Boy meets girl
En exclusivité et à l’occasion de la sortie du très beau Blue Valentine qu’il faut se presser d’aller voir 3 ou 4 fois (si le film vous donne de sévères envies de tailladage de poignet, vous pouvez enchaîner avec le joli Medianeras qui vous mettra un peu de baume au coeur), voici mon top des plus beaux “Boy meets girl movies” de tous les temps. Cette liste est tout à fait aléatoire car elle correspond à mon humeur du jour qui aura évidemment bien changé dans 72 heures. À titre d’avertissement, vous n’y trouverez pas de comédie romantique car même dans le meilleur des cas (cf: Quand Harry rencontre Sally), il est difficile de ne pas voir dans ce genre peu spontané (et forcément tue-l’amour) un ensemble de recettes appliquées avec plus ou moins de savoir-faire. Donc à tous ceux pour qui amour au ciné rime avec Ashton Kutcher + Jennifer Anniston, vous pouvez tout de suite migrer sur Lemonde.fr et lire les dernières infos. C’est parti.
Before Sunrise, de Richard Linklater
Un film que je n’ai découvert que très récemment. L’histoire d’un gars (Ethan Hawke) et d’une fille (Julie Delpy) à peine sortis de l’adolescence et qui se rencontrent dans un train traversant l’Europe. Il descend à Vienne, elle s’arrête à Paris. Le courant passe mais voilà, le train arrive en gare de Vienne et c’est déjà l’heure de se séparer: le garçon juste avant de descendre et de quitter cette jeune femme qu’il ne reverra sans doute jamais, lui propose alors de l’accompagner dans les rues de Vienne en attendant le départ de son avion pour les USA le lendemain au lever du jour. La jeune femme accepte de descendre pour cette errance nocturne au cours de laquelle elle se livrera plus qu’elle ne l’a jamais fait. Cette nuit viennoise est un condensé de vie amoureuse: il faut se dépêcher d’aimer avant que le soleil ne se lève et que la magie s’évanouisse. Un régal.
Holy Smoke, de Jane Campion
J’aurais pu vous parler une fois de plus de La Leçon de piano ou de Bright Star mais cela a déjà été fait ici. Et comme, malgré tout, un top des plus belles histoires d’amour ne peut pas se faire sans que Jane Campion soit de la partie, j’ai donc choisi de vous parler de Holy Smoke, l’un de ses films récents les moins connus: l’histoire de deux êtres qui croient tout savoir de la vie et de l’amour. Elle (Kate Winslet) est australienne, elle a 20 ans et a pour projet de s’établir définitivement en Inde afin d’épouser un gourou local déjà marié plusieurs centaines de fois. Lui (Harvey Keitel) est américain, il a dépassé la cinquantaine, se teint les cheveux et la moustache. Il a été missionné par la famille de celle-ci pour la désenvouter car c’est son métier. Mais voilà, le berger va finir par se perdre en tombant éperdument amoureux de la jolie brebis égarée. À voir pour l’un des rôles les plus symboliques de la carrière de Kate Winslet. Et accessoirement aussi pour Harvey Keitel qui réussit à porter la robe sans rien perdre de sa minéralité.
In the mood for love, de Wong Kar Wai
Difficile de ne pas voir dès les premières minutes que ce film est un classique en puissance. Hong Kong, fin des années 60. Lui loue une chambre et fume avec une classe folle; elle est sa voisine et porte son visage comme on porte un sublime masque de porcelaine. Elle est mariée, lui aussi. Leurs conjoints respectifs ne sont jamais là, trop occupés qu’ils sont à les tromper elle et lui, ensemble. Ils se croisent dans les couloirs, se saluent timidement. Et puis, ils dînent ensemble pour conjurer leur solitude. Ils mangent silencieusement l’un en face de l’autre car c’est la seule activité charnelle que la loyauté conjugale leur autorise. Un film qui magnifie ces petits riens qui trahissent la vie et les moments de fébrilité contenue. In The mood for love nous fait chérir ces fragments d’amour sans pour autant en faire de quelconques promesses.
Le Dernier tango à Paris, de Bernardo Bertolucci
Lui est au bout du rouleau, tandis qu’elle n’a pas encore commencé à le dérouler, le rouleau. Rien ne les disposait à s’intéresser l’un à l’autre. Ils vont pourtant trouver un un lieu et un langage communs: un appartement sans meubles pour y pratiquer le sexe pur, sans fioritures et sans politesse. Mais cet équilibre requiert des règles: ne surtout pas faire émerger le social (et potentiellement l’amour “bourgeois”) dans ce refuge en évoquant sa vie de dehors ou même en indiquant son nom: la relation s’en trouverait très vite corrompue. Mais l’accord finit par voler en éclats, laissant place à la passion mortifère et à l’amour inconditionnel. Un film légendaire qui montre les merveilles qu’un cinéaste de génie peut faire à des acteurs non consentants (Brando et Schneider renieront par la suite ce film qu’ils considèreront comme une expérience destructrice).
