Une étoile est née (il y a un moment déjà).
Il n’est pas de triomphe plus grisant que celui qui consiste à découvrir et reconnaître la singularité d’un artiste longtemps avant les autres et d’attendre patiemment le moment où le reste du monde finira, avec 10 trains de retard, par avaliser l’évidence dont vous vous étiez fait le prophète. Laurent Boyer ne vous dirait pas autre chose.
J’ai ressens cette ivresse de la prémonition lorsque je vois Alexandre Desplat, l’un des plus grands compositeurs de musique de films de notre temps, être aujourd’hui courtisé par les producteurs hollywoodiens pour composer la musique des films les plus prestigieux. Je me souviens de ce jour de 2001 où par une après-midi pluvieuse j’allais voir "Sur mes lèvres" de J. Audiard et lorsque sortant du cinéma, enivré par les mélopées composées par le compositeur français, je me ruais dans la Fnac la plus proche pour acheter la BO du film qui venait de me bouleverser afin de l’écouter en boucle jusqu’à ce que mort s’ensuive. Mais comble de l’injustice, le vendeur du rayon musiques de films m’informa que je ne trouverais rien de tel dans ses bacs pour la bonne et simple raison que le disque n’existait pas. Les adagios d’Alexandre étaient donc perdus à jamais…10 ans après, aucun producteur de film n’aurait la frilosité/pingrerie/incompétence suffisantes pour reproduire cet impardonnable impair que j’étais le seul à décrier en 2001.
C’est ce sourire satisfait et l’air entendu de ceux qui savent tout et cela bien avant les autres, que nous avons ces derniers jours, le Pédé et moi, lorsque nous entendons le commun des mortels s’extasier sur Ryan Gosling dans "Drive", le dernier film de Nicolas Winding Refn.
Pour nous, l’explosion de Gosling n’a rien d’une surprise car nous l’annoncions dès ses toutes premières prestations dans "The believer" et "Murder by numbers" (Barbet Schroeder); je me souviens d’avoir été impressionné par le magnétisme vénéneux avec lequel le déjà très charismatique Gosling avait composé ces personnages de skinhead juif et de psychopathe criminel. Toutes les facettes du talent de l’acteur que nous admirons aujourd’hui dans "Drive" étaient déjà là, peut-être encore plus impressionnantes à l’époque car contenues dans le corps frêle d’un jeune gars d’à peine 20 ans. Car Gosling a la particularité d’avoir l’intensité de Brando, la grâce de Clift, la bogossitude décontractée de Paul Newman, la nervosité contenue d’Al pacino-première époque et le grain de folie d’un Nicholson.
Mais s’amusant à nous faire mentir à son sujet, Ryan a pris son temps; il a décidé qu’il n’allait pas tout de suite embrasser le destin de star mondiale que nous l’exhortions à assumer. Il a donc enchaîné les films oubliables, a eu le temps de devenir le fantasme de hordes de dindes avides de mélodrames sirupeux, laissant la voie libre à de jeunes loups blondinets qui n’ont malheureusement ni son talent, ni son dilettantisme. Mais cette année, Ryan a visiblement choisi de se mettre au travail en tournant beaucoup et surtout dans les bons films du moment.
Quelques mois après avoir tourné le couteau dans nos plaies avec son rôle dans "Blue Valentine" et quelques semaines avant la prometteuse passation de pouvoirs qui s’annonce entre George Clooney et lui dans "The Ides of March", Gosling nous étourdit en ne faisant presque rien dans le coolissime "Drive".
Le film de Nicolas Winding Refn est un concentré sexy de tout ce dont les fondus de cinéma noir de mon espèce se repaissent.
