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Top 10 du jour: Les Actrices d’Almodóvar

16/06/2009

Dans le grande famille Almodóvar, tout vient à point à qui sait attendre. Fidèle, Pedro fait souvent appel aux mêmes collaborateurs, devant et derrière la caméra. Et pour une actrice, une apparition dans un de ses films, si brève soit-elle, peut se révéler un très bon investissement. Car le maître n’oublie rien, et finit souvent par les remercier avec un grand rôle taillé  sur mesure. La preuve par 10.

10. Carmen Machi

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Un petit rôle d’infirmière dans Parle avec elle, une scène coupée dans Volver, et bingo, Almodóvar offre à cette star de sitcom un showcase de rêve dans Etreintes brisées :  dans Chicas y Maletas, le film dans le film inspiré par Femmes au bord de la crise de nerfs, elle reprend le personnage de María Barranco et interprète la même scène à deux reprises, la première fois en prétendant jouer comme un pied, la seconde en révélant  l’actrice comique de génie qu’elle est en réalité, et ressuscitant en quelques minutes tout le cinéma d’Almodóvar des années 80. À tel point que le réalisateur, désireux de développer son personnage, l’a prolongé dans un court-métrage qu’il a tourné simultanément: La Concejala Antropofaga (La Conseillère Cannibale !). Pour ceux qui comprennent l’espagnol, vous pouvez le voir en cliquant ici.

julieta9. Julieta Serrano

Interprète de l’Almodovar des débuts, elle figure dans Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier, Dans les ténèbres, ou encore Matador, mais doit attendre Femmes au bord de la crise de nerfs pour recevoir le rôle qui lui vaut sa place dans le panthéon des actrices almodovariennes : ensemble sixties rose bonbon, maquillage au pochoir, perruque échevelée, deux flingues dans ses mains gantées, prenant en otage un motard dans les rues de Madrid, elle créait une des silhouettes les plus givrées et inoubliables de la galerie de personnages du cinéaste.

8. Loles León

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Son apparition hilarante de standardiste exaspérée dans Femmes au bord de la crise de nerfs lui a sans nul doute valu le rôle de la sœur de Victoria Abril dans Attache-moi.
Sa présence chaleureuse, sa vulgarité bon enfant et son tempo comique foudroyant y font merveille, et font regretter qu’Almodóvar n’ai fait appel à elle qu’une seule fois par la suite, pour un minuscule (mais drôlissime) cameo dans Parle avec elle.

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7. Cecilia Roth

Cette actrice argentine a fait partie de l’univers d’Almodovar dès Pepi, Luci, Bom..., dans des rôles de jeunes filles délurées. En 1982 elle est l’inénarrable nymphomane Sexilia du Labyrinthe des Passions, puis apparaît encore brièvement dans Dans les ténèbres et Qu’est ce que j’ai fait pour mériter ça ?, avant de s’évaporer pendant une quinzaine d’années.
Il faut attendre 1999 pour que Pedro finisse par se souvenir d’elle et lui offre un come-back dramatique à contre emploi, la plaçant  au centre de son chef d’œuvre Tout sur ma mère où elle bouleverse en mère fracassée par la mort de son fils.

blanca

6. Blanca Portillo

Seulement deux films pour Almodóvar et déjà une place de choix. Voisine mourante dans Volver, elle surprend dans l’univers du cinéaste par sa sobriété, son jeu d’un calme lumineux.
Celui-ci lui offre alors le rôle délicat de la directrice de production/confidente, porteuse de lourds secrets, dans Etreintes brisées.
Avec la même simplicité à communiquer des émotions contradictoires, Blanca Portillo illumine son personnage tout en préservant sa part essentielle de mystère, et en fait le plus complexe et le plus émouvant du film.

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5. Rossy de Palma

Probablement la plus célèbre, Penélope exceptée, grâce a son physique d’un baroque sans égal, sa présence décalée assure à n’importe quel film un quotient de folie immédiat. Après une apparition dans La loi du désir, elle est la fiancée autoritaire d’Antonio Banderas dans Femmes au bord de la crise de nerfs puis dealeuse dans Attache-moi. Mais c’est en bonne lesbienne dans Kika et en sœur exaspérée de Marisa Paredes dans La fleur de mon secret que son énergie comique brille avec le plus d’eclat.

