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Chronologie Winsletienne

15/07/2009

kate-winslet-photo-steven-meisel-vanity-fair-12-2008-002-480x326Aujourd’hui sort (enfin) sur les écrans français The Reader, sept mois après sa première américaine. Entre temps, tous les pays du monde, jusqu’aux plus sous-développées, ont eu la chance de le voir. Sauf la France, bien évidemment. Parce que, tu l’auras deviné, cher lecteur, les distributeurs français savent que je suis un admirateur passionné de Kate Winslet, et le but central de leur vie est de pourrir la mienne. Du coup, je suis parti en week-end à Bruxelles au mois de Mars pour le voir, parce que je n’aime pas trop attendre. Et ouais, je suis comme ça.

Tout ça pour dire qu’en Février dernier, lorsque Kate a (enfin) gagné son Oscar, une personne que je ne nommerai pas, la regardant brandir fièrement son trophée sur une page de Voici m’a dit:

« Je pensais jamais qu’elle ferait autre chose que Titanic, celle-là. »

Après avoir fait manger son journal à ladite personne, je lui ai exposé une petite chronologie winsletienne que je m’en vais vous faire partager, en hommage à cette sortie fort retardée.

1975: Kate Winslet naît à Reading, en Grande -Bretagne. 1ere nomination à l’Osc… non, pas encore.

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1992: Kate Winslet a 17 ans. Se sentant prête à conquérir le monde, elle auditionne pour Peter Jackson, hurluberlu néo-zélandais réalisateur de comédies gore, qui la choisit parmi 175 jeune filles pour être l’héroïne de son prochain film, Créatures Célestes. ->

1994: Créatures Célestes sort au cinéma. Histoire vraie de deux jeunes filles à l’imagination débordante dont la relation fusionnelle eut des conséquences tragiques, c’est une oeuvre d’une sensibilité bouillonnante et d’une renversante puissance poétique, qui annonce la naissance d’un nouveau maître du fantastique. Dans le mille : quelques années plus tard, Peter Jackson réalisera la trilogie du Seigneur des Anneaux. Quelques milliards de spectateurs et une flopée d’Oscars plus tard, Créatures Célestes reste son chef d’oeuvre. Agée de 18 ans lors du tournage, Kate Winslet y fait les débuts cinématographiques les plus fracassants depuis Adjani dans Adèle H. Impressionnée, Emma Thompson (qui s’y connaît quelque peu en matière de jeu), ayant tout juste terminé son adaptation de Raisons et Sentiments de Jane Austen, la choisit pour interpréter Marianne Dashwood.

winslet_l1995: Sortie de Raisons et Sentiments. Considéré comme l’adaptation la plus parfaite de Jane Austen de l’histoire du cinéma, le film, réalisé par Ang Lee (Tigre et Dragon, Brokeback Mountain) reçoit l’Ours d’Or à Berlin et l’Oscar du meilleur scénario. Incarnant avec une passion peu commune les Sentiments du titre, et s’imposant sans effort face à des pointures telle qu’Alan Rickman, Hugh Grant, et Emma Thompson elle-même, Kate Winslet reçoit sa première nomination à l’Oscar*. Elle a 20 ans.

* Gagné par Mira Sorvino pour Maudite Aphrodite, qui inaugure une longue tradition d’actrices médiocres primées à la place de Kate les soirs de remises de prix.

1996: Première de la classe des jeunes actrices britanniques, Kate est l’Ophélie du Hamlet de Kenneth Branagh, le Laurence Olivier des années 90, passant avec mention très bien l’obligatoire examen shakespearien. Loin de choisir la facilité, elle enchaîne en incarnant Sue Bridehead dans la très belle adaptation par Michael Winterbottom de Jude the Obscure de Thomas Hardy, histoire d’écraser un peu plus la compétition.

1997: Titanic.

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A 22 ans, elle est l’héroïne du plus grand succès de l’histoire de cinéma, et roule des galoches immortelles à Leonardo DiCaprio. Le monde entier se focalise sur son gros derrière. Deuxième nomination à l’Oscar.*

*Gagné par Helen Hunt pour As Good as it Gets, ou comment une comédienne de sitcom a coiffé au poteau toute la royauté des actrices britanniques: Kate (!), Judi Dench (!!), Julie Christie (!!!), et Helena Bonham Carter (!!!!).

kate_winslet_holysmo11999: Décidée à ne pas être cataloguée héroïne de film en costumes, elle refuse Shakespeare in Love (qui vaut un Oscar à Gwyneth Paltrow!) et prend des vrais risques en se jettant toute entière (et toute nue) dans le très expérimental et très psychédélique Holy Smoke! de Jane Campion, qui laisse la plupart des spectateurs sur le carreau, mais lui permet d’ajouter  une cinéaste de génie et une grande création à son C.V.

Bien joué, Kate.

