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On t’aime, Patricia Clarkson

03/07/2009

Comment ça tu ne sais pas qui est Patricia Clarkson ?

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Alors tu vas me faire le plaisir de prendre des notes. Patricia Clarkson, c’est une actrice de génie, c’est une des plus belles voix du cinéma, c’est une déesse de l’écran. Si tu vois son nom au générique, sois assuré qu’il y aura au moins quelque chose d’intéressant dans le film que tu t’apprêtes à regarder.

Patricia Clarkson, tu l’as découverte en épouse un peu fadasse de Kevin Costner dans Les Incorruptibles, en 1987. A cette époque, tu ne te doutais de rien.

Mais au tournant du millénaire, avec un peu plus de bouteille, un physique plus marqué mais une féminité enivrante et une voix rauque incroyablement voluptueuse, elle a fait tourner la tête des cinéphiles en actrice allemande flamboyante et droguée dans High Art, puis fait pleurer les foules en épouse mourante d’un directeur de prison dans La Ligne Verte. Et elle s’est imposée comme la meilleure actrice de second rôle du cinéma américain.

La maturité lui seyant à merveille, elle s’épanouit tout au long des années 2000 : d’abord en 2002, dans le sublime Loin du Paradis, où, derrière la stylisation de son jeu années 50, elle construit un personnage multidimensionnel et inattendu. Inoubliable en sœur bohême et chaleureuse dans la série culte Six Feet Under (un rôle qui lui vaut deux Emmy Awards), elle est terrifiante en mère de famille aigrie dans Dogville, et d’une humanité bouleversante dans The Station Agent. Elle reçoit une nomination à l’Oscar en 2003 pour Pieces of April, et partage quelques scènes d’une drôlerie irrésistible avec Robert Downey Jr  dans Good Night, and Good Luck de George Clooney en 2005.

Ce qui nous amène à 2009. Après l’avoir fait apparaître dans un petit rôle (qu’elle épingle à la perfection) dans Vicky Cristina Barcelona, Woody Allen, séduit, lui en a offert un beaucoup plus juteux dans son nouveau film, Whatever Works, actuellement sur vos écrans. Woody a beau être un des dieux vivants de mon panthéon, je vais être parfaitement honnête: Whatever Works est une comédie paresseuse, aussi fatiguée que Vicky Cristina était fraîche. Mais allez-y.

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Allez-y pour voir ce que La Clarkson peut faire avec une caricature à l’arc narratif improbable, et une saucée de répliques signées Woody. Déboulant telle une tornade au milieu du film, elle lui assène un grand coup de défibrillateur. Grenouille de bénitier sudiste toute de rose vêtue, elle se métamorphose en quelques mois à New York en égérie de la scène artistique bobo, se jetant à corps perdu dans un ménage à trois ! Sauf que Woody ne lui a pas écrit les scènes de transition nécessaires entre ces deux états. Elle doit donc jouer l’avant et l’après, et nous convaincre que ces deux femmes archi-opposées sont bien la même personne. Impossible, me direz-vous. Pas pour Patty. Tout est là, expertement dosé : la femme libérée apparaît déjà en filigrane chez la bigote, et les vestiges de celle-ci sont encore visibles chez l’artiste polygame. D’un rôle doublement stéréotypé et franchement injouable, Patricia Clarkson fait le personnage le  personnage le plus incarné et le plus mémorable du film : hilarante, exaspérante, attachante, brisée puis s’éveillant au plaisir, sa création est improbablement réelle. Elle donne à Whatever Works sa raison d’être.  Ça n’est pas rien.

En attendant son prochain rôle, à la fin de l’année dans Shutter Island, le nouveau Scorsese.

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9 commentaires leave one →
  1. 03/07/2009 12:42

    La voix de Patricia Clarkson: un remède tres efficace contre les maux de ventre.

  2. 03/07/2009 13:09

    Paresseux et fatigué toi-même! Personne n’insultera Woody en toute impunité et sous couvert de compliments sans me marcher sur le corps avant!

  3. 03/07/2009 13:31

    J’étais fan de Woody avant ta naissance alors arrière!
    Mais l’honnêteté est une des vertus cardinale du cinéphile.
    Je te marcherai sur le corps s’il le faut.

  4. 03/07/2009 13:32

    Oui cardinale au pluriel je sais

  5. 03/07/2009 13:35

    J’ai un an de plus que toi connard!
    Et tu es fan de tout le monde donc ça ne compte pas!

  6. 03/07/2009 13:42

    Je suis fan de ce qui te semble être des milliards de gens parce que j’en CONNAIS un nombre incalculable (plus que tu ne peux imaginer même dans tes pires cauchemars).
    Toi tu connais huit personnes alors forcément tu ne peux pas être fan de plus de deux. Ignare.

    Et oui je n’ai pas eu besoin d’attendre ce banal événement qu’est la naissance pour aimer Woody. C’est dire à quel point je suis fan.

  7. 03/07/2009 13:46

    la bave du crapaud….

  8. 03/07/2009 13:48

    Et ça suffit de parler de Woody, on est la pour parler de Patricia, dont la voix ne guérit pas seulement les maux de ventre, mais également le cancer du foie, les oreillons, et les troubles d’érection.

Trackbacks

  1. 30 ans de Woody Allen, suite et fin. « C'est La Gêne

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