.

      • Le Nain permalink
        18/08/2010 11:00

        Ouais, Satan t’habites, quoi…

        (Dsl j’ai pas pu résister, promis je referai plus…)

      • Nora permalink
        18/08/2010 11:46

        Satan me tient en son pouvoir?
        Sans rigoler? J’espère juste qu’il a une grosse bite.

        (je persiste: fake à mort. Se reporter à ce dernier commentaire de Foutrax si on avait encore un doute.)

      • 18/08/2010 11:47

        L’adresse mail correspond.

  53. La Régence permalink
    16/08/2010 12:29

    Wow. Gros, gros moment de gêne. Impossible d’être d’accord avec toi, la Meuf. Et apparemment les vacances ne détendent pas bcp de monde sur CLG…

  54. Le Tunisien permalink
    16/08/2010 14:26

    Bon, alors là, La Meuf, tu te prends une volée de bois !

    Et je vais en rajouter une !

    On ne peut pas dire que je tienne Morano-la-poissonnière dans mon cœur (je suppose qu’il en est de même pour toi La Meuf – c’est peut-être pour ça que tu réagis de façon si virulente à sa proposition ?), mais pour le coup, elle m’a surpris par son progressisme socialiste. C’est quand même moins pire que d’être d’accord avec La Marine nationale…

    En fait, c’est le Fi(lli)on qui m’a scandalisé par sa réponse ahurissante de naïveté et de raideur militaire… On ne parle pas de banaliser ou de légaliser les drogues dures, mais bien de les encadrer de façon médicale. Et je reprendrais en substance tous les points positifs évoqués par beaucoup : la mise en relation avec un personnel médical (médecins, infirmiers(ères)…), l’utilisation de seringues propres qui seront jetées dans des poubelles adéquates – évitant ainsi de les retrouver dans des lieux publics, la démarginalisation « sanitaire » de la toxicomanie… Sans parler de la possibilité de voir apparaître dans ces centres des relais d’associations d’aide et d’entraide pour décrocher ou des antennes de centres de désintoxication, ou encore la présence d’un psychiatre, d’un(e) assistant(e) social(e)…
    Bref de prévoir pour le coup des moyens plus humains pour essayer de faire diminuer la consommation et tous les risques que cela engendre, autres qu’une législation répressive et par conséquente inutile, qui jusqu’ici n’a pas fait diminuer la conso – je n’ai pas de chiffres ni de statistiques en main, mais je pense même qu’elle n’a fait qu’augmenter.
    De plus La Meuf, comme tu l’as si bien dit, il ne s’agit pas du consommateur du dimanche que nous sommes, mais bien de personnes avec une addiction qui leur ronge l’existence… Je ne sais pas si cette proposition de centres « propres » est la solution au problème, mais la moindre des choses serait d’aller à la rencontre de toxicomanes, de les aider, de les protéger et de contenir le fléau dans un cadre plus social…
    En bref, d’être plus humain.

  55. Le Chœur permalink
    16/08/2010 15:27

    First comment, et comme un bonheur never came seul, j’ai already pris le temps to construire un compte (first lesson pour s’acheter une crédibilité, distille).

    Je ne suis pas non plus d’accord avec mademoiselle La Meuf (enfin, la bien-nommée doit commencer à avoir l’habitude).
    Je n’ai jamais été suffisamment drogué moi-même pour pouvoir dire si un centre de ce genre m’aurait aidé (je ne peux que spéculer, ce qui n’est pas un gros mot) mais il fut un temps ou le citron saignait à mon teint.
    En revanche, je ne peux m’empêcher de penser qu’un de mes amis ne serait peut-être pas OD s’il avait eu accès à ce genre de lieu.

    Je m’explique :
    Les centres de prise en charge actuels des toxicomanes sont vraiment légions (je suis francilien, c’est certainement plus rare ailleurs), tellement que ça en fait peur.
    -Mais d’une : ils ne sont ni centralisés, ni organisés ;
    -De deux : ils sont tenus par tout un tas de gens qui correspondent assez mal – ils ne manquent certainement pas de bonne volonté (les éduc’ spé’, notamment) mais travaillent dans des corps de métiers très différents et – comme à l’hôpital – sont éternellement soumis au bon dictat du médecin-chef (qui a tout pouvoir d’aller se coucher, de ne rien ordonner ou, pour ne pas paraître trop vindicatif, d’être en sous-effectif).