Brokeback Mountain, de Ang Lee
Le premier qui fait une mauvaise blague sur la présence de ce film dans un article intitulé de la sorte, je le claque. Avant cela, il y eut une tradition plus ou moins implicite du cinéma homosexuel (comme le dit beaucoup mieux le Pédé que moi ici). My Beautil Laundrette et Happy Together, autant de films remarquables mais confinés à la sphère du cinéma art et essai. Mais avec Brokeback Mountain, c’est le monde entier qui a chaviré pour cette histoire d’amour entre deux cowboys. Si le chef d’oeuvre d’Ang Lee a eu autant de retentissement, c’est peut-être tout simplement grâce à l’universalité de ce qu’il raconte: le bonheur n’est jamais aussi éloigné que lorsqu’on le touche du doigt.
Annie Hall, de Woody Allen
Après l’avis de décès prononcé la semaine dernière par le Pédé, il convient de se recueillir une minute sur ce que fut l’oeuvre de Woody Allen: s’il ne fallait en garder qu’un, ce serait sans prendre trop de risques Annie Hall, film mythique qui, de la même manière que la trilogie Star Wars ne l’aurait fait avec des planètes imaginaires, nous a fait découvrir un monde peuplé de gratte-ciel, de castratrices sionistes, de divorces, de jeunes femmes cachant leur leur fébrilité derrière un cynisme de façade, de psychanalystes omnipotents, d’auteurs de sketch névrosés, de coffee shops ouverts toute la nuit…Annie Hall doit surtout être vu comme un brillantissime cours de dissection de la relation amoureuse.
Les Vestiges du jour, de James Ivory
Le film qui ferait passer les amants de In The mood for love pour des chaud lapins siciliens au sang qui bouillonne. L’amour n’a-t-il aucune chance d’être caressé lorsque l’on a été toute sa vie au service des autres? Anthony Hopkins interprète peu de temps après le très romantique Hannibal Lecter le très opaque Mr Stevens, majordome de son état, pour qui sens de la vie se confond avec sens du devoir. Lorsque la nouvelle gouvernante Miss Kenton (jouée par la solaire Emma Thompson) arrive dans la propriété, c’est tout l’équilibre de Stevens qui s’en trouve ébranlé. James Ivory a le génie de filmer ce manoir comme un royaume mental garantissant à son souverain la quiétude des lendemains sans joie ni peines. Si vous lisez ces lignes et que vous n’avez toujours pas envie de voir Les Vestiges du jour, c’est que vous ne méritez pas de vivre.
Sur la route de Madison, de Clint Eastwood
J’ai déjà évoqué ma passion sans bornes pour le plus féminin des films de Clint. Ce film, l’air de rien, est une petite révolution. Tout d’abord parce que le “Boy meets girl movie” dans l’esprit des gens n’est pas synonyme de “Mature lonely man meets frustrated country housewife movie”: à l’heure du totalitarisme jeuniste, une entreprise comme celle-ci est presque aussi couillue qu’un Brokeback Mountain. Révolution également d’un point de vue narratif car le film a l’audace de prendre son temps: comme dans la vie, là où il y a séduction il y a des accrocs, des blancs, des atermoiements, des tentatives soldées d’échec, des frôlements: là où le cinéma tend à gommer toutes ces aspérités, Eastwood décide d’en faire le coeur de son film. Il en tire la plus pure des tragédies qui voit Robert Kincaid (Clint) et Francesca Johnson (Meryl Streep) renoncer à un bonheur hypothétique car allant à rebours de leur nature respective. C’est l’histoire d’un amour qui ne peut survivre qu’à travers les souvenirs et par le truchement de quelques vielles photos gondolées. Le film à conserver dans un abri anti-atomique pour montrer aux aliens qui le découvriront de quel bois les humains se chauffaient.
Eternal Sunshine of the spotless mind, de Michel Gondry

Le début, la fin, la routine assassine, les espoirs, les déceptions, les regrets, l’attraction, l’ennui progressif, l’excitation, la confiance, la joie, le mépris, les fou-rires, la suspicion, le jeu: TOUT ce qui fait la matière d’une relation amoureuse est présent dans le monument de Charlie Kaufman Michel Gondry. Une oeuvre si dense qu’elle parvient dans sa conclusion être aussi triste que la plus sombre des tragédies raciniennes et aussi réconfortante que le plus naïf des “feel good movies”. Joel et Clementine savent qu’ils vont en chier et que, d’une manière ou d’une autre, ils vont droit dans le mur. Mais comme le rappelle Woody à la fin de Annie Hall, ils décident de tenter leur chance ensemble car “ils ont besoin des oeufs”. Ultime.