2000: Elle donne la réplique à Geoffrey Rush, inoubliable Marquis de Sade, en lingère attirée par le vice dans le délirant Quills de Philip Kaufman, sans doute la meilleure évocation cinématographique de la vie du Divin Marquis.

iris2001: Elle incarne une moitié de l’écrivain Iris Murdoch, partageant le rôle avec nul autre que Dame Judi Dench, dans Iris, festival de grandes performances d’acteurs, jamais distribué en France (forcément). Troisième nomination à l’Oscar.*

*Gagné par Jennifer Connelly, l’oeil mouillé et le regard vide, dans A Beautiful Mind, de Ron Howard.

2004: Formant un couple à la fois improbable et magique avec Jim Carrey, elle est l’héroïne du plus beau film de la décennie, Eternal Sunshine of the Spotless Mind, de Michel Gondry (tout droit sorti de l’esprit tordu et génial de Charlie Kaufman). 77_winsletSa Clémentine Kruczynski, à l’image de ses cheveux qui changent de couleur toutes les trois scènes, est une boule de contradictions, à la fois insaisissable et lumineuse, et Kate, maintenant un équilibre miraculeux entre comédie et drame, et refusant de se plier aux canons de la comédie romantique, façonne une figure vigoureuse, incarnée et fantaisiste, rappelant davantage les modèles des années 30-40 de Claudette Colbert ou Barbara Stanwyck que les ersatz édulcorés de ces dernières années. A ce jour, c’est sa création la plus mémorable. 4eme nomination à l’Oscar.*

*Gagné par Hilary Swank pour Million Dollar Baby, parce qu’Hilary Swank méritait vraiment un deuxième Oscar.

2006: Little Children, tranchante adaptation du roman de Tom Perrotta par Todd Field (In the Bedroom), lui offre un grand rôle de Bovary des suburbs, dans lequel elle déploie une fois de plus son talent à incarner des femmes passionnées en décalage avec leur milieu. Probablement trop inconfortable pour  le spectateur moyen, le film ne fait pas l’unanimité. Cinquième nomination à l’Oscar, à l’âge de 31 ans.*

little_children

*Gagné par Helen Mirren pour The Queen.

2008: Bien décidée à gagner (enfin) ce putain d’Oscar , Kate met les bouchées doubles.

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Tentative numéro 1: Revolutionnary Road (Les noces rebelles en français), adaptation du roman de Richard Yates par son mari Sam Mendes (American Beauty) et retrouvailles avec DiCaprio, un rôle typiquement winsletien;  elle y est parfaite, surtout dans une déchirante scène de petit déjeuner, mais peut-être un peu trop en zone de confort pour vraiment surprendre, ce qui ne l’empêche pas de remporter le Golden Globe de la meilleure actrice.

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Tentative numéro 2: The Reader, de Stephen Daldry (The Hours), adaptation du best-seller de Bernard Schlink, où, dans un total contre-emploi, elle incarne une femme sèche, fruste, dénuée de conscience. Cette fois-ci, pour ne rien laisser au hasard, elle a mis toutes les chances de son côté. Toute la panoplie est au programme: accent, maquillage, scènes de procès, holocauste. En prime, elle s’affiche sur la couverture de Vanity Fair proclamant sans gêne « Do I want an Oscar? You bet your fucking ass I do! »

2009: Bingo. Le 22 Février, elle remporte (enfin), à 33 ans, l’Oscar de la meilleur actrice pour The Reader. C’est Marion Cotillard qui le lui remet. Elle, elle a remporté le sien dès la première tentative. Normal. Comme quoi, être la meilleure n’est pas un avantage: c’est quand on montre l’effort qu’on gagne des prix. Le génie ne se voit pas, le travail force l’admiration.

Pas grave, la fin justifie les moyens, pas vrai?

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Congrats, Winslet!

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20 commentaires leave one →
  1. autre meuf permalink
    16/07/2009 00:28

    on pourrait presque croire que tu es hétéro quand tu parles d’elle…

  2. lacousinedujuif permalink
    16/07/2009 13:24

    cher Pédé,
    je te vénère… presqu’autant que LA Winslet

  3. 16/07/2009 13:40

    Ca tombe bien, j’adore être vénéré presque autant que vénérer mes actrices favorites!