    Or ces lieux, qui auraient vocation à accueillir des gens en détresse, n’affichent certainement pas les résultats escomptés par le public ni même par le personnel soignant. Ils sont maigres (les lieux, pas le personnel) et surtout, ne peuvent réagir, toujours, qu’A PRIORI ou A POSTERIORI et jamais… quand on en a vraiment besoin.
    Si mon pote avait eu accès à ce genre de lieu, nous aurions pu l’y conduire, il aurait ainsi pu éviter de se faire un speed-ball artisanal (une saloperie, soit dit en passant).
    Tandis que les centres qui ont cours ne peuvent se contenter que d’une hypocrisie malheureuse qui voudrait qu’un camé avec une épaule attentive soit un camé en phase de libération.

    Pour ajouter dans le pathos, un autre de mes potes était revendeur à la même époque. Il m’a un jour avoué avoir reçu le copain d’une de ses clientes qui l’a bien marave parce que sa copine savait pas se shooté et qu’elle avait failli y rester. Il a heureusement pu l’amener aux urgences ou elle s’en est sortie – mais pas en bon état vu la raclée qu’il lui a foutu… Un autre exemple de ce que ce genre de piaules pourrait éventuellement éviter.

    Je ne peux pas être entièrement en désaccord avec elle d’un point de vue pragmadramatique car ces lieux restent de doux rêves d’appui salvateur qui ne permettront probablement pas à plus de 10% des fixés de décrocher. Mais fussent-ils 1 sur 10, ce sera déjà ça de pris.

    Après, c’est peut-être juste le constat amer de nos propres négligences qui me fait abonder dans le sens de cette idée.
    Après tout, il y aurait pu avoir un de ces lieux en bas de chez nous que cela se serait peut-être déroulé de la même manière.

    Évidemment, La Meuf a raison à 100% sur un point : l’important, c’est de décrocher, pas d’apprendre à se piquer pour vivre en apocalypticodramatic à la j’tape-ma-mère-pour-me-payer-ma-came.
    Mais elle oublie soigneusement que le fixé ne se résume pas à lui-même, mais également à tout ce qui l’entoure (comme nous tous, mais en pire). Ce qui fait que l’important, en fait, c’est surtout de survivre.

  56. 16/08/2010 18:24

    J’ai attendu de voir un maximum de commentaires avant de réagir.
    Je l’avoue, sur le coup, j’aurais pensé comme la meuf en me disant que l’on manque parfois de place dans les hôpitaux, alors… Cela va bien…
    Et comme elle : on rêve ou quoi ?
    Mais bon, toutes les opinions sont bonnes à lire et à nous faire voir les choses sous un autre angle.
    Je ne parle pas de drogue, mais je vais parler d’alcool qui est une addiction comme une autre.
    J’en connais un, trop proche, à qui il serait bénéfique d’aller se rendre dans un centre pour y boire sa dose, pour que l’on surveille juste qu’il ne va pas crever d’un coma éthylique, ou reprendre sa voiture après, en risquant sa vie et surtout celle des autres…
    Genre : je viens boire là, en toute sécurité.
    Forcément, à un moment ou à un autre, un dialogue s’ouvrira avec ceux qui accueillent…
    Alors pour les drogués, finalement (passé mon mouvement d’humeur) cela peut se passer comme cela.
    Il faudra vraiment du temps, pour qu’ils comprennent qu’ils ne sont pas jugés. Qu’ils sont juste malades… Mais de certaines maladies on souhaite ou non guérir…
    Dans toute addiction destructrice, il y a un désir de mort, et l’oublier, c’est oublier l’essentiel.
    Pour un drogué, un alcoolique, un accro aux médocs, il y a un désir de dormir, dormir, pour toujours parfois… C’est le désir de mourir qui est là en fait. Tout oublier…
    C’est ce désir qu’il faut détruire, et donc, il faut du doigté, de la sensibilité, de l’habitude, de la patience… Le personnel de ces centres est là pour cela.
    La meuf, je pense que tu as réagis de manière épidermique. J’ai fait comme toi, et puis je me suis dit : après tout, pourquoi pas ?
    Tu n’as pas été conne, tu as juste réagi sur le coup à une information qui te semblait dingue.
    Sauvons ce qui peut l’être, les maladies transmises par des seringues en particulier. Un vrai drogué s’en fout de mourir de n’importe quelle maladie, il se fait déjà crever à petit feu. Celui qui se rend dans ces centres a au fond de lui, l’envie de s’en sortir, même s’il ne le sait pas.
    Alors ces centres peuvent l’aider.
    Désolée de la longueur du com…