Justement, j’ai vu Blue Valentine hier et je n’arrête pas d’y repenser depuis… ce film donne envie de tomber amoureux, quitte à en chier après, parce que le jeu en vaut la chandelle.
Merci pour ce joli article, je fonce louer ceux que je n’ai pas déjà vu !
Il y en a un avec Sophia Lauren, et Mastroianni je crois qui raconte un homme et une femme qui se retrouvent après les décès de leurs conjoints respectifs, après s’être aimés en secret toute leur vie. Je ne dis pas qu’il doit être dans ta liste (je ne me permettrais pas) mais pourrais-tu m’aider pour son titre ? Merci et merci pour la liste aussi, j’en ai quelques uns à voir !
LOREN, bordel!
Tu pourrais l’aider le Pédé fais pas ta pute
Connais pas.
Oups pardon !
“Lauriote”, je pense que le film que tu cherches est “Mariage à l’italienne” de Vittorio De Sica.
Ça me rappelle un superbe épisode de Rhaa lovely de Gotlib, (mais sans Loren et Mastroianni)
Merci beaucoup Davidgeridoo, et sinon j’adore ta coupe !!
Et encore ! Tu n’as pas vu ma mèche auburn flotter au ralenti quand je course le zèbre. C’est de toute splendeur.
Diantre, je n’ai guère vu que “Annie Hall” dans cette liste. Mais sinon je suis d’accord pour conseiller à tout le monde d’aller voir “Medianeras”, ne serait-ce que pour le sourire renversant de Pilar Lopez de Ayala, dont je suis désormais éperdument amoureux. Et parce que c’est un bon film, aussi.
Que Annie Hall dans cette liste? Mais arrête tes conneries.
Si. J’ai pourtant “In The Mood For Love” en DVD mais j’ai jamais réussi à le mettre en VO, donc j’ai pas regardé. Quand à “Madison”, je me dis depuis des années qu’il faut que je le voie, et j’oublie. Idem pour “Eternal Sunshine”, bien qu’il faut que j’avoue que sa grande popularité quand j’étais au lycée m’aide à déculpabiliser.
Et ça joue les cinéphiles. Non mais j’vous jure.
Belle liste. Je n’ai pas vu Before Sunrise, je le mets dans un coin merci.
Le dernier film à m’avoir fait cet effet-là est Dans ses yeux. Même si ce n’est pas seulement une histoire d’amour, poils dressés pendant une bonne partie du film.
J’ai par contre beaucoup de mal avec In the mood for love, j’arrive pas à rentrer dedans.
Et Amélie Poulain bordel! Amélie!!! (j’reprends ma lecture)
(mais oui t’as le droit d’avoir tes gouts a toi, m’enfin hein, Amelie amélie)
Et Brève Rencontre? Et It Happened One Night? Et Bringing up Baby? Et Breakfast at Tiffany’s? Et Vacances Romaines? Et The Way We Were? Et The Lady Eve? Et La Femme de l’année? Et Bonnie & Clyde?
Donc bon, on va pas pleurer pour Amélie.
Katharine <3
le pédé, j’te force pas a pleurer si tu veux pas
“The way we were”. OUI OUI OUI!!!
Concernant Before Sunrise, c’est un super film, mais je lui ai préféré sa suite, bien plus noire et torturée: Before Sunset, chaude recommendation donc.
Sinon un petit point sur quelques petites fautes (des répétitions) :
- Dans le paragraphe “Dernier Tango” : “un un lieu”
- Dans le paragraphe “Annie Hall” : “leur leur fébrilité”
Un grand merci pour cette liste qui complète ma liste “Films to see”
@ Coquillette: Je confirme, The way we were est à voir!
Je note, je note…
Ton plus beau billet, le Juif. Sensible, équilibré, de bon goût, c’est tout toi, du moins ce que tu laisses paraitre de toi ici.
Et je ne dis pas cela pour quémander une réponse de mon idole. Sa description de “in the mood for love” est la meilleure que j’ai jamais lu. C’est difficile de décrire un tel film. Saurais-tu faire de même avec “l’odeur de la papaye verte” ?
