Courez voir « Mary et Max ». Je vous rembourse le prix de la place si vous n’êtes pas satisfaits.
Dimanche soir, pendant que certains noyaient au Grand Palais leurs frustrations de ne pas avoir assisté à la tournée londonienne de cette petite nature de Michael Jackson, d’autres, peu nombreux, allaient clore leur premier week-end hivernal (l’hiver dure 9 mois à Paris) au cinéma devant le long-métrage d’animation Mary et Max, de l’Australien Adam Elliot. Je suis fier de dire que je faisais partie de cette poignée de privilégiés (ceux qui étaient au cinéma, pas ceux qui couinaient devant le gnome de Minneapolis).
Comment vous donner envie de vous ruer dans la salle la plus proche, voir ce chef-d’oeuvre? Peut-être en vous faisant la promesse d’un spectacle qui s’assume à la fois comme une démarche pleinement artisanale (l’animation « à l’ancienne » est conçue à partir de figurines en pâte à modeler dont les mouvements sont photographiés image par image) et comme un univers formel totalement inédit; je dois dire que jamais des personnages en pâte à modeler ne m’ont ému de la sorte.
Je sais qu’avant cela, il y eu The Nightmare before Christmas (tout de même produit et distribué par Disney) et les différentes transpositions des aventures de Wallace et Gromit au cinéma, mais ces productions étaient tout autant destinées au jeune spectateur adulte que j’étais, qu’au morveux bruyant assis sur le siège voisin de la salle obscure. C’est pour cette raison, que je n’ai jamais pu être pleinement conquis par ces films pourtant inoubliables.
Devant Mary et Max, nulle marmaille, nulle odeur de bonbons industriels, juste une poignée d’adultes vivant dans une métropole grise et froide, et venus trouver un peu de chaleur devant cette histoire dont le cahier des charges n’implique pas de leur raconter que la vie est forcément aussi colorée que merveilleuse.
Je ne nie pas le besoin que nous avons de nous laisser bercer par l’optimisme des contes de fées qui finissent invariablement de la même manière. Ces histoires nous sont même vitales, tout au long de la construction de notre personnalité, du moins si j’en crois les écrits de M. Bettelheim. Mais une fois arrivés à l’âge adulte, je pense que nous avons besoin que les artistes (à la différence des politiques, religieux et autres commerciaux en téléphonie mobile) ne nous mentent pas: la vie, même si elle recèle toujours de la beauté, est souvent une histoire cruelle qui finit mal. C’est, à mon sens, pour ces raisons que la tragédie fut inventée. Celle-ci est le véhicule qui permet de raconter des histoires dans lesquelles les personnages ont un idéal de vie, mais ne peuvent jamais atteindre cet idéal, car ils portent en eux les germes de leur propre disgrâce.
A cet égard, Mary Dinkle et Max Horowitz sont deux personnages tragiques que le destin va lier à jamais. L’histoire commence au milieu des années 70 dans une petite ville de la cambrousse australienne.
Mary est une petite fille pas très jolie qui mène une existence solitaire entre un père autiste et une mère alcoolique. Dans la cour d’école, elle passe ses récréations seule et ne trouve de réconfort que devant sa série télévisée préférée The Noblets, en se goinfrant de lait concentré sucré. Un jour, Mary fait l’acquisition d’un annuaire new yorkais recelant des millions de noms qui sont autant de promesses d’exotisme: Finkelstein, Weinberg, Horowitz… Elle décide alors d’envoyer une lettre à l’un de ces mystérieux yankees en espérant, avec un peu de chance, trouver enfin un ami.
Max est un célibataire obèse de 44 ans. Il vit reclus dans son petit appartement de Brooklyn et passe ses journées à s’empiffrer de hot-dogs au chocolat devant son émission favorite, The Noblets. Max est pleinement lucide quant à sa misère affective et se laisse, jour après jour, ronger par un mal terrible: la maladie d’Asperger, contre laquelle les psychiatres de la Grande Pomme ne peuvent rien. Un jour, il reçoit une étrange lettre postée par une fillette nommée Mary depuis la très lointaine Australie; d’abord terrorisé par l’intrusion de cette petite étrangère dans son existence réglée comme du papier à musique, Max va finalement prendre son courage à deux mains et répondre à Mary. C’est alors le début d’une amitié épistolaire qui s’étendra sur plus de vingt ans.