Un criminel solitaire au coeur tendre traîne son spleen dans une ville inhumaine, corrompue mais foutrement cinématographique, Los Angeles. Le jeune asocial travaille dans un garage, fait le cascadeur pour l’industrie du cinéma et se fait de petits extras en faisant chauffeur free lance dépannant les braqueurs en tous genres. Il vit une existence spartiate, mâchonnant avec flegme un cure-dent dans son appartement triste jusqu’au jour où il fait la connaissance de sa voisine de palier. La jeune femme au visage de chérubin est une sorte d’ironie sur pattes dans cette cité qui n’a d’angélique que le nom. Ils vont se croiser, se frôler, se sourire timidement, échanger des bouts de phrases sans jamais rien faire. L’état de grâce dure jusqu’au retour de taule du mari de la demoiselle qui laisse à penser que l’on s’achemine vers un trio amoureux classique; mais le mari clamse rapidement, laissant croire à un rapprochement définitif des deux amants. Mais comme dans toute bonne tragédie, les choses ne peuvent pas se passer aussi bien…
Cette oeuvre est de celles qui sont suffisamment créatives et originales pour se permettre de décliner sans complexes leurs multiples influences; plane en premier lieu sur "Drive" le fantôme de Michael Mann (fantôme, car si Michael Mann n’est pas mort, il est du moins dans le coma). Qu’il s’agisse de filmer les vues vertigineuses de la ville en métal ou les réseaux autoroutiers sinueux censés connecter les individus entre eux mais ne contribuant qu’un peu peu plus à l’isolement et la solitude de chacun, Refn montre la mégalopole dans le sillage de ce qu’avait fait Mann pour "Collateral".
Motifs graphiques donc, mais aussi thématiques: le personnage de Gosling rappelle de manière troublante les "héros" de la mythologie de Mann, ces criminels pour lesquels l’excellence opératoire se paye au prix d’une infinie solitude (Frank/James Caan dans "Thief", McCauley/De Niro dans "Heat" ou encore Vincent/ Tom Cruise dans "Collateral"). Mais Gosling apporte à son personnage une note dont ses prédécesseurs manniens étaient dénués: il ne semble pas être amoché physiquement ou moralement par les conséquences de ses actes, ce qui donne à son personnage un aspect irréel un peu décalé.
Mais le film bascule lorsque celui-ci est rattrapé par la violence qu’il côtoie depuis toujours: pour survivre lorsque l’on est entourés de bouchers, on doit se comporter en boucher. C’est là la vraie nature du jeune homme sans nom qui se révèle au moment de l’insoutenable scène de carnage; le beau visage de Gosling maculé de sang et pétrifié par la nervosité, recule peu à peu pour se loger dans la pénombre. La mascarade du jeune gars sensible et prévenant cesse précisément au moment où le chauffeur enfile le masque de cascadeur pour tuer celui qui a juré sa mort; la face en plastic, hideuse car dénuée de toute expression humaine, est le reflet de la psychologie du chauffeur: il n’est personne sinon une froide machine à tuer, sans passé ni avenir; un simple ersatz de Leatherface, le sympathique déséquilibré de "Massacre à la tronçonneuse".
L’histoire de "Drive" est donc celle d’une authentique tragédie qui met en scène le deuil d’un amour. De la même manière que Leatherface serait incapable de renoncer à sa tronçonneuse pour vivre paisiblement avec une potentielle bien-aimée, le chauffeur/Gosling ne peut pas tirer un trait sur sa nature dérangée pour partir avec celle qu’il aime. Leur premier baiser dans l’ascenseur est un donc un baiser d’adieu; le point de départ et le point d’arrivée étiré à l’infini, insouciant à la mort qui rôde, en dehors du temps. Le dernier moment rêvé avant que tout ne dégénère pour de bon. Après "Drive", le déluge donc.






there’s something abouuut youuuuu
Pas encore vu Drive, mais Ryan m’a retourné la face sévère dans Blue Valentine. De la graine de champion !
Certes, mais Albert Brooks alors?
J’aurais pu parler d’Albert Brooks, de la B.O, de la cinématographie etc. Mais le but était quand même de poster avant la tombée de la nuit non?
Shabbat shalom
Je ne comprends pas la blague.
Joyeux Tabernacle
Et le blouson en satin ? C’est quasiment un personnage à part entière, on s’attend même à ce qu’il prenne la parole. C’est peut-être l’accessoire le plus vilain de l’histoire du cinéma mais il souligne à la perfection cette ambiance "eighties" qui flotte entre deux bourrages de pifs ( la BO est excellente ).
Certes, mais half nelson alors ?
Pas vu encore.
Il est phénoménal dans Half Nelson, même si le film ne m’a qu’à moitié convaincu.