  57. Personne permalink
    16/08/2010 20:29

    Ben au moins, ce que je constate, c’est que même lorsqu’un des auteurs de ce blog a le malheur de s’égarer, ça provoque 200 réponses intelligentes, construites, enrichissantes et instructives. C’est bien rare de trouver un site qui rassemble autant de personnes de bon goût. C’est un signe.

    (Moi, ma première pensée a surtout été : « Oui, ça parait a priori bizarre, mais pourquoi réagir aussi violemment… Et surtout, qu’en est-il de ces centres, à l’étranger ? ». Merci donc pour les réponses.)

    • Ghetto Myrtille permalink
      17/08/2010 12:07

      Pour le ‘violemment’, c’est de toute manière le ton du blog de ne jamais être dans la demi-mesure, et personnellement je les préfère tranchés, quel que soit le sujet et quel que soit l’avis.

  58. Ghetto Myrtille permalink
    16/08/2010 22:41

    Et chacun y va de son petit pavé…

    La Meuf s’est sans doute trompée, je rejoins dans les grandes lignes l’avis général mais par contre en entendant l’info à chaud, j’ai de suite eu l’impression que dans la tête d’un ado de 15 ans ça pouvait aussi enlever un peu à l’épouvante qu’impose la drogue. Ca change vraiment rien d’érafler un peu l’image de bête noire effrayante à coups d’accompagnements par des types en blouses blanches qui vous tendent une seringue propre avec le sourire ? Ca change vraiment rien de passer régulièrement à côté d’une vitrine derrière laquelle on sait que les gens se piquent, on sait que l’état trouve ça tout à fait normal, qu’il le permet et que c’est même son idée ; et puis, petit à petit, soi-même trouver ça normal ? Loin de penser que les jeunes sont complètement débiles et qu’ils confondront encadrement avec légalisation, je trouve quand même les termes un peu maladroits.

  59. 17/08/2010 01:13

    C’est quand même dingue de trouver un article aussi réac’ sur ce blog.
    Avant de balancer autant de merde sur les salles de conso, encore faudrait-il se renseigner un minimum sur leur efficacité. Elle est prouvée et reconnue. Prenons juste un exemple: East Hastings, downtown Vancouver, le quartier le plus sordide du monde occidental, avec une population de tox’ (en mode crack, hero et meth) au km² qu’on se demande s’ils ne se reproduisent pas en mitose. Il y a 15 ans, c’était l’enfer, des décès quotidiens dus aux infections diverses, MST, overdose, etc. Face aux échecs récurrents de solutions plus diverses les unes que les autres (discrimination en imaginant que si on cache les camés ils disparaitront, tentatives de flicage intensif, déportation manu militari des squatteurs et fermeture des logements insalubres, etc…), une association (le Vancouver Area Network of Drug Users) se créa et décida de mettre en place des salles de conso. Vous pouvez aller checker leur site et leurs bilans. En l’espace de 10 ans, ce quartier condamné à disparaître a repris vie, les habitants aussi et les décès pour les causes ci-dessus se font rares, la progression des addictions a été endiguée, bref, une vraie résurrection pascale.

    Mais non, j’imagine qu’il vaut mieux stigmatiser les camés. Meuf, à te lire, on devine très vite que des camés, des vrais, des épaves, mais aussi les camés invisibles, qui se piquent mais chez lesquels ça ne se lit pas sur le visage, tu n’en connais sans doute pas un seul. Parce que lorsque des salles de conso sont ouvertes, les camés y vont, je peux te l’assurer. Tu ne dois vraiment pas imaginer la différence entre se piquer derrière une poubelle avec une seringue dégueulasse et faire ça de manière propre dans un environnement dont on sait qu’il est sûr, où tu ne te feras pas dépouiller par un caid de passage. Peu importe que des « gens en blouse blanche et au sourire pincé » soient là ou non pour t’accueillir. Peu importe l’accueil à vrai dire, au moins il existe. Mais ça, non tu ne dois pas connaître. Eteins donc ta télé un moment, ça te fera du bien. Et garde tes références à la con pour les bisounours.