Mary et Max sont les deux laissés-pour-compte de cette société post-moderne qui était censée apporter bonheur et abondance à tout le monde. Ce couple improbable rappelle, par bien des aspects, ces duos d’acteurs venus du cinéma américain à la fin des années 60 et dans la décennie qui a suivi: ces personnages de paumés immortalisés par Dustin Hoffman et Jon Voight dans Midnight Cowboy, Pacino et Hackman dans Scarecrow ou encore Ruth Gordon et Bud Cort dans le mythique Harold and Maude. Autant de personnages que le cinéma ne nous montrait pas avant cette période et qui ont donné à la « marge » son visage cinématographique.
La malédiction de Mary et Max, c’est qu’ils sont incapables de mentir et à plus forte raison, de se mentir. De l’aveu même de Max, celui-ci se juge irrémédiablement « littéral » et « logique »; il n’est pas pourvu de la carapace cynique qui lui permettrait de faire son trou dans une société qui voit le littéralisme comme le symptôme le plus évident de la bêtise humaine. Ce film, profondément humaniste, est donc un formidable plaidoyer en faveur de l’authenticité et du refus de se conformer à l’esprit du temps.
A toutes ces raisons, j’ajouterai la présence lumineuse de Philip Seymour Hoffman et de Toni Collette, qui ont donné leurs voix à Max et Mary et qui réussissent à nous rendre ces figurines Playschool aussi émouvantes que les personnages de chair et de sang qu’ils ont interprétés précédemment.
Ce film est un petit miracle. Alors, même s’il est produit par le problématique Mel Gibson, courez-y!





J’aime pas qu’on me dise quoi faire de mon weekend, même si c’est effectivement ce que je vais faire de mon weekend.
J’voulais l’dire.
J’y cours, j’y vole…
Je vais attendre de le voir sur DVD piraté
Je n’ai lu que le titre du post, mais déjà je plussoie et je suplussoie. Je suis allé voir ce film parce que je vais voir tout ce qui contient des morceaux de Toni Collette à l’intérieur, même en voix, même en ombre chinoise, que même si elle jouait dans une pub pour serpillière, je m’achèterais le DVD… Et là, je me suis retrouvé devant un – n’ayons pas peur des mots – chef-d’œuvre.
Bon, maintenant, je vais lire le reste du post, pour voir si on est bien d’accord sur tout.
Haaaaa je veux le voir je veux le voir!!! Mais dans le sud à part Marseille y’a pas 50 cinés qui le passe grrrr!! Mission G haaa ça oui mais un film sublime comme Mary et Max non!! J’enrage! Je bave dessus depuis Le festival d’Annecy, te critique me donne encore plus envie d’y aller! Merci de me conforter dans mon idée
Chere karine,
j’ai eu le même problème que toi…je vis désormais à Paris.
Moi j’aimerais bien y aller ce week-end, mais ayant, allez savoir pourquoi, pris un peu de retard dans mon travail, je ne sais pas si cet objectif est à ma portée.
Quoi qu’il en soit, je voudrais dire un truc, même si je crois que je l’ai déjà plus ou moins dit mais pas aussi clairement, à tous les détracteurs frénétiques des 4 connards.
Ce post est (encore) une preuve de leur qualité, parce que dire du bien, en allant au-delà de « ouah c’est trop bien », c’est hyper dur. C’est pour ça que je ne dis quasiment que du mal, d’ailleurs.
Dis donc diego, tu te sens obligé d’écrire un commentaire à chaque post, même pour ne rien dire ?
Mary and Max, je l’ai vu en juin au festival d’Annecy (où il a obtenu le Grand Prix). Je voudrais préciser que ce film, aussi beau et touchant soit-il, n’en demeure pas moins très sombre et surtout très très lent. Du coup, anticipant le coup de déprime, je vous conseillerai plutôt de le voir en semaine, pour ne pas trop assombrir le week end.
Hé le hippie, touche pas à notre Diego, sinon on t’envoie au Vietnam, compris?!!
Je ne l’ai pas écrit pour ne rien dire. Je l’ai écrit pour dire du bien.
Comme quoi, je n’y arrive vraiment pas, semble-t-il.
pleine lune, bien sûr.
Merci très cher Diego. Pour la peine, je t’accorde la main de Nora.
Nora ? Tu as voulu ACHETER TON PERE ???
Pardon Papa.
Le Hippie a l’air un peu jaloux, non ?