Enfin, "Drive", c’est pas du niveau de "Fast and Furious"…
http://www.lexpress.fr/culture/cinema/drive-une-femme-porte-plainte-contre-une-bande-annonce-trompeuse_1038846.html
si seulement c’était possible de faire ça en France.
Putain, je ne comprends absolument pas en quoi on peut trouver Ryan Gosling beau !?! Un visage monolithique rallongé à outrance, des petits yeux trop rapprochés, un long nez, un menton en avant ; si on aime les statues moaï de l’Île de Pâques alors oui, on peut le trouver beau… Mais sinon, non quoi !
Et puis ce film, quel ennui, quelle branlette intellectuelle : tout en surface et rien en profondeur… Non vraiment, je ne comprends rien à ces critiques dithyrambiques partout dans les médias…
tu peux argumenter ?
Bon pour la beauté c’est subjectif, OK !
Mais pour le film, je ne sais pas comment argumenter sinon de dire que je me suis ennuyé à voir quelqu’un me faire l’inventaire de toutes les techniques modernes de pure épate : couleurs métalliques, travelling au millimètre, vues de la ville d’en haut la nuit (comme n’importe quelle série américaine), scènes de violences hyper stylisées et froides, très gros plans type macro, etc. Mais l’histoire, où est l’histoire ? Le réalisateur est danois ? Je l’ai bien senti…
Et sinon, tu insinues que les danois ne savent pas raconter des histoires?
C’était une boutade… Évidemment que les Danois savent aussi bien filmer que les autres.
Mais je peux quand même dire que ce film est pompeux et chiant à mourir. C’est vide et creux. Parfois ça semble tellement stylisé et vain que les gens dans la salle finissent par rire ! Une fourchette plantée dans l’œil et les spectateurs se marrent : c’est quoi ce bordel ?
Et l’histoire ? Même dans le propre film, c’est vertigineux, une phrase résume l’histoire. De mémoire : il y a plus de 3000 braquages par an à Los Angeles et il a fallu que tu le fasses avec le mec de la gonzesse… Comment est-ce crédible ???
Et la scène romantique cucul au bord d’une vieille rivière dégueulasse?
et que fais-tu de ces scènes de poursuite dantesques où tu as l’impression d’être DANS la voiture grâce aux angles de vue et au travail sur le son du rugissement du moteur.
Que fais tu de ces scènes où le réalisateur joue avec nos nerfs (l’attente avec le tictac de la montre) pour nous faire sauter en l’air avec un coup de feu cinq fois amplifié.
que fais-tu de ces scènes où on voit arriver l’inévitable au ralenti (post braquage et dans le motel) et où on se jette presque avec le driver.
Que fais-tu de l’ambiguité du personnage du driver, qu’on prend pour un autiste léger désirant se lier avec quelqu’un alors que c’est un monstre de violence froide ?
Que fais-tu des scènes de Brooks, véritable saloperie, où tu sais que le plus horrible arrive sans pouvoir dire quand.
Que fais-tu des scènes t’informant de l’histoire de manière intelligente sans avoir à te taper un déroulement linéaire tuant le rythme.
Que fais-tu des scènes t’expliquant de manière intelligente ce qu’il faut voir sans te prendre par la main par des artifices vraiment bien utilisés(la vraie nature dud river, le baiser, la scène de l’ascenceur)
et aussi l’icônisation du driver avec son symbole de scorpion, symbole prenant tout sens quand il mentionne la fable du scoprion et de la grenouille, nous éclairant lui-même sur sa vraie nature.
Hé ben !!!
Tout ça pour un "film d’action" qui a l’air vu et archi-revu (d’après les diverses descriptions faites ici).
Marian, je suis stupéfait par la stupidité de cette remarque. Pour te donner un exemple, sur le papier, "No Country For Old Men" est un thriller vu et archi-revu. Sauf qu’en fait non.
Ma remarque est en effet stupide … mais franchement, vos commentaires ne me donne pas envie de me taper un autre "Collateral" doublé d’un soupçon de "Hana-bi".