    Enfin, en ce qui concerne la dé-sin-tox-ication, je te renvois aux innombrables études toxicologiques sur l’addiction aux drogues dures, particulièrement l’héro. Tu peux envoyer un héroinomane 10, 15, 20 fois en cure, si le désir de désintox de vient pas de lui, il replongera, garantie. En moyenne, un héroiname se sèvre de lui-même après 7 ans d’addiction (c’est une moyenne, pas une médiane). Etrangement, c’est dans les pays où l’on prône bêtement la désintoxication sans autre forme de procès (un peu comme la répression sans la prévention et la réhabilitation, dans le même genre; après tout c’est bien connu, la prison forge le caractère) que le taux de progression de consommation des drogues dures est le plus fort. Il serait peut être temps de se sortir la tête du cul et de prendre en compte les expériences des voisins. Expériences qui, contrairement à celles – quasiment inexistantes – sur le sol Français, fonctionnent.

  60. Medjolita permalink
    17/08/2010 13:50

    Le manuel du savoir-faire au sein d’un débat dans notre société contemporaine ou de la grandeur du sang-froid et de l’argumentaire de La Meuf face à ses détracteurs.

  61. Brunette permalink
    17/08/2010 14:50

    Moi j’suis d’accord avec toi La Meuf! Et pas qu’un peu!

    1. Ouai un tox c’est super moche et non il ne mérite par pour autant de crever dans la rue mais il existe déjà des lieux d’aide aux toxicomanes très actifs dans le secteur associatif, mais également à l’hôpital public (avec un encadrement médical et psychologique), et pour cause je travaille moi même dans le secteur.

    2. A l’heure où notre bon gouvernement ferme hôpital sur hôpital dans les secteurs les moins peuplés parce que pas assez rentables, je pense que Mesdames Bachelot et Morano devraient avant tout réfléchir à la manière de continuer d’avoir un service public de soins de proximité pour l’ensemble des populations, toxicos inclus, parce qu’il est bien évident que lorsqu’il faudra faire 100 bornes pour un infarctus, ou une overdose, c’est sûr, on n’aura plus trop de problèmes de retraites…

    C’est bien biquet de dire qu’il faut avoir des structures spécialisées en matière d’aide aux toxicomanes, mais c’est surtout de la poudre aux yeux.
    Quand on vit dans un pays qui commence clairement à ne plus pouvoir assurer un service de santé de base faute de pouvoir payer ses infirmières et ses médecins, je pense qu’il y a vraiment d’autres questions à se poser en priorité!
    Merci l’enfumage!

    3. Je vous rappelle qu’on vit actuellement sous l’ère Sarkozy, et que ça va pas en s’améliorant, j’ai du mal à croire que d’une part les dealer traineront pas devant la porte des centre, et que d’autre part il n’y aura pas non plus des gentils flics pas loin qui s’occuperont du « problème »…

    Comme quoi c’est pas le tout q’une idée soit intéressante, encore faut-il la replacer dans le contexte dans lequel elle aurait vocation à s’appliquer…

    • Marian permalink
      17/08/2010 17:40

      Si c’était vraiment cela la position de La Meuf, il me semble que son argumentaire aurait été aussi convaincant que le tien.

      Tu sembles dénoncer juste un effet d’annonce (étouffé dans l’oeuf) pour masquer l’incurie qu’est devenu l’hôpital public en France. Ces salles d’accompagnements représentant un pan supplémentaire dans le démantèlement du service public de santé.
      Quant aux dérives possibles que tu mentionnes (présence de dealers et opportunités de flicage), elles peuvent très aussi avoir lieu dans un cadre hospitalier. Des « conflits d’intérêt » entre les flics et les médecins urgentistes (ou du SAMU) dans des cas d’accidents ou troubles de l’ordre public sont déjà présents.