Moi j’dis ça, j’dis rien (enfin si, je l’dis pour foutre un peu la merde parce que j’ai la crève et que j’ai pas encore vu Mary & Max, à mon grand désespoir).
Hélène : c’est ça de sortir la nuit de pleine, avec une épaule découverte!
J’espère qu’il sortira en Belgique, j’adore les films d’animation. Enfin, s’il est aussi bon que tu le dis, même s’il ne sort pas au cinéma on l’aura sûrement au Festival Anima…
Ton post est presque aussi beau que le film
Je ne savais pour Mel Gibson, mais ça ne suffit pas à me refroidir, c’est dire ! Ce film est une vraie merveille.
Merci, petit fruit!
Merci petit fruit? T’es tombé sur la tête ou quoi?
J’irai, j’irai….
Mais, cher Juif, je T’INTERDIS de grogner sur le gnome de Minneapolis
Il est GRAND, très GRAND, ce gnome !
Ok LisaLisa,
je sais qu’il est grand mais je devais quand même placer au moins une méchanceté dans ce post et je ne voulais pas m’abaisser à tirer sur l’ambulance Gibson…
J’ai beaucoup aimé aussi, mais mon entourage dit le contraire !! J’aimerais bien avoir l’avis de ce cinéphile de Pédé tiens !!!
Toi dès qu’il y a un Pédé dans les parages….
Ce cinéphile de Pédé a été soufflé par ce chef d’oeuvre miniature, comblé plus que de raison par tant d’intelligence narrative et d’inventivité visuelle. (C’est d’ailleurs lui qui l’a très chaudement recommandé à son son meilleur pote Le Juif.)
Je m’associe donc à ces lignes, à l’exception du troisième paragraphe, parce que, contrairement à ce poseur calcifié de Juif, j’assume sans complexe la part d’enfance qui s’émerveille en moi devant The Nightmare Before Christmas, Wallace & Gromit, ou encore Star Wars et Le Seigneur des Anneaux.
Ton meilleur pote un brin calcifié te remercie de lui avoir fait partager ce coup de coeur.
Je t’aime aussi!
Nous sommes en phase alors. ^^
1m57 c’est une belle taille pour un gnome, il doit être fier. Un humain quant à lui pourrait en concevoir quelques complexes.
Tiens, ça n’intéresse sans doute que moi, mais j’ai regardé hier un film dont le personnage principal souffre justement de la maladie d’Asperger…
Ça s’appelle BenX, c’est un film flamand (je n’ai pas trouvé de VF, seulement des sous-titres anglais), et c’est criant de vérité sur les difficultés rencontrées quand on souffre d’un trouble autistique…
Quelqu’un ici l’a-t-il déjà vu ?
Oui je l’avais vu en salles, quand il était sorti (si c’est bien l’histoire de ce type, autiste, dont la vie sociale est uniquement consitué de son jeu vidéo ?)C’est lointain, mais il ne m’avait pas laissé un très bon souvenir.
En revanche, le PD m’a presque convaincu pour Marie et Max, alors que je n’étais pas très chaud…
C’était le Juif, pas le Pédé!
C’est bien celui là, oui.
vivement la critique de ça :
http://www.lefigaro.fr/cinema/2009/10/13/03002-20091013ARTFIG00524-gerard-jugnot-la-folle-des-grandeurs-.php
un film de minorités : pd, juif, arabe et doit bien y avoir une meuf par là…
j’attends impatiemment…
l!o : elle existe déjà, en mode critique de bande annonce. http://lagene.wordpress.com/2009/09/17/le-cinema-qui-va-droit-dans-le-mur/
c’est un peu léger…
je suis prêt à inviter les 4 (allez, 5 avec diefosan) pour qu’ils puissent s’en donner à coeur joie à la sortie (faut-il encore les séquestrer dans la salle jusqu’au générique de fin…)
Merci de ta proposition, mais je ne suis pas libre ce jour-là !
Rhooooo canard, tu refuses parce qu’il t’a rebaptisé diefosan?
C’est moche
Nan, je refuse parce que la proposition d’aller voir cette bouse n’est pas assortie d’une très importante somme d’argent en liquide, d’une paire de bouchons d’oreilles sur-isolants et d’un masque comme dans l’avion (ça me paraît l’occasion rêvée de dormir enfin).