Et je trouve vraiment marrant que tu cites "No Country For Old Men", car c’est peut-être de dernier film qui m’a réellement allumé ces dernières années …
@ Le Latin: "il y a plus de 3000 braquages par an à Los Angeles et il a fallu que tu le fasses avec le mec de la gonzesse… Comment est-ce crédible ???" En fait t’as pas regardé le film… Si mes souvenirs sont exacts, il a décidé d’aider le mari de sa voisine a s’en sortir, et donc il fait le driver pour lui au moment du braquage. Ce n’est pas du tout par hasard qu’il se retrouve la…
@Le Latin:
2 choses:
-Ta description de Ryan Gosling ressemble foutrement à la description que je fais habituellement de moi-même, ce qui ne me réjouis pas qu’un peu.
-Le terme "branlette intellectuelle" est réservé aux bars PMU depuis 1974.
Le latn a raisn. Est-ce qu’n s’appelle Rfn?Ces dnois snt ridicules.
1) La beauté passe par des détails ; je ne me permets pas de juger de ta beauté cher Pédé !
2) Bah moi j’ai envie d’utiliser toutes expressions qui m’enchantent, désolé d’être un plouc…
Bar PMU ??? Ah oui merde il fallait dire "je plussoie" ou encore "mais tellement ". Eh le pede get a grip c’est seulement un blog. J’aime bien moi "branlette intellectuelle" . Ca qualifie asez bien tes articles, qui sont ,au demeurant ,qulequefois bien tournes.
Je reprends: je laisse le concept de branlette intellectuelle aux gros beaufs, parce que je considère que ce que certains nomment branlette intellectuelle -et que d’autres nomment réflexion ou analyse- est l’activité la plus noble qui soit, et seul un gros beauf incapable de s’y adonner aurait l’idée d’en faire une terme dérogatoire.
Par ailleurs "je plussoie" est sans doute l’expression la plus hideuse du cosmos.
Je ne suis pas d’accors sur ce point avec toi le Pédé. A partir d’un moment, ça devient si abscon que seul le type qui énonce l’analyse peut encore comprendre ce qu’il dit. Ce qui rend le terme de "branlette intellectuelle" tout à fait justifié.
Pas dans le cadre de cet article, cependant : quand c’est compréhensible, c’est que ça se partage. Si ça se partage, ce n’est plus, par définition, de la branlette.
Il est beau parce qu’il porte plus qu’admirablement le jean. Rien que pour ça, il mérite d’être canonisé!
Il porte remarquablement bien ses t-shirts aussi ! Ses biceps et deltoïdes sont sublimes.
Il a quand même commencé dans "Hercule junior"…!
entièrement d’accord avec tout ce qui est dit: Drive laisse son empreinte dans notre rétine, dans nos oreilles (quelle BO!). Tout ce que j’espère, c’est que Papy Clint ne mette pas le grappin sur ce prodige (non, non, je ne m’emballe pas du tout) et qu’il ne nous le transforme pas en Di Caprio…
J’ai une affection particuliere pour ces artistes qui finissent par exploser, ou du moins etre reconnus, sans que l’on puisse mettre le doigt sur pourquoi et comment c’est arrive. Le danger c’est qu’apres les avoir enfin encenses, on finit par ne plus les aimer, voir les railler. Je me souviens de Ryan Gosling dans ‘The believer" film qui m’avait particulierement touchee a une epoque ou, juive orthodoxe comme lui dans le film, j’envisageais serieusement d’envoyer ad patres tous les orthodoxes de mon entourage, je me demandais comment le scenariste avait eu vent de mon funeste projet afin de l’adapter au cinema et surtout, je trouvais que Ryan avait un nez un peu long pour jouer mon role. J’adoptais donc Ryan avec ferveur. Et je l’ai aime ( oui, meme dans "The Notebook") je l’aime et je l’aimerai
"Car Gosling a la particularité d’avoir l’intensité de Brando, la grâce de Clift, la bogossitude décontractée de Paul Newman, la nervosité contenue d’Al pacino-première époque et le grain de folie d’un Nicholson." ok, j’ai joui par anticipation là…
La comparaison vaut ce qu’elle vaut mais ce film m’a refait penser à animal kingdom (caractère du héros et sa finalité, travail sur les ambiances, violence brusque et brutale arrivant de nulle part, les monstres aux visages d’amis, espoir du happy end)
Et maintenant, si j’ai bien compris, faut que j’aille le voir. Mais j’ai peur un peu. Quand j’ai vu Blue Valentine, j’ai largué ma copine… Là, je risque quoi?