    • Sauge permalink
      17/08/2010 19:36

      On a quasiment tous dit que l’idée était bonne mais qu’il fallait attendre de voir comment elle serait mise en pratique en France. Pour ce qui est des autres pays, ça fonctionne plutôt pas mal, non? Pas de flics et ici ils sont trop occupés à démanteler des camps…
      2 : Ce que dit la Meuf dans son article c’est que ces salles ne servent à rien (je raccourcis un peu), que la seule solution consiste à mettre tous les drogués en centre de désintox(et on fait comment s’ils ne veulent pas?). Or ces salles sont efficaces au moins pour la diminution des infections. Les médecins pourraient même réussir à convaincre progressivement quelques drogués de se faire désintoxiquer.
      3 : Personne n’a dit que les salles de shoot sont une priorité absolue. Effectivement, il faudrait d’abord veiller à ce que notre système de santé ne se dégrade pas aussi vite qu’il le fait en ce moment. Il n’en reste pas moins que l’idée n’est pas aussi mauvaise que l’a présentée la Meuf.

  62. Chadouce permalink
    17/08/2010 18:05

    Je ne suis pas d’accord non plus avec cet article (et je travaille dans ce domaine), et les arguments clairs et efficaces ont déjà été énoncés dans de nombreux commentaires.

    Alors ce que je trouverais particulièrement intéressant maintenant, c’est de savoir si cet argumentaire riche a pu faire évoluer la position de La Meuf ?

  63. PankkypH permalink
    18/08/2010 00:43

    C’est pas que j’aime être hors-sujet, mais il est passé où le lapin en peluche ? J’aimais bien moi.

    • 18/08/2010 03:57

      Ah! Quelqu’un a remarqué!

      • Orianinou permalink
        18/08/2010 09:38

        J’avais vu aussi mais je ne voulais pas me faire conspuer de le signaler quelques semaines après… Mais c’est vrai qu’il était bien sympa ! Vous l’avez inhumé ?..

      • 18/08/2010 11:05

        Il est passé par la contumace.

  64. Orianinou permalink
    18/08/2010 11:26

    Comme si le poignarder avec une carotte ne suffisait pas !
    Monde cruel, que fait Brigitte quand on a besoin d’elle…

  65. Guillaume Pascanet permalink
    19/08/2010 20:22

    La Meuf, je viens seulement de cliquer sur le lien de la chanson de Polnareff.

    Je trouve le clip d’une kitcherie absolue. Je te remercie.

  66. Le commentateur permalink
    20/08/2010 19:05

    Salut. Ce blog est bien commenté et a l’air bon enfant. Allons-y, alors.

    J’ai lu pas mal d’articles d’ici, rétrospectivement, donc, et je suis plus ou moins d’accord avec les points de vue développés dans les posts eux-mêmes ou dans les commentaires, souvent de manière dissociée, mais c’est aussi le propre de débats que je trouve sains. Le tout enrobé d’un esprit carabin qui me fait souvent sourire.

    Ici, je ne suis clairement pas d’accord avec ce post, fait, il me semble (mais j’ai de le droit à l’erreur, je suis humain, il faut savoir me pardonner. Pitié.), à la rache et surtout, ce qui me contrit, jusqu’à diminuer ma taille corporelle de 30%, c’est aussi le manque de contradicteurs à l’opinion flagrante qui se dégage des commentaires. Soit, vais essayer de pallier à cela, et puis quand même, faut pas déconner, je dirais ce que j’en pense, de Nadine Morano. En fait, non, je vais surtout essayer de résumer ce que j’ai lu ici ou là, ou ici, et d’y répondre comme je l’entends. Donc en fait, comme beaucoup de commentaires jusqu’ici.

    Alors, d’aucuns disent que les salles d’accompagnement à la prise de drogue, surtout par voie intraveineuse, (je cherche des synonymes, en ce moment, une sorte de hobby) ne résolvent en rien le problème de la drogue, de l’addiction proprement dite, avec même un petit doute sur son encouragement (genre « Allez Pantani ! » par un mec déguisé en costume de Satan).
    Soyons donc clair, même si je ne connais l’opinion des fers de lance de la polémique (Morano et Bachelot) (ahahah), en tout cas, chez ceux qui sont favorables à cette mesure en tant que pratiquants sociaux professionnels auprès des populations concernées, il n’est en aucun cas (ou presque) fait mention d’une recette miracle. Ni même d’une voie significative toute tracée menant au sevrage (seule solution pour se défaire des drogues que nous appelons tous « dures »).
    Mais, en revanche, ce qui est avancé (et constaté, je vais pas m’embêter à remettre des liens hypertextes présents dans les 200 commentaires au-dessus), c’est que ces centres, évidemment, réduisent la mortalité périphérique induite par la prise de ces drogues (un peu dangereuse, dans l’empirisme du toxico).

