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Le cinéma plus fort que la mort.

24/06/2010

Je n’ai jamais été fan de Jacques Tati. Même si je me vois comme un cinéphage compulsif, le créateur de Mon Oncle et Jour de fête n’a jamais fait partie de mes cinéastes de chevet. Il me faut même confesser n’avoir, à ce jour, vu de lui que son Playtime, film que j’avais trouvé, à l’époque, aussi passionnant qu’un discours de Fidel.

Pourtant, hier soir, le grand Jacques, qui jusqu’alors m’avait laissé de marbre, m’a fait pleurer. Il a d’ailleurs été aidé en cela par Sylvain Chomet, le réalisateur à qui l’on doit le bijou d’animation Les Triplettes de Belleville ou encore le très inspiré court-métrage Tour Eiffel, réalisé dans le cadre de Paris, je t’aime et visionnable ici.

Mes larmes ont tout d’abord coulé parce que le temps d’un film, je me suis pris à croire que le cinéma a le pouvoir de ressusciter les morts. Car pour ceux qui seraient, dans un élan de nostalgie, tentés d’aller voir Hannibal, Barracuda, Futé et Looping revenir d’entre les morts en cette période de famine cinématographique, il faut savoir que la genèse de l’Illusionniste, c’est un scénario écrit par Tati himself. Le film a été imaginé il y a cinquante ans et, après avoir dormi pendant toutes ces années dans un tiroir de la Cinémathèque Française, a été déterré bien après la disparition de son auteur, pour être finalement porté à l’écran.

J’aime assez l’idée qu’un projet porté par un artiste qui n’a pu le mener à bien de son vivant, soit repris par un autre artiste déterminé à faire revivre un univers qu’on pensait enfoui à jamais. Cela ne marche pas forcément à tous les coups car le continuateur n’est pas toujours à la hauteur de son illustre prédécesseur (je pense notamment à She’s so lovely, film très à la mode dans les années 90 et ayant valu à Sean Penn un prix d’interprétation à Cannes; le film fut écrit par feu John Cassavetes et mis en scène par son tâcheron de fils plusieurs années après la mort du maître, ne laissant après visionnage, qu’une impression de gâchis). Mais lorsque le miracle a lieu, le cinéma devient plus fort que La Mère Faucheuse.

L’Illusionniste, c’est l’histoire d’un grand magicien dégingandé qui ressemble à s’y méprendre à Jacques Tati. Chaque soir devant des salles vides, le vieil illusionniste maladroit mais passionné fait son métier en sortant un lapin peu coopératif de son chapeau. Les temps sont durs et le magicien jamais las de divertir son prochain accepte tous les engagements-même les plus improbables-où qu’ils se trouvent. Il part donc pour un petit patelin en Écosse, honorer un contrat auprès d’un modeste tenancier de pub. Il rencontrera, lors de ce voyage, une jeune villageoise un peu paumée qu’il recueillera et qu’il aimera comme sa propre fille.

L’Illusionniste me fait pleurer car j’ai l’impression qu’il me parle. « Les magiciens n’existent pas », telle est la leçon qu’il nous enseigne. Pour tous les saltimbanques, acrobates, mîmes, clowns et dompteurs de lions, les lendemains déchantent. Les magiciens sensés mettre au pas le réel, n’échappent pas aux dures lois de la société: ils sont condamnés à être garagistes la nuit pour pouvoir assurer leur subsistance et continuer leur rêve éveillé.

N’en déplaise à ses détracteurs (les Inrocks pour ne pas les nommer, dont il suffit, pour se convaincre de la nullité, de consulter le Top 100 des films de la décennie) qui lui reprochent trop souvent son recours à l’imagerie rétro pour touristes, l’univers de Chomet, profondément ancré dans le folklore parigot est une création 100% originale. Loin d’être empêtrés dans un fétichisme stérile, Sylvain Chomet et son crayon nous enchantent à chaque image et sans qu’on y prenne garde, finissent par trouver le point G enfoui quelque part dans un recoin de notre coeur.