Je lis le premier § et je dis non, il n’y a rien de plus grisant que d’être soi-même un artiste.
Et en plus il fait de la bonne musique, quel homme ce Ryan !
Il y a longtemps que je n’étais pas ressorti aussi électrisé par un film.
Des scènes d’action à couper le souffle, une lente mélopée lyrique et bucolique pour ensuite sombrer dans l’horreur du réel.
Mais cette BO, CETTE BO. Je l’ai écouté plus que de raison! Les synthés pop eighties, la voie, pour une fois très suave, de Lovefoxxx pour l’ouverture.
Et le thème de Real Hero, très mécanique et artificiel, qui est distillé tout le long du film.
Tout est admirable dans ce film qui a réussi a recréer la même tension que j’avais senti dans No Country for Old Men.
« J’ai jeté le hot-dog sur Tiger Woods car j’ai été inspiré par le film Drive. Une fois le film terminé, je me suis dit : "Il faut que je fasse quelque chose de courageux et d’épique." ».
Un film qui ne laisse personne indifférent donc.
J’ai découvert Gosling dans Blue Valentine (ce qui fait que j’ai vu deux comédies romantiques acceptables dans ma vie, avec Eternal Sunshine (je ne compte pas la science des rêves qui n’est pas classable)) et je l’ai aimé dès la bande-annonce. Le truc c’est que tu peux pas le trouver beau en photo, parce que son visage est pas spécialement harmonieux, symétrique et bien proportionné. Il est comme Kirsten Dunst, pour les apprécier à leur juste valeur il faut les voir à l’écran, parce que c’est comme ça qu’ils ont le plus de charme.
Pour revenir au film même (que j’ai vu il y a 4 heures) je comprends pas trop le parallèle avec Collateral.
Alors oui c’est un film américain avec un mec qui conduit une voiture et une fille qui malgré elle est source de problèmes. Mais si c’était un critère de comparaison tous les films américains seraient les mêmes.
Drive est différent de Collateral parce que la violence n’est pas glorifiée. Elle est montrée pure. Je fais parti des spectateurs qui ont ri pendant les nombreux meurtres parce que je suis pas choqué par la violence, mais parce que celle du film m’a fait réagir et qu’elle m’a surpris. Elle n’est pas logique comme celle des blockbusters et mine de rien c’était intéressant.
Donc pour abréger, je trouve bizarre que personne n’ai fait le rapprochement avec A History of Violence (David Cronenberg) déjà parce que les scènes d’actions sont à peu prêt filmées de la même manière, et parce que les deux films racontent la vie d’un homme qui est aspiré tourbillon de violence de façon très brutale et qui peine à en sortir.
Enfin moi ça me paraît naturel.
han putain tu fais partie des tocards qui rigolent sans raison pour des scènes n’étant pas drôles du tout, un quart de ma salle était mort de rire quand on le voit le visage maculé de sang ou quand il tue dans l’ascenceur; ce ne sont pas des scènes drôles bordel !
je te hais, meurs.
Comparaison plutôt juste effectivement.
Mais le personnage est différent, si Tom Stall est un homme moyen apparemment banal, le Driver est une incarnation romantique du mythe du héros.
Merci le Juif pour ce beau papier. Je suis bien contente que le grand public découvre enfin Gosling, depuis la dizaine d’année que je le suis il était temps, il le mérite.
Blue Valentine, une comédie romantique?
Non. Clairement pas. Mais je trouvais pas le nom du genre, je voulais pas mettre inclassable et j’ai checké Google rapidement, qui m’a donné ça.
Alors quoi? Drame?