Merci Guigui, tes mots me touchent beaucoup. Pour répondre à ta question, je serais bien incapable de parler de “L’Odeur de la papaye verte” car je ne pense pas l’avoir vu. À moins que je ne le confonde avec “A la verticale de l’été”…Je ne te cache pas que j’ai du mal à me passionner pour le cinéma asiatique qui m’est presque totalement hermétique (Wong Kar Wai, Zang Yimou et Kurosawa mis à part). J’essaie vraiment de rectifier ce préjugé beauf mais à chaque fois que je vais voir le dernier Kim Ki Duk ou le nouveau Hou Hsiao Hsien) je quitte invariablement la salle au bout de 15 minutes.
C’est dire à quel point “In The mood for love” représente pour moi une sorte de miracle.
Même Locataires chez Kim Ki Duk ?
Je suis une handicapée profonde en matière du cinéma (je tombe d’ennui au bout de 20 minutes en général) et ça ne m’a pas empêchée d’adorer, tu devrais essayer si tu ne l’as pas déjà fait.
Ah mais je ne suis pas du tout accroc au cinéma asiatique. C’est juste que pour avoir vu ce film à la TV, je suis resté fasciné devant comme rarement alors que, franchement, il ne se passe jamais rien. Je suis à peu près incapable d’expliquer ce qui me plait dedans, sauf qu’il me fait beaucoup de bien.
Idem…
Héhohého la papaye n’est plus très verte mais elle sent pas, faut pas exagérer non plus. (Roucas, sors de ce corps).
oulalaaaaaaaa 21:28 on va dire que t’avais pris un ENORME apéro pour justifier tout ça !
Gnagnagna, t’as oublié le smiley.
je suis sous traitement. ça va mieux.
Vraiment bel article, en effet. C’est bête mais je ne sais pas si je dois te remercier car ça me remue méchamment de repenser à tous ces films…
Enfin merci quand même pour la piqure de rappel puisque je n’ai toujours pas vu Le Dernier tango à Paris. Sinon, j’ai un très bon souvenir de Before Sunrise, pas vu la suite, mais Julie Delpy m’insupporte, sans que je ne puisse dire pourquoi!
“Premiers baisers ?”
Premier baiser oui, mais qui ne date que d’une semaine, donc rien à voir avec ma jeunesse! Faudra que je trouve “L’odeur de la papaye verte”…
Heu en fait je parlais de la sitcom dans la quelle elle a débuté et dans laquelle elle jouait la peste de service… du temps de la mienne, de jeunesse (surtout celle de mes soeurs, surtout..
Euh, tu es sûre de ne pas confondre ?
Ah oui, je confonds.
Sorry
*va se cacher*
Tu confondais avec qui ? La passion Béatrice était sortie avant cette série AB, me semble-t-il (moi aussi j’ai une petite sœur), et Justine était un boudin pas possible sans charisme et sans talent.
Avec la méchante.
La suite de Before sunrise, c’est Before sunset (attention ne pas lire la page wikipedia, spoiler), sorti dix ans après. Un peu décevant, mais quand on ne peut pas s’empêcher de se demander s’ils y sont allés 6 mois après, il faut le voir !
J’ai préféré Before sunset personnellement. Il est beaucoup plus subtil, il prend son temps et du coup, laisse plus de place aux jeux de Delpy et Hawk . Peut être aussi parce que je l’ai vu avant Before sunrise qui m’a paru en comparaison bien plus cliché.
@ Leslie: Ah oui, c’est vrai, je m’en souviens! Pas évident à assumer comme débuts…
Apparemment je confondais : les deux nénettes se ressemblent un peu…
Alors before sunrise, je l’ai découvert l’hiver dernier et j’ai tellement adoré que j’ai enchaîné sur la suite: Before Sunset, moins “magique” mais bon, j’étais tellement attachée aux personnages que ça m’a bien plu quand même!!
Sinon, dans la liste, il y en a qq uns que je n’ai pas vus, je note!!!
Oh Le Juif, je suis tout émotionné par ton article.
Tes descriptions sont concises, précises et dévoilent toute l’essence de ces films, tout ce qui fait leur beauté (enfin pour ceux que j’ai vu i.e. In the mood for love, Eternal Sunshine et Brokeback Mountain).
Tu me donnes envie de voir tous les autres. Je me mets à cela dès juillet.
Si on rajoute à cela les tops du Pédé, j’ai pas fini.
Je dois avoir passé l’age de la romance, ces films ne m’ont pas laissé de souvenirs impérissables.
C’est comme moi, depuis que j’ai dépassé les 50 ans, je ne regarde plus rien d’autre que Miss Daisy et son chauffeur.
Pour vous réconcilier: Harold & Maud.
Oui, ou alors j’ai regardé trop de films muets.
hahahahaha
Merci.