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101 commentaires leave one →
  1. la provinciale permalink
    24/06/2010 10:44

    vu hier y a une jolie nostalgie et une réelle tristesse dans ce film!
    vu aussi « dog pound » dans la même journée! c’était une vraie bonne journée ciné

    • 24/06/2010 12:54

      Perso, la BA de Dog Pound m’a un peu donné envie de jeter des trucs à l’écran. Et une nouvelle quand j’ai eu la confirmation que le film était bien l’oeuvre du réalisateur du merdique Sheitan…

      • Rory permalink
        25/06/2010 01:28

        Faut aller le voir Dog Pound ou pas ?

      • 25/06/2010 11:21

        Qu’en sais-je, j’y suis pas allé et je n’irais sûrement pas.

  2. Guillaume Pascanet permalink
    24/06/2010 10:49

    Merci le Juif de nous ramener aux vraies valeurs !

    J’ai envie et besoin d’être ému en ce moment, ce film m’est donc indispensable !

  3. Ninouche permalink
    24/06/2010 10:49

    MAGNIFIQUE!

  4. nana permalink
    24/06/2010 11:01

    Les films de Tati m’ont toujours laissé un gout de perplexité, mais en même temps j’ai toujours été fascinée par cette grande silhouette degingandée.

    Les triplettes de Belleville me laisse un souvenir imperissable, alors certainement je vais essayer de me trainer jusqu’au ciné pour aller voir ça.

    Je tiens a souligner que ton image du point g enfoui quelquepart dans notre coeur, je la trouve juste magnifique. Tu sais être un grand poete cher Juif.

  5. 24/06/2010 11:02

    ouch! tu tapes sur Fidel et « She’s so lovely » dans le même article, le romantico-marxiste qui sommeille en moi est meurtri !

  6. 24/06/2010 11:05

    Je suis un peu comme toi avec Tati. Parce Tati, ça m’emmerde. Mais, je peux pas m’empêcher d’avoir une tendresse particulière pour ses films et notamment Les Vacances de Monsieur Hulot parce que mon grand-père a joué dedans.
    Et qu’à chaque fois, ça m’éclate de le voir à 13 ans.

    En revanche, j’avais beaucoup aimé l’atmosphère des Triplettes de Belleville, ça sentait bon le vieux Paris et la BO était juste parfaite (vive les Puppini Sisters).

    • 24/06/2010 11:19

      Name-Dropping de Grandad…

      • 24/06/2010 11:26

        En fait, il était figurant. Il est 35/40 secondes à l’écran, faisant du vélo et tenant la mis d’une petite demoiselle.
        Je te fais un name-dropping dans ta boîte mail, mais je pense pas que ça va te dire grand chose hein, parce que dans la vraie vie d’après, il était ingénieur dans le pneu (dédicace à Canard).

      • 24/06/2010 11:27

        Il est un peu comme moi ton Grandad : un rôle merveilleux dans un film, et une carrière magnifique dans le pneu. Ca doit être pour ça qu’on s’entend bien.

      • 24/06/2010 11:30

        Y’a clairement de ça ouai.

      • 24/06/2010 11:36

        Sinon, une « mis », ça n’existe pas.
        Donc c’est « main ».
        Hein.

      • La stagiaire permalink
        24/06/2010 13:37

        Pffrt, si seulement on parlait de cinéma africain ici, peut-être que je pourrais faire un peu de name dropping…

        Mais respect à ton Grandad, Henri (carrière dans le pneu, ça me fait penser au prochain film de Mr Oizo !)

    • 24/06/2010 11:21

      Bin justement, moi aussi j’avais vraiment beaucoup aimé les Triplettes…

      Autant là…. Force est d’admettre un arrière goût de déception de dedans ma bouche.