Ouah, je viens de lire l’article du Figaro : « Son cinéma fait partie de notre patrimoine ». Son cinéma, celui de Gérard Jugnot, oui oui, c’est bien ça qu’ils disent !
ce parisianisme élitiste, c’est déplorable
Ouf! enfin quelqu’un qui est d’accord avec moi! merci « c’est la gêne »
pourquoi tout le monde a des avatars du même type ? ca me gene
C’est bien aimable de poser cette question, ça me permet de faire un pitit hors-sujet sans qu’on puisse m’accuser d’avoir commencé. Donc bon, j’ai été sur mangatar, puis sur gravatar, pour faire comme tout le monde, mouton powa oblige, et j’ai mon avatar, mais enfin, je voulais que mon pseudo soit La Fag Hag, qui est mon pseudo d’origine depuis au moins, oh, deux jours, je ne peux donc pas le renier ainsi, et a priori gravatar est obtus, il refuse toute lettre capitale et espace, trop borné quoi; pardon, mais, comment donc avez-vous fait, gens?
Et sinon, Mary et Max ça a l’air tout fou, mais effectivement, je ne sais pas si je meurs d’envie d’aller voir un film d’animation qui illustre ce type d’idée « une fois arrivés à l’âge adulte, je pense que nous avons besoin que les artistes « la vie, même si elle recèle toujours de la beauté, est souvent une histoire cruelle qui finit mal. », même si c’est bien joliment dit (bien que je ne sois pas une inconditionnelle de l’happy end).
Décidément, j’aime de plus en plus votre blog (au point de commenter!).
Je suis tombée à genoux devant la beauté de ce film, qui m’a émue et m’a fait sourire, tant il est juste et réaliste. Je n’arrête pas de le recommander à mon entourage, maintenant j’ai un argument en plus (pas que j’en manque, mais un de plus ne peut pas nuire).
Sinon, rien à voir, mais je le dis quand même : j’adore les commentaires de Diegosan et Nora, le blog serait pas tout à fait le même sans eux…;-)
me rappelle le film avec Anthony Hopkins, en français « Poste restante », « 84 Charing Cross Road ». Cette liaison épistolaire qui perdure sans que la rencontre.. encore que.. to be seen and continued.
http://www.youtube.com/watch?v=fs01gT67upE
buenas noches
Cher Le Juif, j’en sors à l’instant et… j’ai détesté. Mais je ne réclamerai pas le remboursement, car grâce à toi j’ai pu voir la bande-annonce de Cinéman avec mon idole Franck Dubosc et rien que ça, ça valait le prix de la place.
Bon, en vrai, c’est un bijou, c’est magnifique, et j’ai pleuré, ce qui m’arrive en moyenne tous les 6 ans au cinéma (la dernière est assez récente, Two Lovers, la précédente remonte à 2002 je crois, La Chambre des Officiers).
Ce blog m’a donc rendu heureux deux fois aujourd’hui, et je l’en remercie infiniment.
Rhooo j’arrive en retard, avec ces grbllgrblllgnnnghnnnbll….de chez Numéricâble, j’ai internet deux fois par semaine et encore !…j’ai hâte de découvrir cette petite merveille en tout cas !
Mel G. EST problématique. En effet…
Mais si tu dis que le film est beau, nous mettrons ce petit « détail » de côté.
Un chef d’oeuvre visuel sombre et triste d’une vérité tenace.
Je l’ai vu hier soir et je ne suis pas d’accord avec vous.
C’est effectivement très mignon, assez touchant, les images sont belles, drôles, originales. J’ai beaucoup ri, à défaut de pleurer, j’ai même failli mourir de rire quand Max parle de ce type jugé pour le meurtre de tous ses amis le soir de son anniversaire surprise (je me suis tellement reconnue dans ce crime). Je me suis évidemment aussi reconnue dans cette passion partagée du chocolat.
Mais j’ai trouvé ça long. Je me lasse de l’épistolaire et de la voix off au bout d’un moment. Et surtout, je n’aime pas qu’on essaye de me faire pleurer avec des clichés complètement éculés. En l’occurrence celui du vieux et de la petite fille (marche aussi en inversant les sexes) qui n’ont aucun lien de parenté mais créent une relation très forte qui se termine la plupart du temps par la mort tragique du vieux (ou de la vieille).
Donc, mon cher Juif, quand tu parles de « ce couple improbable », j’ai juste en vie de te dire d’aller lire ou relire La vie devant soi de Romain Gary, pour ne citer que le meilleur du genre.