Ayant vu et apprécié la quasi totalité des films présentés, je dois dire que les prestations de Clint et Méryl restent un moment lent et merveilleux qui fait fondre mes glandes lacrymales à chaque fois.
Bon, je sais que tu en as éliminé un grand nombre, mais qu’en est il de ‘Out of Africa’, alors ? Ca égaliserait les points entre Kate Winslet et Meryl Streep.
Il fallait que Eternal Sunshine y soit.
Tu m’as donné énormement envie de voir tous ceux que je n’ai pas encore vus, merci.
Putain. Pour une fois que j’ai vu tous les films cités.
Immense tendresse envers Brokeback pour la sobriété touchante d’Heath Ledger, la musique, la chemise, les paysages, les vaches et parce que Jake Gyllenhaal est vraiment une femme superbe.
Mouais, autant Blue Valentine c’est exactement ça et ça fait plaisir et ça manque et c’est raccord avec cette foutue saison, autant Medianeras c’est plutôt mou et longuet, du ciné indé en devenir, beuh.
Et Beginners est au même moment en salle, et même si c’est un peu comique, et même si Mélanie Laurent, c’est mieux (Christopher Plummer, bordel).
Mais cette liste, qui est un exercice casse-gueule, me plaît, et je note les trois que je n’ai pas vu (Holy Smoke, Vestiges du Jour et Before Sunrise), dès fois que le gris dure.
Les effets émotionnels de Eternal Sunshine et de In The Mood of Love sur l’intérieur de moi-même sont juste indescriptibles. Heureuse de savoir qu’ils font partie de ta liste.
Par contre, je me mets Holy Smoke dans un coin.
“Jude”, Michaël Winterbottom
Merci le Juif. Jolie liste. Même si ça rouvre de vilaines plaies.
Le “French Love”, le “Je t’aime moi non plus”, bien qu’absent de ton palmarès, se doit d’être représenté par un des nombreux bijoux de Christophe Honoré.
Et si t’es assez souple, tu peux lécher ta chatte en pensant à Louis Garrel.
Quel être sensible et romantique ce juif. On a envie de t’offrir des fleurs.
OUIOUIOUI pour Eternal Sunshine, qui me fait mourir d’amour.
Information qui n’a rien à voir, mais emplie de gêne: Eva Mendes dans la pub Angel http://i.models.com/i/db/2011/6/50552/50552-800w.jpg verybadtrip.
Aïe mes yeux. Mais aÏe global pour toutes les pubs Angel, tu me diras. Sinon, merci le Juif, je m’en vais regarder Holy Smoke de ce pas (et pourquoi pas re-revoir les huit autres, tant qu’a y être).
Heuu, c’est une robe la barbe à papa bleue ?
Liste très sympa et bien solide.
Il me manque juste “She’s so lovely”, avec Robin Wright (bon oui je suis fan) et Sean Penn, de Nick Cassavetes (seul truc bien qu’il ait fait je crois).
L’amour a l’état brut.
Violent, honnête, éternel.
J’avais un plutôt bon souvenir de “She’s lo lovely” jusqu’au jour où je l’ai revu. Et là, je me suis mis à détester ce film: j’ai eu l’impression d’un catalogue de clichés sur la déchéance et sur le motif des amants écorchés vifs. Nick Cassavetes filme avec complaisance le visage tuméfié de Robin Wright (si émouvante d’habitude) qui, de son coté, en fait des caisses avec ce personnage d’oiseau brisé. Et que dire de Sean Penn dont l’arc dramatique de l’histoire le fait passer de gros dur sensible à débile émouvant sans aucune espèce de nuance. Ce rôle est une sorte de caricature qui annonce paradoxalement tout ce qu’il fera de grand par la suite (de Dead Man Walking à I am Sam).
Mais bon, respect hein! “She’s so lovely” a (comme d’ailleurs certains films de Iñárritu) quelque chose de séduisant.
En fin de compte, sur le thème des amants tragiques et glauques, je recommande plutôt “Head On”.
Dead Man Walking c’est avant She’s So Lovely. Et I Am Sam, grand?
Mea culpa, j’étais certain que Dead Man Walking venait après. I am Sam est certes loin d’être un grand film mais la prestation de Sean, en dépit de son aspect technique, y est plus que très bonne.
Mais bon, je sais que t’as une dent contre les débiles mentaux au cinéma (et sur certains blogs aussi).
Snif.
J’ai effectivement un bon souvenir de ce film, que je n’ai vu qu’une fois à sa sortie.
Je m’abstiendrai donc de le revoir et irai mater Blue Valentine en prenant soin de cacher couteaux médocs et chocolat. Dans une pièce sans fenêtre of course.