      Oui, c’est extrêmement joli, bien fait, l’histoire est sympa, les décors et lumières extrêmement bien rendus…
      Y a juste un truc que j’ai trouvé dommage..
      Je reproche juste le faux rythme, qui laisse une impression de flottement et d’attente… Certains trouveront ça volontaire, mais je pense pour ma part que pour ce genre de film d’animation, il faut un truc un peu plus pêchu, un rythme plus soutenu et un poil plus d’action, sinon, on se retrouve à une expo des amateurs d’aquarelles de Ronchin. Les Triplettes pour le coup, avaient un vrai rythme super entraînant.

      Un peu l’impression qu’on a eut un truc bien alors qu’on avait une piste pour un truc génial..Mais ça reste un bon moment. Un moment carambar, un peu…

      • 24/06/2010 11:35

        J’ai adoré les Triplettes, mais je ne suis pas sûr qu’on puisse en parler comme d’un film au rythme super entraînant.

      • Guillaume Pascanet permalink
        24/06/2010 11:41

        Y’a quand même une folle poursuite finale. Certes, en dodoche contre vélos, mais quand même !

      • 24/06/2010 14:33

        Je viens de lire que les Triplettes avaient 1300 plans, contre 400 pour l’Illusioniste…. Donc l’approche entre les deux est quand même complètement différente..

  7. 24/06/2010 11:12

    Je ne partage pas l’enthousiasme du Juif, sur ce coup-là.

    C’est vraiment parce qu’en ce moment, on subit une violente disette de bons films qu’on peut apprécier L’Illusionniste, dont le faux rythme a eu raison de mon désir de rester éveillé dimanche matin dernier… Mais j’imagine qu’on ne peut pas trop lui reprocher les longueurs, car c’est un peu le défaut des films de Tati.

    Avec du recul, Les Triplettes… que j’avais beaucoup aimé pourtant à l’époque me paraît, tout comme son dernier, un peu vide, surtout sur la fin.
    Je pense que Chomet devrait se limiter à des films de 30 minutes maxi, à l’instar de sa Vieille Dame et de ses pigeons, qui pour le coup est plutôt génial: http://www.youtube.com/watch?v=srODm62kBAw (1ère partie)

    Et une remarque: c’est assez normal que l’illusionniste ressemble à s’y méprendre à Tati, puisqu’il s’agit de Tatischeff himself (en tout cas, c’est le nom du personnage…).

    • 24/06/2010 11:29

      Au sujet de ta dernière remarque, je pense que ça n’avait pas échappé au Juif.

      • 24/06/2010 11:43

        Je me disais bien, oui; mais vue la tournure choisie, je me suis quand même demandé si c’était du 1er ou du 3e degré…

        Et encore merci d’être vous, btw; je vous ai découverts sur le tard, mais je ne regrette point.

  8. 24/06/2010 11:36

    Merci le Juif, L’illusionniste fait à présent parti de ma trop longue liste de films à voir.
    J’attends que cela sorte par ici…ainsi que Soul Kitchen …and so on….

    ( et une petite question un peu relou en passant…Comment change -t-on d’avatar??? J’en ai fait un nouveau mais c’est toujours l’ancien, so 2009, qui s’affiche…
    Bon c’est pas très important mais si quelqu’un/e pouvait me répondre…merci)

    • 24/06/2010 11:37

      Tu vas sur gravatar.com et tu remplace l’ancien par le nouveau.

      • 24/06/2010 12:15

        Et tu vides ton cache, hein.

      • solenka permalink
        24/06/2010 12:19

        Merci.

      • solennka permalink
        24/06/2010 12:24

        oups!…

      • Guillaume Pascanet permalink
        24/06/2010 12:25

        J’aime beaucoup Daria moi aussi, chère Solenka.

      • solenka permalink
        24/06/2010 13:28

        bien joué…petit clin d’oeil effectivement mais c’est aussi ma vision du monde en ce moment…: Sick Sad World…

      • Guillaume Pascanet permalink
        24/06/2010 13:35

        Moi aussi j’ai un petit coup de blues en ce moment.

      • solenka permalink
        24/06/2010 14:06

        Je trouve juste que le monde marche sur la tête, c’est tout…
        je ne faisait pas référence à ma vie personnelle.