Ah mais ouais maissi tu sors l’arme atomique c’est pas du jeu… La vie devant soi, ca se compare même pas !
j’ai bien précisé que je citais le meilleur du genre!
Pfff, tout ça pour se faire rembourser sa place par le Juif. C’est petit.
J’ai une carte UGC, il s’en sort bien!
Autant je comprends tes réserves sur la narration épistolaire et l’omniprésence de la voix-off (même si je ne les partage pas), autant je trouve ta comparaison avec La Vie devant soi complètement à côté de la plaque.
La dynamique du vieux et de la petite fille est un point de départ qui en vaut un autre; ce qui importe ici, comme dans toute oeuvre de littérature ou cinématographique, c’est le traitement. Parce que si on s’amuse à réduire tous les récits à leur trame, on finit par réaliser qu’il n’y a pas eu de grandes nouveautés depuis les grecs et que toutes les histoires sont basées sur des clichés et des personnages éculés depuis 25 siècles. Doit-on en déduire qu’Hamlet est une resucée de l’Orestie, ou que le Père Goriot est un pâle copie du Roi Lear?
Si tel est le cas, on peut aussi arguer que La Vie devant soi n’est qu’une vulgaire imitation d’Harold et Maude (déjà cité par Le Juif) et, pour prendre un exemple qui te tient à coeur, qu’Annie Hall n’est qu’une énième variation sur le plus éculé de tous les clichés: boy meets girl.
Sauf que non.
Et en l’occurrence, le film qui nous intéresse ici présente de fortes singularités narratives et formelles qui en justifient l’intérêt: un traitement visuel inédit et inspiré, un ton et un l’humour à des lieues de ce qu’on a l’habitude de voir dans le cinéma d’animation, et la très audacieuse structure épistolaire, justement. Sans compter le fait que les personnages ne se rencontrent jamais et le déploiement du récit sur une vingtaine d’années (qui fait d’ailleurs que la petite fille n’en est une que dans la première partie du film) invalident ta comparaison avec le chef d’oeuvre de Gary.
J’ajouterai que dans la plupart des cas, y compris La Vie devant soi, cette dynamique jeune-vieux est prétexte à un récit d’initiation, ce qui n’est définitivement pas le cas ici, le « vieux » étant finalement aussi ignorant des choses de la vie que la « jeune ».
Par ailleurs, si tu as eu la sensation que l’on « essayait de te faire pleurer », j’en déduis que tu as trouvé le film manipulateur et malhonnête, ce qui bien entendu ne se discute pas, mais là encore je m’insurge et m’inscris en faux!
Cher Pédé,
je m’apprêtais à répondre à la Meuf mais après ton intervention, je crois que je vais plutôt aller me faire griller des tartines.
Ca fait plaisir de te voir revenir en forme après ces longues heures d’absence, Le Juif, on s’inquiétait.
Aaah mais je me disais bien que je connaissais ce style .. Je crois que Harvie Krumpet est du même réalisateur. C’est un court métrage, que j’avais trouvé génial. Je l’ai vu il y a deux ans je crois déjà. Je te le conseille.
En tout cas j’irais peut être au cinéma, du coup.
http://www.dailymotion.com/video/x8dr7p_harvie-krumpet-vostfr_creation
La traduction ne semble pas trop mauvaise, même si je préfère regarder sans.
Regarde moi ça et dis m’en des nouvelles !
@ Karine : non, la Province ce n’est quand même pas le désert culturel…le film passe à Aix depuis trois semaines….
Je suis allée voir « Mary et Max », et avec ma marmaille (12 ans) : tout le monde a adoré, a ri, a été ému. J’ai une question concernant le sous-titrage : je suis quasiment sûre d’un truc que, pour l’instant je suis la seule dans mon entourage à avoir vu (lu), et j’aurais besoin d’une in- ou d’une confirmation de la part de quelqu’un. Le voisin de Mary, Len, qui reçoit son courrier pour elle, souffre d’agoraphobie. Je suis quasiment sûre, disais-je donc, d’avoir lu, en traduction, à deux reprises, non pas « agoraphobie » mais « homophobie ». On parle du trouble psychique de Len une fois encore par la suite (quand Len n’est plus malade et peut sortir, sauvant ainsi Mary d’un suicide potentiel) : la traduction est bien alors « agoraphobie ». Pas la peine de me dire que « ma confusion » se psychanalyse, je suis moi-même diplômée en psychologie et ce n’est pas une confusion, sauf que pour l’instant, je suis la seule à l’avoir vu (lu). Merci.