C’est marrant c’est exactement comme cela que j’imagine ce film qui ne me donnait pas du tout envie.
Super cette check-list des films de “rencontres amoureuses” Le Juif.
En revanche, Brokeback mountain m’a toujours paru un film sans émotions véritables. Peut être n’étais-je pas dans de bonnes conditions pour savoir l’apprécier.
Il manque dans cette liste Le patient anglais, non ?!
Et Titanic !!!
Superbe liste Le Juif qui tend a montrer que tu es un romantique indécrottable. merci.
Mais je me demandais quelque chose, tout ces films parle de relations, de rupture, mais jamais d’après.
Est-ce que vous auriez un film a me conseiller sur ce qu’il y a après la rupture ?
Et bien, il y a Eternal Sunshine (au risque de paraître obsessionnel). Sinon sur le même thème, il faut voir “Conversation avec une femme”, un très beau film avec Helena Bonham Carter et Aaron Eckhart qui traite de l’après.
Non justement, pas Eternal Sunshine, c’est un film sur la rupture et le déni pas sur l’après. Mais je regarderais “Conversation avec une femme” merci.
un peu tard… sorry. Mais post coitum animal triste, pour le post-rupture.
Ayé, ai vu Blue Valentine! J’ai adoré! (RIP à mon mascara…)
N’ayant pas les infrastructures nécessaires (baignoire), je dois renoncer au tranchage de poignets! Mais pour la peine, la tablette de chocolat au lait Côte d’Or va prendre cher!
Pour une fois, je suis entièrement d’accord avec l’ensemble du classement. Enfin, peut être que Scarlette aurait sa place… héhé
Sans le e d’ailleurs
J’ai trouvé : c’est “Mariage à l’italienne” de Vittorio de Sica. Et désolée Le Pédé pour la faute à Loren, c’est inadmissible !
Ah, finalement, tu t’étais autorépondu. Donc je m’autoremets en veilleuse.
Super best-of! Qui m’a donné envie de voir ceux que je ne connaissais pas (les vestiges du jour) (et c’est pas pour faire ma fayotte), et de revoir ceux que j’ai un peu oublié… (Holy Smoke)
Très très envie d’aller voir Blue Valentine, mais je crois que j’emmènerai un petit remontant avec moi!
J’en reviens sur le sujet car je vois qu’on ressort: La Balade Sauvage, avec Martin Sheen et Sissy Spacek (le 1er qui dit l’impératrice prend un coup de tongue).
Tourné en 1975, présenté comme un Bonnie & Clyde.
Chef d’oeuvre d’amour ou has been ?
Merci, je voudrais pas me déplacer pour “rien”.
Chef d’oeuvre absolu. (Et tourné en 73, en passant)
Merci beaucoup. C’est partie pour un bon vieux gros cinéma de quartier avec les sièges qui couinent tous troués.
Dans un autre genre il me semble, j’ai l’occasion de voir deux films d’Antonioni: Profession: Reporter et Zabriskie Point. ça vaut le coup?
Je n’ai vu ni l’un ni l’autre. Mais ils tiennent tous les deux une place de choix dans la cinéphilie. Donc oui, ça vaut certainement le coup.
Pour le moment, Zabriskie Point pour moi c’est le nom de l’ex groupe de punk de François Begaudeau! Je verrai demain si ce nom est un hommage à un grand film…
Les oiseaux se cachent pour mourir
Lol.
Blue Valentine vu hier soir, c’était beau mais j’ai un cœur de pierre, j’ai pas versé une larme. Esthétiquement c’est beau en effet, sur le fond c’est ce que beaucoup de couples vivent au quotidien (pour ne pas dire la majorité). Cela m’a fait penser à 5×2 (même si Le pédé va hurler au scandale).
Je certifie sur le peu d’honneur qu’il me reste, n’avoir perçu aucune rémunération en espèces ou dons en nature pour avoir donné mon avis sur ce film.
Eh les 4 connards, vous êtes tous partis en vacances ensemble? je suis en manque d’un nouveau post…
Sont vexés. On les a traités de vendus!
Oh non, ne me dites pas que c’est pour ça…
Peter est parti…
Il a retrouvé John, Gena reste seule…
Blue Valentine a TUER C’est la gêne
Boy meets girl, boy gets girl, boy kills girl.
C’était couru d’avance.