      • Guillaume Pascanet permalink
        24/06/2010 14:11

        Moi de même. Ma vie personnelle va très bien, c’est le monde et en particulier la France qui me fait déprimer un tantinet.

        Question d’un non-geek : depuis le changement de world-press, je ne vois plus mon commentaire en bout de ligne lorsque je l’écris, ce qui est un peu gênant. Il n’y a que moi qui connaisse ce problème ou bien je suis vraiment définitivement une buse en informatique ?

      • 24/06/2010 14:17

        Je ne vois pas de quoi tu parles, mais je ne connais pas world-press…

      • Guillaume Pascanet permalink
        24/06/2010 14:22

        Word-press plutôt en effet.

        Dans la zône d’écriture sous « Laissez un commentaire » et les références du commentateur, ce que j’écris en bout de ligne ne m’est pas visible. Je ne sais si je suis clair.

    • nana permalink
      24/06/2010 13:17

      Soul kitchen, j’ai adoré.

      Surtout la scene, pendant la fête, le mec qui…

      Bon j’arrete c’est encore a tendance sexuelle je vais finir par me faire lapider.

      • 24/06/2010 13:29

        C’était hilarant Soul Kitchen.

      • solenka permalink
        24/06/2010 13:29

        oui et puis je n’ai pas encore vu le film…pas envie donc d’en savoir trop.
        Merci de ta compréhension.

      • nana permalink
        24/06/2010 13:45

        « J’ai baisé le fisc »

        T’enerves pas Solenka, je te jure que t’aura oublié cette phrase culte d’ici là.

      • solenka permalink
        24/06/2010 13:59

        Nana, je te trouve drôle.

      • nana permalink
        24/06/2010 14:03

        Humm j’imagine que le pas est silencieux mais bien present, vu ma lourdeur sur ce coup là.

      • solenka permalink
        24/06/2010 14:07

        oui bon alors considère alors que j’aime l’humour lourd 😉

  9. turquoise permalink
    24/06/2010 11:38

    de Tati j’aime énormément Les vacances de Monsieur Hulot (désolée mais je trouve ce film désopilant) que je revois réglièrement avec plaisir contrairement aux autres (Jour de Fête est considéré comme son chef d’oeuvre, Mon oncle et surtout Playtime ayant rencontrés moins de succès. la critique de Playtime fut carrément mauvaise donc c’est dommage si c’est le seul que tu as vu) et j’ai une tendresse pour ce Monsieur Hulot si années 50.
    l’affiche (M. Hulot/Tati est bien croqué) me donne envie d’y aller même si le côté Belle Epoque/Art Déco me semble anachronique (mais je ne connais pas le script) car j’y retrouve la tendresse du trait de Sylvain Chomet et j’ai totalement adoré les Triplettes (il y a un côté Toto le Héros dans son personnage de cycliste).
    par contre, les commentaires de ceux qui ont été voir le film me font du coup hésiter…

    • 24/06/2010 11:41

      Ne les écoute pas et vas-y!

      • 24/06/2010 14:01

        Magie toujours, hier j’ai vu « Le prestige » de C. Nolan, avec Hugh Jackman et Christian Bale. Et même D. Bowie (hein canard?)
        Vachement bien. Pourtant j’en avais pas du tout entendu parler.

        Juste dommage que Johanson soit la… Mais sinon, vriament bien.

        C’est pas complètement hors sujet quand même, on reste dans la magie..

      • nana permalink
        24/06/2010 14:07

        Moi aussi j’ai vraiment bien aimé ce film.
        Pis je trouve que le travail de Nikola Tesla est super interressant, donc…
        Bien que j’ai un doute sur le fait qu’il ai reussit a démultiplier les chapeaux , mais bon.

    • 24/06/2010 11:44

      Moins de succès pour Mon Oncle? Un grand prix du jury à Cannes et un Oscar, je trouve ça relativement honorable.