    Bizarrement, cette première conclusion (qui en est une, scientifiquement et officiellement documentée, et finalement plutôt louable, mais que La Meuf et ceux qui sont réfractaires à ces structures me disent le contraire, qui est possible et qui n’a pas encore été porté à ma connaissance), cette première conclusion amène une autre question : comment se fait-ce que l’injection intraveineuse de ces drogues (je vais cibler sur elles, les prises en fumée ou en poudre sniffée me paraissent hors contexte premier), soit si problématique ?

    Bon, médicalement, on s’attaque aux tissus cash, sans passer par un filtre corporel moins sujet aux agressions ou plus à même de les filtrer pendant un certain temps (au hasard, les poumons). Ok. Pourtant, de l’héro « propre », injectée proprement, avec des aiguilles stériles, en différents endroits du corps, avec une aseptie appropriée, ça tue moins vite qu’un litre de whisky quotidien dans le sang (rapport Roques, 1998, vous devriez trouver. Même s’il ne dit pas ça précisément, c’est l’idée.). Mais alors, les héroïnomanes sont-ils suicidaires, pour faire de leur addiction un suicide assuré dans les plus brefs délais ?

    Pas toujours. Pas forcément, peut-être aussi qu’ils n’ont plus aucun lien avec des gens qui peuvent leur dire : « Bonjour. Dans des conditions saines, tu mourras moins jeune. Mais tu mourras. Moi, je te garantis que tu mourras moins jeune avec moi que sans moi. Mais tu mourras assez vite quand même. » (et ne faites pas croire que les humains de médecine mentent tous à leurs « patients » ou ne leurs disent pas ce que je viens de dire). Mais plus simplement, peut-être qu’ils n’ont plus aucun lien avec des gens pour leur dire : « Bonjour ». Ou même : « Tu mourras ». Non, eux, les gens qui leur parlent c’est : « Tu veux combien ? », « T’as un seringue neuve ? », « T’as une seringue ? », « Vous avez une stéribox ? ». Mais là, pour ce dernier échange oral, c’est plus difficile, par que les gens en face de nous, ils disent bonjour, et on a plus l’habitude, et plus, ils veulent pas vraiment nous aider. Certains si, d’autres non, en tout cas, ils ne sont pas là, primordialement, pour ça (je peux me faire retoquer sur ce point, je le concède).

    Du coup, ces centres, ouais, on va peut-être leur dire « blabla la mort, blabla, l’addiction », n’empêche, on vient avec sa dose, donc bon, la rémission pas pour tout de suite.

    En revanche, pour la première fois, j’associe la drogue que je prend à autre chose qu’à des mecs qui veulent me la vendre, me la piquer, pendant que je suis défoncé ou non, à des mecs qui veulent me dépouiller tout court ou des mecs qui partagent des seringues sans souci. J’associe la drogue à autre chose qu’à mon monde. A autre chose qu’un monde qui est totalement le mien, dans lequel je peux m’enfermer tout seul, comme un grand, je suis plus à ça près.

    Ça, c’était pour le lien social. Autrement dit, oui, les centres de perfusions addictives encadrées (je suis bon, là ?), apporte un lien social aux drogués. Même infime, le plus petit nombre réel au-dessus de zéro (qui n’existe pas, bien sûr, R étant dense dans R), est toujours une infinité comparé à cet ensemble composé uniquement d’un zéro.

    Autre chose que j’ai lu/entendu : « ahah, heureusement qu’on ne reçoit pas les « primo-drogués » » (Double guillemets, super-sayan !). Why not ? Un primo-shooté, pur de toute substance addictive (les vraies, les physiques, pas les psychiques, bien que ce ne soit pas négligeable, mai dans ce cas, personne n’est pur), je n’en ai jamais vu. Enfin, plutôt que de prendre mon cas comme exemple, disons que peu de professionnels ou d’aide n’en ont jamais vus, du moins ceux que j’ai rencontré (là encore, exemple personnel, je peux me faire retoqué, je le concède). Mais même si. Même si. Un mec qui vient à un centre pour s’injecter un truc, même s’il n’a jamais rien pris d’autres, franchement, donnez-moi un dissuasif plus puissant que le corps d’un toxico confirmé, tout entier, qui ne manquera pas d’être là ? Un pub choque ? Nope. Un fix, limite OV ? Il va peut-être l’avoir, mais de toute façon, la dépendance s’accroche à lui quand même. Une arrestation/punition ? Oui, mettez-le marge un peu plus, rapprochez-le des milieux où se procurer de l’héroïne, c’est comme descendre des chez moi vers 22h00 et demander une clope rigolote (et des milieux où c’est aussi facile de s’en procurer, ça existe aussi). Bref, franchement, jusque là, je ne vois pas ce qu’on leur reproche à ces centres.