  4. Laurent permalink
    16/07/2009 16:35

    2005 : Kate fait une apparition absolument exquise (dans son propre rôle) dans « Extras », l’excellente série de Ricky Gervais et Stephen Merchant, qui raconte la quête désespérée de son héros figurant de cinéma pour décrocher une réplique sur l’un des nombreux tournages fictifs auxquels ils participe. Elle est l’invitée vedette de l’épisode 3 de la saison 1. Sa contribution est à mes yeux (certes acquis) la plus remarquable – à ranger sur le podium avec les « Sir » Ian McKellen et David Bowie -, et prendra une consonance quasi prophétique tant elle s’y amuse à tourner en dérision la malédiction freinant absurdement sa course aux Oscars ainsi que le cynisme désabusé qui pourrait en découler. Interprétant le rôle d’une nonne au grand cœur dans un improbable film sur l’holocauste, cette Kate de semi-fiction gagne l’admiration sans bornes des figurants – sentiment qu’elle calme rapidement en exposant avec un punch inimitable son plan machiavélique : écoutez les gars, pour décrocher cette satanée statuette, c’est pas compliqué, soit on joue un débile profond, soit on sauve des Juifs… la lumière est au bout du tunnel !
    Hilarant effet de programmation : l’épisode connaîtra une suite dans le monde réel, aux Golden Globes, lorsque Ricky Gervais montera sur scène peu après elle, et ne pourra s’empêcher de la vanner en signe de félicitations : « Well done Winslet, I told you, do a Holocaust movie and the awards come, didn’t I? ».
    Clin d’œil compris de travers qui aura bien évidemment scandalisé l’ensemble des médias et généré un authentique moment de gêne !

    http://www.bbc.co.uk/comedy/extras/episodes/three.shtml

  5. 16/07/2009 16:52

    Je pensais être le seul en France à connaître cet épisode!

    « Schindler’s bloody list! The Pianist! Oscars coming out of their arses! »

    • Laurent permalink
      16/07/2009 18:09

      Merci pour la citation ajoutée, elle jure vraiment comme personne… Je n’avais plus les répliques en tête ; va vraiment falloir que je remate ça de toute urgence !
      Je ne sais pas si tu connais les bonus DVD de la série : il y figure une séquence impayable où les deux auteurs racontent comment tout leur petit scénario se trouvait menacé par une nouvelle nomination de Kate aux Oscars (pour « Eternal sunshine… », j’imagine) juste avant de tourner l’épisode. Pourtant fervents supporters de la belle, c’est avec jubilation qu’ils décrivent à quel point ils croisaient les doigts pour qu’elle ne l’ait pas cette année-là, dans le but pathétique de sauver leurs propres fesses.
      Elle aura donc eu le bon goût de patienter encore un peu, et ainsi, tout est bien qui finit bien 🙂

  6. 16/07/2009 18:24

    En effet, quoique j’aurais tellement préféré la voir gagner pour Eternal Sunshine…

    • Laurent permalink
      16/07/2009 19:01

      Moi aussi bien sûr, c’est certainement là un des rôles que je lui ai préférés (sans même parler du film !!). Il n’empêche que je me fais une joie d’aller voir « The Reader » d’ici ce weekend…

  7. La province permalink
    13/08/2009 18:28

    C’est moi ou elle est moche ?

  8. Crevette permalink
    13/08/2009 21:53

    Je n’ai pas vu beaucoup de ces (ses ?) films.
    Par contre, tu n’as pas parlé de Marrakech Express, et je l’avais trouvée magnifique dans ce film. Non pas que l’histoire eut été passionnante, mais Kate était criante de vérité, et c’est ce qui fait tout son charme dans chacun des films dans lequel elle joue.
    Il faut que j’aille voir The Reader…

    • 14/08/2009 11:52

      Non en effet, je n’ai retenu que les films clés de sa filmographie. Elle est effectivement très bien dans Marrakech Express (comme d’hab) mais ce qui m’intéresse le plus, c’est qu’elle ait choisi ce projet minuscule juste après le succès pharaonique de Titanic.

  9. 14/08/2009 02:24

    Tout le monde s’en fout, mais j’ai un big crush sur Kate. Je pense sincèrement que c’est la plus belle femme du monde. Et pourtant je suis pédé comme un panier de pique-nique.

    • 14/08/2009 11:54

      Non, non on ne s’en fout pas du tout, j’adore qu’on soit d’accord avec moi. Par ailleurs, je ne savais pas du tout que les paniers de pique-nique étaient tous homosexuels.

  10. Sounix permalink
    12/10/2009 05:03

    Complètement d’accord et quand je pense qu’Hillary Swank a reçu son deuxième Oscar pour Million Dollar Baby au lieu de Kate, c’est vraiment pour faire plaisir à papy Eastwood.

  11. Caro permalink
    21/10/2009 19:37

    Complètement d’accord. J’adore Kate, c’est une des actrices les plus talentueuses de sa génération et elle est magnifique (et pas refaite en plus). J’ai hurlé de joie quand elle a eu son Oscar, avant la cérémonie j’avais même juré de me faire hara-kiri si elle passait encore à côté !

    Je ne savais pas qu’elle avait refusé Shakespeare in Love mais elle a bien fait. J’ai détesté ce film et je suis allergique à Gwynouille Paltrow.

  12. la caro permalink
    29/10/2009 16:07

    oui, elle est top, Kate! Elle a joué aussi dans « La Vie de David Gale », avec le non moins topissime Kevin Spacey. Film malheureusement passé beaucoup trop discrètement dans les salles françaises…

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