      • turquoise permalink
        24/06/2010 14:41

        c’est vrai pour mon Oncle, en fait je pensais surtout à Playtime voire à Trafic

  10. 24/06/2010 11:53

    Je ne peux pas trop parler du film en lui-même que j’ai trouvé un peu lent même si très beau et au final très émouvant, parce que je n’étais pas vraiment concentrée.

    Mais il y a quand même un truc qui commence à devenir très cliché (surtout dans les films d’animation il me semble) et qui m’énerve, (même si le film a été écrit il y a 50 ans), c’est la présence désormais quasi-systématique d’une histoire d’amitié bouleversante entre un vieux et un(e) jeune/enfant que tout éloigne au départ. Je l’ai déjà dit pour Mary and Max, c’était aussi le cas dans Up, c’est le cas ici. C’est quelque chose qu’on retrouve de plus en plus dans les films, les dessins animés, les livres, parce que ça marche, que ça fait pleurer les foules et que ça crée de belles histoires colorées. On sent la volonté de tirer des larmes à tout prix et ça devient un peu artificiel au bout d’un moment.

    Surtout quand on peut lire/relire La vie devant soi de Romain Gary qui a, mieux que quiconque à ma connaissance, exploité le filon de l’amitié vieux/jeune que tout oppose.

    • 24/06/2010 12:17

      Il me suffit de lire ce titre (la Vie devant soi) pour que ma journée s’illumine d’un soleil irradiant et que j’aie envie de le rererererererererererererererelire.
      Merci la Meuf de l’avoir écrit, donc.

      • lulu permalink
        24/06/2010 15:34

        Mais grave ! Ca me fait le même effet !

      • Guillaume Pascanet permalink
        24/06/2010 16:09

        Tu te fais rare chère Lulu ces derniers temps.

        M’autorises-tu à te dire que tu me manques ?

        Je me sens parfois (souvent) très complexé par la culturitude qui emprègne de ce blog. je n’ai lu de Romain Gary que « la promesse de l’aube », et très récemment encore.

      • 24/06/2010 16:13

        Emprègner, c’est comme enchapiner ou ça marche pas ?

      • lulu permalink
        24/06/2010 16:19

        C’est gentil Pascanet. Je reviens bientôt c’est promis.

      • Guillaume Pascanet permalink
        24/06/2010 16:32

        Merci Lulu.

        Henri> Zut !

    • la provinciale permalink
      24/06/2010 12:21

      on ne dit rien de méchant sur Mary & Max! Mon père a pleuré dessus en pleine séance .

      • 24/06/2010 12:27

        La Meuf a un coeur de pierre. Elle s’ennuie devant La Leçon de Piano, n’est pas émue par Les Vestiges du Jour, reste de marbre face à Mary & Max… Cette femme est un monstre de froideur.

      • 24/06/2010 12:53

        Je savais que tu dirais ça, je l’ai presque écrit d’ailleurs.

      • 24/06/2010 12:55

        Et je répète que j’ai trouvé la fin émouvante.
        Mais je n’ai pas pleuré.

      • 24/06/2010 13:40

        Alors que quand même, la Leçon de Piano, c’est un peu ultime lacrymalement parlant…

    • turquoise permalink
      24/06/2010 14:36

      ben ça change au moins des histoires d’amour, il n’y a quand même presque que ça dans le cinoche, disons qu’il y a encore de la marge pour le thème amitié transgénérationel avant de devenir galvaudé que l’amuuur. en tout cas, moi je n’en ai pas encore marre.

      • 24/06/2010 17:21

        Certes, mais des histoires d’amour ça arrive tous les jours, donc ça ne me choque pas d’en retrouver au centre de tous les films, livres, etc. Après, ça peut être plus ou moins bien traité, mais ce n’est pas le propos.