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4. Chus Lampreave

Almodóvar ne lui a jamais offert de rôle principal, mais elle est à ce jour, avec Carmen Maura, l’actrice qui est apparue dans le plus grand nombre de ses films. Elle est aussi probablement la plus sublimement drôle et touchante de tout son cinéma. Vieillarde depuis près de trente ans, on la retrouve souvent dans des rôles de concierges ou d’aïeule à moitié sénile. Difficile de choisir parmi sa galerie d’excentriques, mais son sommet est probablement la mère indiscrète de Marisa Paredes dans La Fleur de mon secret.

3. Marisa Paredes

marisa

La plus divaesque de divas almodovariennes. C’est son apparition dans Dans les tenebres qui la mène aux trois créations grandioses que Pedro a concoctées pour elle : Becky del Paramo, star ultime et mère indigne dont l’ombre ne cesse d’éclipser Victoria Abril dans Talons aiguilles; Amanda Gris, la romancière délaissée de La fleur de mon secret, et Huma Rojo, l’Actrice, croisement entre Margo Channing et Myrtle Gordon, dans Tout sur ma mère.
Peu d’actrices peuvent se vanter d’avoir soutenu la comparaison avec Bette Davis et Gena Rowlands dans le même film.

2. Penélope Cruz

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Elle est déjà une étoile montante du cinéma espagnol lorsque qu’elle accepte de faire une apparition dans le prologue d’En chair et en os. Bonne idée puisqu’Almodóvar, séduit, fait à nouveau appel à elle pour interpréter la bonne sœur enceinte et tragique de Tout sur ma mère. Le succès international du film la mène à Hollywood où entre interprétations désastreuses dans une série de navets et romance embarrassante avec Tom Cruise, elle se ridiculise rapidement. C’est alors qu’Almodóvar lui donne enfin un rôle principal dans Volver. Saisissant l’occasion, Penélope se surpasse et renaît de ses cendres, transfigurée par la caméra d’un Pedro complètement in love, invoquant les fantômes d’Anna Magnani et de Sofia Loren pour créer son personnage de mère courage à la sensualité apocalyptique. Pari réussi : elle chope une nomination à l’Oscar et devient l’actrice la plus célèbre de l’histoire de son pays. Elle fait un détour chez Woody Allen, nettoie le plancher avec Scarlett Johansson en une poignée de scènes et gagne un Oscar au passage, avant de revenir chez Almodovar dans Etreintes Brisées, plus éblouissante que jamais, et de provoquer des vagues d’évanouissements dans les salles de cinéma du monde entier.

1. Carmen Maura

carmen

Penélope ou pas, la Maura restera à tout jamais l’icône la plus emblématique du cinéma de Pedro Almodóvar. Complice du cinéaste depuis ses débuts en Super-8, elle est de tous ses films de 82 à 88 (à l’exception du Labyrinthe des Passions). Elle est Pepi dans Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier, Sœur Perdue dans Dans les ténébres, Gloria, l’inoubliable héroïne de Qu’est ce que j’ai fait pour mériter ça ?, premier grand film de Pedro. Elle apparaît encore dans un second rôle dans Matador avant le doublé gagnant de La Loi du Désir et Femmes au Bord de la Crise de Nerfs. Dans le premier, elle est le transsexuel Tina et dans le second, Pepa, l’actrice télé larguée par son amant. Dans ces deux rôles conçus sur mesure pour la mettre en valeur, elle déploie sa personnalité iconoclaste et son abattage comique hors du commun et crée les figures les plus marquantes de l’univers d’Almodóvar. Cette collaboration trop intense débouche sur une séparation personnelle et professionnelle. Carmen s’en va travailler avec Carlos Saura ou Alex de la Iglesia, restant l’une des actrices les plus importantes d’Espagne, et tourne aussi à l’étranger. 18 ans après leur brouille, le cinéaste désormais consacré et son ancienne muse se retrouvent pour Volver, sous les yeux émus des cinéphiles du monde entier. Carmen Maura y interprète la mère fantasque et fantôme de Penélope Cruz, établissant un lien poignant entre les comédies de l’Almodóvar période Movida et ses mélodrames d’aujourd’hui.

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2 commentaires leave one →
  1. Vincent Quénault permalink
    14/11/2009 04:39

    D’accord sur Carmen Maura n°1, j’adore d’ailleurs…
    Par contre en 2 je mettrais sans doute Victoria Abril, avant même Penelope.
    Elle a quand même eu trois rôles primordiaux dans le cinéma d’Almo, dans « Attache-moi », « Kika » et surtout « Talons aiguilles ».

  2. La Grosse permalink
    29/06/2011 10:39

    Merci.

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