    Bon, maintenant, « la mauvaise direction ». Pas grand chose à redire à cet argument plus idéologique que rationnel, j’aurai juste une question principale et une subsidiaire, à ceux qui le défendent :
    – Connaissons-nous la « bonne direction » ?
    – Si non, quels sont les arguments pour dire que ce ne serait pas celle-là, celle des centres d’accueils, d’accompagnement, du retour à la commnication, à l’insertion ?

    Car, et pour finir, tu te drogues chez-toi, sur ton carton-lit, dans ton squat, tu restes avec toi-même. Quand tu vas dans un centre, même si tous n’en ont pas conscience (mais ces centres n’ont jamais eu la prétention de les guérir tous), tu te dis, que quand même, y’a d’autres types qu’existent. Y’a aussi des structures qui existent (et des structures, même un toxico à qui certains enlèvent toute conscience, puisqu’il cherche à la tuer, ça frappe), pour toi et ton problème.

    Pour conclure (j’avais menti, au-dessus), je voudrais savoir, ce que vous, les réfractaires à ces centres, vous y opposent ?
    La morale ? Le fait qu’un toxico ne peut s’en sortir que tout seul ? Ne doit (la différence est notable avec le verbe pouvoir) s’en sortir seul ? Qu’il l’a choisi ?
    Ou des documents scientifiques que je n’aurais pas sous la main qui disent que ces centres sont une plaie pour tout le monde, toxicos et riverains ?

  67. Noisette permalink
    21/08/2010 00:57

    Je suis ce blog depuis un moment, et comme Le Mauricien, je me lance dans l’art difficile de commenter… faut dire que vous n’êtes pas toujours tendres entre vous *yeux de cocker*
    J’avoue ne pas avoir lu les deux cent réponses à cet article. *évite les tomates*
    Sans lancer un autre débat, je voulais juste faire une analogie entre cette proposition et la légalisation en France de l’avortement – évidemment, aucune comparaison entre les deux « problèmes » n’est possible, hein, posez ces fusils immédiatement…
    On a légalisé l’avortement parce que trop de femmes se rendaient à l’étranger, où l’opération se faisait dans des conditions douteuses. On veut créer des centres pour permettre aux toxicomanes de se droguer dans un environnement sain. Dans les deux cas, il s’agit de trouver un compromis…
    (Je précise que je ne suis pas encore parvenue à me faire une opinion sur la question)

  68. Myon permalink
    25/08/2010 16:26

    Si je ne suis pas d’accord avec La Meuf, Morano ne vit pas chez les bisounours non plus. En effet, une étude parue récemment et que je serais totalement incapable de retrouver, quitte à m’auto-décrédibiliser, montre (et cela me semble être du simple bon-sens) que toutes les politiques « offensives » (comprenez plus ou moins le port d’oeillères, la chasse au toxico et le pointage du doigt : « Oh ! Ces jeunes (ou moins jeunes) qui font tout exprès de se détruire ! ») sont un échec global, et même plus : une véritable aubaine pour le VIH, qui se refile deux, trois voire quatre fois plus facilement ainsi, dans la peur et la marginalisation.

    Puisque faire semblant de ne pas les voir ou leur taper dessus ne diminue pas le nombre d’héroïnomanes, autant les reconnaître et les accompagner. Si on ne fait pas baisser le nombre d’addicts, on peut au moins essayer de les empêcher de chopper le sida. Et comme l’a déjà dit quelqu’un plus haut, un séropositif, ça coûte cher – et comme Morano aussi sait compter (ou au moins ses assistants) on comprend mieux.