        Tandis que des amitiés trans-générationnelles telles que celles dont on nous abreuve ces temps-ci, c’est beaucoup, beaucoup plus rare. Ça me semble donc très artificiel. J’ai l’impression de voir le scénariste cherchant à tout prix à faire pleurer dans les chaumières se disant: « tiens, et si je foutais un vieillard isolé et une petite fille marginale qui se rencontrent et se lient d’amitié » et ça me dérange. On en voit trop pour que ce ne soit pas ça.
        (valable aussi d’ailleurs pour le best-seller l’élégance du hérisson devenu un film avec Balasko)

      • Philippe De Thrace permalink
        24/06/2010 17:44

        Des histoires d’amour ça arrive tous les jours ? Je pense quand même que la fréquence des histoires d’amour au cinéma est bien plus grande que dans la vie de tout à chacun – dans le sens où les histoires d’amour du cinéma se concentrent sur le début de l’histoire d’amour. Je me demande s’il ne s’agit pas d’un motif dramaturgique, au même titre que le motif vieux/gamin, seulement plus enraciné dans nos habitudes et nos attentes en face d’une oeuvre narrative, raison pour laquelle ça te semble moins artificiel.
        D’ailleurs, puisqu’il prend la même place dans la construction de l’histoire, le couple vieux gamin se justifie comme alternative au couple amoureux et est obligé de signifier que les deux personnages sont en dehors du champ de la passion amoureuse ( ou « romance » – voir la place anecdotique et finalement évacuée de l’amoureux de Mary dans Mary & Max), donc souvent veufs/marginaux/isolés/bizarres/alternatifs.
        Du coup, ces histoires se ressemblent un peu toutes, justement parce qu’elles sont relativement peu nombreuses et que les auteurs n’ont jusqu’à présent pas été obligés d’en diversifier les modèles pour être singuliers, contrairement aux histoires d’amour dont la typologie est très diverse parce que le genre est ancien, répandu et les codes si connus qu’il permet plus d’ellipses et d’inventivité.

      • 24/06/2010 18:38

        @La Meuf: SANS COEUR ! COEUR DE PIERRE!

      • Guillaume Pascanet permalink
        24/06/2010 18:43

        le pédé, tu es contradictoire : soit la Meuf est sans coeur, soit elle en a un mais de pierre, mais tes deux propositions sont inconciliables.

      • 24/06/2010 19:51

        @La Meuf: je suis tout à fait d’accord avec Phil de Thrace. J’ajouterai que pour les 3 exemples que tu cites (Up, Mary et Max et L’Illusionniste donc), le duo jeune/vieux n’est qu’une base dramaturgique et que les trois histoires ont autant de points communs que peuvent en avoir Coup de foudre à Notting Hill, Lost in translation et Two lovers pour la romance.
        Je te rappelle que ce qui fait le génie de la Vie devant soi, c’est la manière dont cette histoire est racontée et pas tellement le point de départ qui, lui, est somme toute banal(deux êtres que tout oppose, vivant en marge et qui vont trouver du réconfort l’un auprès de l’autre).

      • 24/06/2010 23:28

        @Le Juif: je ne suis pas du tout d’accord avec tes comparaisons, les trois exemples que je cite ont beaucoup plus de points communs que les trois romances que tu mentionnes, seuls les traitements de ces histoires sont très différents.
        En ce qui concerne la Vie devant soi, si la forme est primordiale, elle ne peut pas être dissociée du fond, c’est l’alliance des deux qui fait de ce livre un chef d’oeuvre.

        Enfin, Philippe et Le Juif, je maintiens que je trouve tout cela un peu artificiel.

      • Philippe De Thrace permalink
        24/06/2010 23:45

        Je ne dis pas le contraire, mais trouves-tu ça fondamentalement plus artificiel que les histoires d’amour ?

      • Philippe De Thrace permalink
        25/06/2010 00:02

        Et joyeux anniversaire !

      • 25/06/2010 00:09

        Merci Philippe, tu es officiellement le premier!

  11. 24/06/2010 11:53

    Cher le Juif,nous avons au moins deux points communs : Tati et les inrocks nous font chier. Non, au moins trois points communs, avec l’amour des triplettes (tintintintintiin pom-pi-do, wap wap, tintintintin wendez-vouou, wap wap). Ca suffit amplement pour que j’aille voir l’illusionniste, munie d’un mouchoir à carreaux.