…Le secret de Brokeback Mountain Jai vu un film centre autour dun gars nomme Ennis taiseux comme on dit le visage comme un poing ferme ne donnant tellement rien au monde quil traverse que ses yeux memes sont dissimules sous ses sourcils fronces que ses levres disparaissent dans la crispation de ses machoires. Ennis rencontre Jack rien ne se passe sinon quils sont tous seuls dans la montagne et que les regards commencent a sattarder… Le contexte de lhistoire le sert nous sommes dans le Wyoming profond chez des gens modestes et les annees 60 a 80 sont encore celles de linnocence bienheureuse face au SIDA.
Une bien belle sélection, le Juif. Pour moi, “La Leçon de piano” et “Sur la route de Madison” restent les films-étalons en la matière, mais j’aime bien aussi le sadomasochisme too much de “Breaking the Waves”.
En revanche, je suis resté assez hermétique à “Blue Valentine”, alors que “Medianeras” m’a touché en plein coeur. Dans le premier, j’ai surtout vu un film indie calibré pour les oscars, avec deux acteurs – certes très bons – dans des “rôles à performance” un peu chargés (mais Michelle Williams plus subtile que Ryan Gosling, quand même), dans une réalisation assez simpliste (du soleil et de la lumière pour le passé heureux, du bleu froid et une chambre métallique pour le présent décomposé). Alors que “Medianeras” m’a eu l’air plus sincère, plus touchant et émouvant dans sa simplicité. Donc j’inverserais la tendance : après avoir vu “Blue Valentine”, pressez-vous d’aller voir 3 ou 4 fois “Medianeras”.
Merci David. Tu as tout à fait le droit de préférer “Medianeras” à “Blue Valentine” mais il me semble que tes reproches formulés à l’égard du film de Derek Cianfrance valent tout autant pour le film argentin. En dépit de toutes ses qualités (ton mélancolico-rigolo, bonnes idées de mise en scène, concept séduisant), “Medianeras” sent quand même le film publicitaire un peu hypo. Chaque plan est un tiroir à ficelles (elle dans le métro, la tête tristement posée sur une main de mannequin; lui qui perce une fenêtre à un endroit stratégique particulièrement millimétré). Les images déssinées des rues de Buenos Aires sont complètement pompées sur le cinéma “à l’indie” (“Juno”, “Away we go”…) que tu brocardes. Elle et lui sont parfaitement cinégéniques (sapés Gap ou whatever) et pas très vivants, à l’image de ces mannequins de vitrine. Si je voulais être méchant avec “Medianeras”, je dirais que c’est un mix réussi entre le cinéma à effets de Jeunet et la pub pour le petit crossover de Nissan.
Alors certes je l’ai aimé et j’en suis sorti avec la pêche (je continue à le recommander avec enthousiasme) mais je ne suis pas dupe du caractère un peu vain de ce cinéma là. Et puis le fait que le film soit argentin contribue beaucoup à sa respectabilité artistique: imagine quelles seraient les réactions si le même film était fait à Hollywood.
Pour tout dire, l’hostilité matinée de mauvaise foi d’un bon paquet de cinéphiles à l’égard de “Blue Valentine” m’agace un peu: densité des personnages, talent bluffant des comédiens (je crois que tu ne t’es pas assez penché sur les dernières croûtes de Hilary Swank et de Meryl Streep pour pleinement réaliser ce qu’est une performance calibrée pour les oscars), histoire traitée de façon particulièrement adulte…difficile de ne pas voir dans ce film une oeuvre plus qu’inspirée.
Si je voulais être salaud avec “Medianeras” je dirais que c’est le mioche de deux ans de “Blue Valentine”.
(Ils payent bien, chez Blue Valentine?)
(Et c’est bien payé, publiciste pour Blue Valentine?)
C’est tout à fait juste, “Medianeras” est truffé de trouvailles visuelles qui en font un petit objet arty, qui le rapproche effectivement d’un film comme “Juno”, mais je ne brocarde pas du tout ce cinéma indie. J’ai beaucoup aimé “Juno”, “Little Miss Sunshine”, etc. Je m’agace un peu quand ces “procédés Sundance” deviennent systématiques, mais je suis très client de ce cinéma.
Je crois que ce qui m’a gêné dans “Blue Valentine” et qui m’a sans doute laissé en dehors de l’histoire, c’est le manque d’humour. Le film se prend très au sérieux et montre le désamour avec une certaine complaisance. On a l’impression que le bonheur n’est pas possible et que toutes les issues sont irrémédiablement bloquées. Ce n’est pas forcément un signe de maturité que d’être désespéré, ni un signe d’immaturité que d’insuffler de l’humour ou de la légèreté dans la noirceur. Malgré tout, et ce n’était peut-être pas clair dans mon message, j’ai quand même apprécié “Blue Valentine” dans le sens où le film m’a parfois mis mal à l’aise et que certaines scènes ne m’ont pas laissé insensible. Je n’ai pas cru à cette histoire, mais certaines observations sur la vie de couple m’ont tout de même paru très justes.