Sophie
selon moi, c’est surtout parce que Mary confond « agoraphobie » et « homophobie » du fait de leur suffixe commun. Elle le dit d’ailleurs en ânonnant « ho-mo-phobia ». En grandissant, elle a fait la différence, son débit s’intensifie autant que sa syntaxe s’améliore. Pas de problème de traduction. C’est aussi pour cela que le public sourit quand il entend Mary enfant confondre les deux « peurs ».
Buenas noches.
Merci pour cette information : je viens de revoir ces scènes et en effet, c’est Mary qui confond « homophobie » et « agoraphobie ». Je ne suis franchement pas sûre que tous les spectateurs dans les salles aient percuté à ce trait humoristique, mais cela ne fait rien. En ce qui me concerne par exemple, je me suis demandée ce que fichait le traducteur : ce n’est pas mieux. Pour les copains, le tout est passé totalement inaperçu. Tout ceci n’enlève de toute façon rien à la qualité de ce film d’animation. Encore merci.
Sophie
perso, j’avais aussi bien compris que Mary petite confondait les deux mots (grande, elle ne confond plus). je l’ai vu en VO sans sous-titres, donc ce n’est pas une erreur de sous-titrage
et je passe sur damian qui n’a strictement aucun intérêt, et qui sert apparemment simplement à traduire l’envie de mary de se fondre dans la masse (en accord avec sa chirurgie) et à un ressort humoristique inattendu.
ceux qui n’ont lu le film ne lisez pas.
Je suis navré, le film m’a convaincu à moitié.
A vrai dire, mary me tapait sur les nerfs durant toute sa période enfance, j’avais l’impression de me retrouver devant une copie d’Amélie poulain -que je déteste- tant elle en a tous les tares et attributs. Je sais que je m’expose à tous les quolibets en citant une aussi triste référence mais l’analogie est frappante.
Après c’est vrai, la forme est réussie et on sourit de toutes ces choses qui arrivent à nous vendre avec délice l’univers d’un enfant (notamment la confusion homophobie/agoraphobie), mais on se retrouve devant un stéréotype de misérabilisme que j’ai trouvé vraiment démagogue, (« ou comme elle est triste la pauvre petite fille toute seule »).
Alors on va me dire que toutes les histoires se ressemblent dans leur essence, et qu’arrivé à un certain point, il est normal d’avoir à faire à ce que l’on pense être des stéréotypes mais j’ai trouvé le procédé trop tire-larmes pour me convaincre.
Sinon j’ai bien aimé tout ce qui avait trait à Max, j’ai trouvé encore une fois la forme exemplaire, et dans l’ensemble l’alchimie mary/max marche efficacement. Mais elle ne m’a rien fait ressentir, à mon grand dam tant j’avais hâte de voir ce film.
Ensuite j’ai trouvé la psychologie des personnages à la fois réaliste (le complexe de jésus christ est congruent avec son désir de se corriger) et complètement ridicule : j’ai trouvé complètement stupide de voir mary qui trahit ce que max lui confie en disant ne pas vouloir être guéri car il ne se considère pas comme malade. Et elle se met en tête de le guérir au mépris de ce que ressent son seul ami, j’ai trouvé cela totalement paradoxal.
Enfin, la fin m’est complètement passée au-dessus de la tête, je n’ai pas réussi à comprendre pourquoi il le faisait mourir, je ne pense que cela soit assez malhonnête uniquement dans le but d’arracher des larmes, bien que l’on ait droit juste avant à une longue diatribe de mary qui « espère que leurs chemins se croiseront », est-ce pour mieux préparer le spectateur à être déçu afin de le faire pleurer sur cette opportunité manquée ?
donc je m’interroge quant à la portée d’une telle chose, vu qu’elle ne m’a absolument rien fait ressentir, j’ai essayé de la comprendre et elle m’a totalement échappée.
En fin de compte je suis le premier déçu, j’ai subi un soufflé ciné.
Mais je suis tout à fait ouvert à d’autres lectures car je ne m’explique pas être le seul qui à n’avoir rien ressenti devant ce film.
et je passe sur damian qui n’a strictement aucun intérêt, et qui sert apparemment simplement à traduire l’envie de mary de se fondre dans la masse (en accord avec sa chirurgie) et à un ressort humoristique inattendu.
je retire ce que j’ai dit sur la fin, je viens de la comprendre, c’est en effet très joli.