  12. Guillaume Pascanet permalink
    24/06/2010 12:16

    Le juif > tu n’as vu que playtime ? Je ne l’ai jamais vu mais comme c’est le film qui l’a coulé, il est peut-être trop « tatiesque » pour une découverte de son oeuvre.

    Pour ma part, j’ai découvert Tati par Trafic que j’avais adoré. Mais j’avais 8 ans et donc les gags premier degré me plaisaient beaucoup. Je ne crois pas l’avoir revu depuis.

    Mais j’ai aussi beaucoup aimé « Mon oncle » et « les vacances de M. Hulot ». Toute cette poésie et cette délicatesse me séduisent beaucoup malgré le relent de nostalgie voire de passéisme.

    Et si les inrocks n’aiment pas l’illusionniste, c’est juste une raison de plus d’aller le voir, vu que ce journal est comme une boussole qui indiquerait le sud. Ce n’est pas eux qui avaient qualifié « le fabuleux destin d’Amélie Poulain » de pétainiste ce qui est absurde même quand on déteste Jeunet et Tautou ?

  13. 24/06/2010 12:55

    D’accord, d’accord, d’accord avec toi, triplettement d’accord.

    On me reproche régulièrement de ne pas savoir ce qu’est la vraie vie (celle que vivent les vrais gens), d’être nostalgique d’un passé qui n’aurait jamais existé.

    Et ben d’accord pour la réinvention d’un monde qui me convient à la place de celui que j’ai.

    Vivre Renoir et Tati, vivent ceux que j’aime!

    Et quant à ma fausse vie, je n’en ai pas d’autre et je continuerai à vivre dans l’illusion…

  14. 24/06/2010 12:57

    Qui ne rit pas à gorge déployée devant « Jour de Fête » n’

  15. 24/06/2010 12:58

    Qui ne rit pas à gorge déployée devant « Jour de Fête » n’a pas d’âme !

    • nana permalink
      24/06/2010 13:02

      Inquisiteur? Une de tes dernieres incarnations?

      • 24/06/2010 13:06

        Yep. Je suis très fort pour jeter l’opprobre.

      • nana permalink
        24/06/2010 13:11

        Oui je vois ça. Bon tu connais l’histoire de la poutre et de la paille? Parce que je te signale que des milliers de lecteurs attendent depuis bien longtemps ton deuxieme volet de cinephagie. Bon alors qui est ce qui n’a pas d’âme la dedans?

  16. 24/06/2010 13:15

    Je le finirais quand je le finirais. En attendant je dois aller voir L’Illusionniste.

    • nana permalink
      24/06/2010 13:20

      J’adore ce genre de reponse ou aucune replique n’est possible, puisque un gros sous entendu du style « je t’emmerde, je fais ce que je veux » y est present.

      • 24/06/2010 13:27

        En gros. Mais je te le dis autrement parce que je t’aime bien.

      • nana permalink
        24/06/2010 13:36

        J’espere surtout que c’est parce que tu auras compris que je m’adressais a toi l’esprit rigolard.

        Moi aussi j’t’aime bien et j’avoue developper de plus en plus de tendresse pour ton enorme nose ( en anglais c’est toujours plus classe)

  17. 24/06/2010 13:52

    Bien sûr que oui. (Mais mon nose n’est pas aussi gros en vrai…)

  18. 24/06/2010 15:22

    Je n’ai pas grand chose à dire sur le film en tant que tel, il est magnifique, et je suis sûr qu’il le sera toujours une fois que je l’aurai vu (ce soir, si je n’ai pas de rapport surprise à écrire pour demain) (coucou, je suis stagiaire), mais j’ai par contre un souvenir gratiné de Tati dont je n’ai vu que Playtime, qui n’est vraiment, vraiment pas drôle, mais vraiment, vraiment terrifiant. J’y ai eu droit au ciné du coin en début d’année dans le cadre d’un cycle de conférence sur les nouvelles pratiques de l’architecture durable – bizarrement, ça marche moyen avec les filles – et il se trouve qu’on y a eu droit, c’était chouette mais c’était pas pour rigoler vu qu’il était question « de mettre en exergue la ville nouvelle, la ville créée, la ville artificielle que critique Tati à travers une illustration tant acerbe que corrosive où l’homme devient un espace public », un truc comme ça.