Au fait pour répondre au Branleur. Si c’était drôle. Ryan met la pression à toute la salle pendant une heure en parlant jamais ; il me mettait mal à l’aise (mais dans le bon sens du terme, si c’est possible). Les scènes de violence sont tellement exagérées, le coup de rasoir dans le bras et la fontaine de sang qui s’échappe au bout d’à peu près 0,001s je l’ai pas oublié. Ni Ryan qui tue le mec dans l’ascenseur à coup de bottes après un baiser fougueux. Ni Ryan qui se balade tranquille dans la ville avec son blouson plein de sang. Alors voilà, comme devant Rambo, j’ai ri. Surtout que je m’étais pas attaché aux personnages, qui auraient pu être différentiables autrement que par leur physique d’ailleurs : le héros réservé, le moche cupide, le boiteux radin.
moi aussi, j’étais mort de rire quand dupontel éclate un visage à coups d’extincteur dans Irreversible, et la scène du viol : TEL-LE-MENT DROLE !
Ben oui drame. Evidemment, quoi d’autre?
ce sont des scènes montrant à quel point il est désaxé, à quel point c’est un monstre de violence froide, à quel point le monde autour n’a que peu d’attaches sur lui, pas des putains de scènes comique.
Soyons discordant! Drive? Drive! Ok, belles images, c’est Vogue shooté en zone, Ryan Gosling minimalisme et expressions botox (alors que lui n’en a pas!!)! Scenario bien connu, presque du Zola.
Super Casting, la minette avec enfant larmoie, le mari sortant de prison a le type du gars qui sort de tôle, les méchants en ont la gueule. Et les courses de voitures a la Bulitt?Non plus, clopinettes. Pas étonnant qu’une spectatrice américaine ( il n’y a qu’eux!!) ai porté plainte pour pub mansongère!
Conclusion? AMHA: Esthétique, pratiquement que de l’esthétisme!
la forme est le fond qui remonte à la surface.
Joliment dit.
C’est toujours finalement le but : que fond et forme coïncident, se renforcent l’un l’autre.
oui certes, mais combien de fois, aussi, on se dit qu’un type est génial et en fait il ne confirme jamais ? C’est l’histoire des meilleurs espoirs tout ça, et en fait on ne les voit plus jamais après leur premier film (ce qui n’est pas le cas de Mélanie Laurent, mille fois hélas).
Ryan Gosling ne se contentait de "films oubliables". Il bossait sur son magnifique projet musical Dead Man’s Bones. C’est quand même dommage de l’avoir oublié.
Je ne dois vraiment pas comprendre grand-chose au cinéma (oui, j’ai conscience que cette entame peut être utilisée contre moi) mais la mise en scène et les images classieuses ne me suffisent pas.
Ryan Gosling, hum… Au-delà de l’impression persistante qu’un acteur à qui on demande un jeu ultra minimaliste assorti de dialogues peu fournis aura 10 fois plus de chances d’être porté aux nues (100 fois plus pour un rôle de sourd muet !), je ne l’ai pas trouvé si convaincant. Un mec introverti à ce point qui balance des sourires à tour de bras dès qu’il voit la fille ? La scène du bar aurait suffi non ?
Pour le reste, je veux bien que l’exercice de style soit réussi, mais un film comme Animal Kingdom m’a scotché à tous les niveaux (B.O. très efficace par exemple) alors que Drive est certes beau mais son scénario reste pauvre, mal ficelé, et le réalisateur n’a visiblement rien à carrer des incohérences qui le parsèment (justification du 2ème casse…). Avec mention spéciale pour la voiture sans une égratignure, tous phares allumés, alors qu’elle vient d’en éclater une autre en l’envoyant 30 mètres plus loin.
Bref, la première demi-heure m’a plu, le reste m’a profondément ennuyé.
C’est drôle, parce que personne ne parle du réalisateur, Nicolas Winding Refn, qui nous a quand même offert le merveilleux et glaçant Valhalla Rising et la trilogie incroyable de violence et d’humanité des Pushers.
Alors ?
Et "Bronson" ! Ryan Gosling est certes un acteur qui confirme tout le bien qu’on pensait de lui depuis un certain temps ("Danny Balint" est effectivement un film mineur avec un acteur majeur), mais quid de l’hallucinant Tom Hardy dans "Bronson" ?