Je reconnais qu’il est plus facile pour “Medianeras” d’être un film “aimable” puisqu’il ne parle pas de la désagrégation d’un couple, mais plutôt de la rencontre amoureuse. Mais malgré ces tics visuels (“Jeunet meets Crossover de Nissan”, c’est bien vu), j’ai aimé “Medianeras” pour son thème de la solitude urbaine et son traitement de l’architecture d’une ville qui m’est inconnue, sa façon de filmer les lieux d’une façon que j’ai rarement vue dans ce genre d’histoire. “Medianeras” m’a semblé d’une mélancolie touchante, quand “Blue Valentine” affiche, selon moi, une froideur un peu hautaine. Mais c’est peut-être aussi une question d’état d’esprit à l’instant T.
Ok. Mais je dois tout de même tempérer l’accusation qui est faite à ce film de manquer d’humour. La séquence de claquettes sur fond de Ryan Gosling qui chante faux, les histoires de pédophiles dans la forêt, cette chambre d’hôtel au design futuriste grotesque et plus généralement les moments de drague où l’on ne peut s’empêcher d’avoir le sourire aux lèvres sont là pour montrer que le film est empreint de drôlerie.
Même les moments tragiques (notamment la dispute de la fin où Gosling pas remis de sa cuite met son poing dans la gueule du boss de Michelle Williams, excédée) sont ambivalents. A coté d’un James Gray particulièrement pas fun, Cianfrance ne me semble pas si imbu d’importance.
Mais bon j’arrête. En dépit des allégations de Butafor et de la stagiaire, les distributeurs du film n’ont pas encore proposé de prendre en charge les frais de climatisation de mon appartement.
Ah oui, j’oubliais. Excellente, l’histoire du pédophile dans la forêt !
Mon bon Juif, la défense que tu fais de Blue Valentine mériterait un article à elle toute seule.
Et bien figure-toi que c’est l’effet escompté: mes derniers commentaires ont été conçus comme des teasers à un futur article…
C’est étrange les émotions, ce passage des claquettes devant le magasin de mariage ultra-kitsh, je n’y ai ressenti aucun humour. C’est un des plus beaux passages du film à mon sens (pas étonnant qu’ils l’aient choisi en bande annonce). C’était intense au possible, ils ont réussi à retranscrire ce moment parfait des débuts d’une rencontre où tu sais sans vraiment savoir qu’il va se passer quelque chose avec la personne, un truc qui comptera dans ta vie. J’ai eu des frissons mais pas de sourire aux lèvres.
Complétement d’accord par contre avec la chambre au lit qui tourne dans l’hôtel érotique bas de gamme. D’ailleurs elle était drôlement bleue cette chambre.
Sinon on m’a chaudement conseillé Une séparation. Des avis ici peut-être ?
Très beau film également. Tu peux y aller les yeux fermés.
Recommander d’aller voir un film les yeux fermés, cela me fait sourire.
Je comptais de toute façon les ouvrir, vu que je ne maitrise pas l’Iranien.
Par contre avant de m’enfiler Une séparation juste après Blue Valentine, je dois voir ce jour Amore avec la belle Tilda. Un peu de joie de vivre entre deux sinon je ne passerai pas l’été, la corde est déjà en place.
Et merci le Juif.
(Et ça rapporte?)
(J’en mets 3 comme ça on croit que c’est fait exprès)
Merci le Juif pour cet article, c’est beau un homme écrivant sur ce style de thématique. Je n’ai pas vu les 3 premiers films de ta liste, c’est réjouissant du coup pour les jours à venir. (Vu par contre il y a quelque temps Le voile des illusions et je m’étais bien laissée emportée.) Je suis ravie de retrouver Julie Delpy, parce que j’ai bien apprécié 2 days in Paris.
bonjour,
est il possible d’avoir un nouveau billet ?
Merci.
/fonction chieuse: on/ UN POST, UN POST, UN POST! /fonction chieuse: off/
Siouplait les connard, on se languit de vous, comme on dit par chez moi.
Pourquoi mon précédent commentaire sur ce billet a t-il été supprimé ?
un mail, ou au moins un message avec “commentaire modéré, raison: …” ne serait pas de refus
Juste pour dire, je kiffe être ici !
C’est bien triste mais ce qui m’a le plus frappé dans “Blue Valentine” (que je recommande chaudement moi aussi), c’est qu’il est tourné en film, et putain que ça fait du bien !
Imaginez “the murderer” en film, ça aurait pas une autre gueule ?