    Soit.

    La projection devait se poursuivre par l’intervention d’un architecte italien payé des blindes pour que celui-ci nous explique l’articulation des problématiques urbaines à travers le cinéma. Au lieu de quoi il nous a parlé gonzesses pendant trois plombes, cheveux au vent, merci la clim, chemise ouverte sur poils, et lunettes de soleil. Comme je n’avais pas spécialement envie de niquer, je suis rentré regarder cet épisode de Friends auquel je pensais quelques minutes plus tôt, celui dans lequel Chandler va au cinéma et s’ennuie avec un architecte qui se trouve être sa belle-soeur cancéreuse (ou alors, c’était Plus Belle La Vie, je ne sais plus, j’ai oublié)

  19. môrice permalink
    24/06/2010 19:12

    Merci le juif pour ta critique sur ce film
    je cours le voir, j’adore TATI et j’ai adoré les triplettes de Belleville…….
    je dois voir celui là…..

    @La meuf… ne les écoute pas, tu as un coeur d’or, c sûr…

    @lulu..Bah Alor, tu necris plusdutout ma parole ………..

    @La meuf…Merci de faire ma culture livristique….je dois lire
    La vie devant soi ….je vais de ce pas l’acheter
    cela va peut être amélioré mon Orthographe…Hum…suivez ma pensé….

  20. 24/06/2010 20:53

    La vie devant soi, le meilleur bouquin du monde mondial, mon préféré, avec mme rosa, les femmes qui se défendent avec leur cul, le trou juif, le cancer qui pardonne pas, le dr Katz. Je crois que je le relis au moins 1 fois tous les deux ans. Oui Môrice, cours l’acheter!

  21. Madame Dame permalink
    25/06/2010 00:02

    Pour revenir sur cette soi-disant amitié intergénérationnelle… la jeune fille ne manifeste-t-elle pas dans un premier temps tous les signes d’une attirance amoureuse à l’égard du magicien ? N’y a-t-il pas cette scène où en revenant du travail, ce dernier ouvre la porte de la chambre de la jeune fille, puis la referme en soupirant ? La différence entre les personnages n’est pas comparable à celle de « Up », par exemple : ce n’est pas un vieil homme et une enfant, mais un homme mûr et une jeune fille. Je ne crois pas qu’il y ait réellement une histoire d’amour, encore moins d’amour impossible, mais tout de même, une forme d’attirance réciproque, embryonnaire, qui finalement ne se réalise pas. Je mets sur le compte de l’extrême pudeur du film le fait que cela soit passé inaperçu à la plupart d’entre vous. D’autant plus que tout est très ambigu du côté de l’illusionniste, qui regarde régulièrement une photo dont la dédicace finale à Sophie Tatischeff nous apprend que c’est celle de sa fille : on comprend donc que l’amour paternel se mêle à cette éventuelle attirance (qui me semble évidente, néanmoins), et on peut penser qu’il décide à la fin du film d’aller retrouver sa fille.

  22. Madame Dame permalink
    25/06/2010 14:31

    Il y a erreur, ce n’est que la deuxième fois que je poste un commentaire sur ce blog, et je n’ai jamais eu d’autre pseudo.

  23. Senseless permalink
    25/06/2010 16:56

    C’est quoi le problème avec les Inrocks ?

  24. Madame Dame permalink
    25/06/2010 22:29

    Je ne sais pas avec qui vous me confondez. C’est bien agréable, en tout cas, ce charmant comité d’accueil.

    • docds permalink
      25/06/2010 22:56

      on doit te confondre avec Georgina Dufoix qui plaidât jadis responsable mais pas coupable.

  25. heu permalink
    25/06/2010 23:55

    On dirait que c’est le même cartooniste que Les Aristochats.

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