Quant à Winding Refn, la singularité de sa trilogie "Pusher", de "Bronson" et même de son "Guerrier silencieux" m’avaient tellement impressionné que "Drive" m’a un peu déçu. Comme Bob-pendant-sept-minutes, j’ai beaucoup pensé à Cronenberg, mais en plus clinquant, et à Michael Mann, mais – du coup – en moins surprenant.
J’veux juste dire si c’est pas déjà fais – et que même si j’ai aimé le film – qu’il parait difficile de garder 2 phares intactes après avoir poussé Nino sur la plage… Ceci dit… Alors bien sûr, ça assure le spectacle, les phares dans la nuit, mais pour la mise en scène, c’est cinéma cinéma. Enfin, j’me comprends! :-s
dans les incohérences y a aussi le fait qu’il se remet de son hémorragie débutante rien qu’en s’asseyant au volant !
Qui dit qu’il s’en remet ? C’est juste à la fin du film non ? Alors ok, la dernière image c’est le driver filant sur la route, donc on peut dire qu’il est miraculeusement guéri par la reprise du volant et que ce n’est pas très crédible. Mais pour moi, ce driver a quelque chose d’une légende urbaine. C’est peut-être plus tiré par les cheveux, mais on peut aussi imaginer qu’il est mort, et qu’il est devenu un fantôme hantant Los Angeles en voiture. On peut aussi imaginer qu’il a réussi à se trainer chez quelqu’un qui l’a soigné (comme quand il se prend une balle dans le bras), et que si on le voit de nouveau au volant, c’est qu’il est soigné et fuit vers une autre ville, pour tout recommencer.
Et hop! Dans la liste de downloads…
OH NON ! Je me bat bec et ongle pour décourager tout le monde d’aller voir ce film ! Vu avec un collègue qui a adoré tout ce que j’ai détesté ! La musique répétitive (et bien trop forte au MK2 bastille), RYAN GOSLING ??? Je ne l’avais jamais vu et c’était très bien ! IL NE FAIT RIEN ! Il me fait penser à Bale dans American Psycho, mais plus au gars qui joue Dark Vador jeune et dans Jumper : un physique de beau gosse totalement inefficace et un jeu déplorable. Et les dialogues oh mon dieu. Le public riait. Dans les moments horribles de "je te regarde dans les yeux, tu me regardes dans les yeux, oh oui" et pendant les scènes de violences grotesques. Je ne vois rien pour sauver le film, si ce n’est un suspens, une tension qui fonctionne dans les scènes d’action (bon principe que de rester dans la voiture, on ne sait pas ce qui se déroule dans entrepôt ou chez le prêteur sur gage). Le reste, oui, c’est de la branlette, mais avec la main gauche, on n’y croit même pas. LE PERSONNAGE RECULE DANS L’OMBRE, sérieux, on peut faire plus cliché ? Alors oui c’est peut être voulu mais encore une fois, où est l’originalité ? Un film construit de cliché, on a déjà vu, un acteur sans émotions apparentes, idem. LE SCENARIO ? LES CADRAGES ? J’étais mal à l’aise tellement j’avais l’impression d’être devant GTA san adreas LE FILM. Je préférerai m’acheter une play 3.
J’aimerai bannir le souvenir de ce film, de ma mémoire, et de l’histoire du cinéma.
Ma plus grosse déception depuis The Killer Inside Me.
Ah zut ! J’ai encore "liké" un article du Juif !
Désolée, je n’ai pas pu m’en empêcher.
Sérieusement, j’ai la flemme de le faire moi même, mais au vu des commentaires, et de votre entourage, y a plus de gens qui ont aimé, apprécié, adoré, compris, trouvé intéressant Drive, ou plus de gens qui ont trouvé ça merdique, mauvais, mal foutu, parodique, même "pas top" à la rigueur ?
Non mais tu te crois où ? A l’institut TNS Sofres ?
Tu peux pas te faire un avis par toi-même ?
Mon avis se situe deux commentaires plus haut sale gnou. Mais ça me soulève tellement que j’ai besoin de savoir, je crois que je vais demander un sondage à l’insee oui.
Parfois, j’ai l’intime conviction que certains des commentateurs ont pour seul but d’être différents des autres, quelque que soit le sujet observé. C’est ennuyeux, cette "originalité" et esprit de contradiction à toutes épreuves.