    Si je ne suis pas convaincue du tout que ces centres diminueront la toxicomanie, ils ne l’augmenteront pas non plus, et au moins permettront-ils d’éviter les dommages collatéraux et de stopper l’hypocrisie ambiante. Tout comme les plannings familiaux n’ont pas fabriqué une génération obsédée de la fesse et des jeunes filles qui avortent comme elles respirent… Ben quoi, vous ne vous souvenez pas de cette belle époque où la pub pour les préservatifs était interdite, pour ne pas corrompre nos pures âmes ?

  69. Myon permalink
    25/08/2010 16:28

    Je n’avais pas vu le commentaire précédent, comme quoi, on fait les mêmes parallèles…

  70. Yuta permalink
    27/08/2010 17:48

    Et donc la Meuf, tu as changé d’avis ou pas ?

    Je rentre de vacances, j’ai lu l’article et les commentaires. Je me suis un peu mise à ta place : tu es à l’étranger, tu lis une nouvelle qui te paraît, sortie du contexte, abracadabrantesque, tu réagis à chaud en pensant être sûre de ton bon droit, mais voilà, personne n’est d’accord avec toi.

    Je pense que ta première réaction (surtout face aux 3 ou 4 commentaires parfaitement crétins sur la masse de 200 commentaires très intelligents et convaincants) a dû être « pourquoi est-ce que je me prends les tambours de la Moria sur la tête là ? », avec du coup une pointe de « ces gens sont quand même vraiment des moutons, juste parce que je dis que Fillon a raison je me les prends sur la tête ».

    Je suis arrivée sur ton post en n’ayant prêté qu’une oreille distraite au sujet, et mon oreille distraite aussi bien que mon manque de contact avec les drogués m’avait portée à me dire « oh là là quel bordel, une proposition bien à la con, heureusement qu’ils ont dit non ». Mais en lisant tous les commentaires de ce blog, pour lesquels je remercie les commentateurs, je me suis sentie très honteuse d’avoir pensé cela, et j’ai radicalement changé d’avis – pour des raisons bien plus valables que de trouver qu’être d’accord à la fois avec Marine Le Pen et François Fillon, ça fait beaucoup pour une seule position sociale.

    Et toi ?

  71. La fille de la campagne permalink
    28/08/2010 23:11

    On a perdu la meuf !

  72. La fille de la campagne permalink
    28/08/2010 23:14

    Meuf…

  73. Rebecca permalink
    18/11/2010 14:53

    Tu ne dois pas beaucoup connaître de toxicos pour te permettre un pareil jugement!
    Je ne te dis pas que c’est LA solution mais as-tu déjà mis les pieds dans un centre de détox? As-tu une idée de l’attente pour entrer dans l’un de ces centres? C’est autant de temps ou sans seringues tu risque d’attraper le SIDA et des gens qui s’en sortent j’en connais, mais des gens qui s’en sortent indemnes… Ils ont 20 ou 30 ans de plus que moi et ces gens là ils auraient bien voulu qu’un médecin soit présent pour leur éviter d’attraper le SIDA…
    Un toxicomane est un « malade » mais même en souhaitant s’en sortir, tu te retrouve face à des jugements violents, un phénomène de rejet super agressif et quand ils racontent qu’il sosnt malheureux parce qu’ils ont choper le VIH on leur dit que c’est un peu de leur faute…

    D’autre part, pour ta culture personnelle, un shooter n’arrête pas une seringeu en route et c’est pas tant la quantité que la pureté de la drogue qui fait faire une overdose. D’autre part, le fait d’être entouré évite effectivement les risques d’overdose pour la simple et bonne raison qu’en règle générale, à moins d’utiliser de l’hérpoïne pure au point d’arrêter ton coeur sur le moment, une personne qui fait une overdose ne mourra pas si on la réveille. Or quand t’es dans un squat à moitié dans le noir, sale, ou les gens sont tous défoncés, ya de garndes chance pour qu’on te voit pas canner!

    Voilà.

    Et dieu merci que les gens non initié à la drogue ne puissent entrer la dedans, le nombre d’adolecent un peu influençables qui iraient curieusement y fourrer leur pif et se laisser prendre au jeu… Tu as déjà vu quelqu’un se shooter devant toi? C’est pas super agréable et c’est très dur à vivre.

    Voilà, en dehors de ça je commence tout juste à lire votre blmog et j’ai beaucoup aimé l’article Dukan en effet, j’ai eu la rage contre ceux qui avaient le droit de bouffer de la salade pendant pas mal de temps et j’apprécie beaucoup ta façon d’écrire!

    :3

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