Top Ten: Réalisateurs de Clips
Je suis né en même temps que Thriller. Michael Jasckson a fourni la bande originale de mon enfance presque à lui tout seul. Pendant longtemps, je ne savais même pas qu’il existait d’autres chanteurs. Agé d’à peine quelques années, j’ai appris ce qu’était le mépris lorsque mon imbécile de meilleur ami m’a demandé « C’est qui Michael Jackson?». J’ai grandi en regardant ses clips, en le regardant danser comme un demi-dieu, comme tous les gamins de ma génération. Aujourd’hui, plus personne ne vendra 50 millions d’albums, parce que le disque est mort. Plus personne ne se cassera la cul à réaliser Thriller, parce que le clip est mort. Et voilà que Michael Jackson lui aussi est mort.
J’ai zappé sur MTV l’autre jour, on n’y passe plus de clips, mais des émissions de télé-réalité à toute heure. Il faudrait penser à rebaptiser la chaîne. Alors en hommage à cette forme d’art disparue, dont Michael Jackson fut le pionnier, voici un Top Ten des meilleurs réalisateurs de clips.
10. David Fincher
Titres de gloire : Englishman in New York , de Sting, ode émouvante à Quentin Crisp, qui capte mémorablement et en noir et blanc l’atmosphère de New York. Freedom 90, de Georges Michael, et son étalage de mannequins superstars. Et surtout sa collaboration avec Madonna, notamment Express Yourself, inspiré par Metropolis de Fritz Lang, et Vogue, inspiré par à peu près tout ce que faisait Hollywood dans les années 40.
Cinéma : Le premier à réussir le passage de l’autre côté. Ultra-successful et plutôt adulé mais son approche « tout dans le style» peut se révéler aussi efficace (Se7en, Zodiac), que désastreuse (Benjamin Button).
9. Jonas Akerlund

Titres de gloire : Quatre mots : Smack my Bitch Up. Si vous n’avez jamais vu ce clip de Prodigy, jetez vous dessus comme la vérole sur le bas clergé, ici. Rien de ce qu’il a fait par la suite n’est du même niveau (Canned Heat pour Jamiroquai, My Favourite Game pour les Cardigans), le meilleur étant ses réalisations pour Madonna : Ray of light et son hyperventilation rythmique et surtout le rétro funk douxième degré de Music.
Cinéma : Deux tentatives. Spun, avec Jason Schwartzman et Brittany Murphy, et The Horsemen avec Dennis Quaid et Zhang Ziyi. Je les ai pas vus. Toi non plus.
8. Anton Corbijn

Titres de gloire : A peu prés tout Depeche Mode, dont le très culte Personal Jesus. Deux autres réussites majeures : Liar de Rollins Band, et surtout Heart-Shaped Box, le plus beau clip de Nirvana.
Cinéma : Control, fantastique biopic en noir et blanc d’Ian Curtis, le leader de Joy Division, sorti en 2007, qui réduit à néant les Ray et autres vies en roses…
7. Stéphane Sédnaoui

Titres de gloire : les Red Hot Chilli Peppers tout argentés (Give it Away) ; Björk sur un camion (Big Time Sensuality) ou fluorescente (Possibly Maybe) ; Garbage face caméra (Queer) ou encore, plus récemment, Camille en mode rétro (Paris)
Cinéma : Rien. Mais il a fait un bébé à Laetitia Casta, qui s’appelle Sateen. Ce qui me fait penser qu’ils ont trop regardé Moulin-Rouge. Et qu’ils ont des problèmes d’orthographe.
6. Chris Cunningham

Titres de gloire : Aphex Twin qui terrorise des vieilles dames (Come to Daddy) ou drague des tapins en limousine de quarante mètres de long (Windowlicker). Madonna en corbeau (Frozen). Et surtout la vision incroyable de corps immergés sans eau (Only You, Portishead) et de deux sublimes robots-Björks qui font l’amour (All is full of Love)
Cinéma : On attend encore.
5. Jean-Baptiste Mondino

Titres de gloire : Ses histoires d’amour avec les Rita Mitsouko (C’est comme ça, Les Amants), Bashung (Osez Josephine, Ma petite Entreprise), et ses histoires de fesses avec Madonna (Open your heart et son peep-show, Justify My Love et son hotel de passe, premier clip censuré sur MTV, Human Nature et son SM, Don’t Tell Me et ses cow-boys), et Vanessa Paradis (Tandem et ses corps un peu trop huilés). Et le premier à montrer, avec Violently Happy, Björk dans son habitat naturel (une cellule capitonnée).
Cinéma : Rien. Trop occupé à être un grand photographe.
4. Mark Romanek

Titre de gloire : Sublimer les plus grands. Johnny Cash, ses rides, et ses souvenirs (Hurt), Bowie qui se balance du haut d’un immeuble (Jump They Say), Madonna et ses fantasmes les plus hallucinés (Bedtime Story) ou encore le frère et la sœur les plus célèbres de l’histoire de la pop, en duo dans le vaisseau spatial de mes rêves (Scream, Michael et Janet Jackson)
Cinéma : One Hour Photo, thriller plutôt flippant avec Robin Wiliams tout blond et tout moche.
3. Jonathan Glazer

Titres de gloire :
Amoureux de Kubrick, Glazer a mis en scène l’hotel le plus dérangé depuis l’Overlook (Karmakoma, Massive Attack) et mis un peu trop de rimmel à Damon Albarn façon Alex DeLarge (The Universal, Blur). Sinon quand il est de bonne humeur, il fait danser Jamiroquai avec son canapé (Virtual Insanity). Et quand il est mélancolique, il est le seul réal de clip qui peut prendre à la gorge: en poursuivant un gros en voiture avec Thom Yorke (Karma Police, Radiohead), ou en renversant allègrement Denis Lavant douze fois de suite dans un tunnel (Rabbit in your Headlights, UNKLE featuring Thom Yorke).
Cinéma : Sexy Beast, le film que Guy Ritchie essaie de réaliser depuis ses débuts, et surtout Birth, avec Kidman monumentale, le chef d’oeuvre le plus incompris et mal-aimé de la décennie. À quand la suite, MERDE ?????
2. Spike Jonze
Titres de gloire : Björk enceinte dans un musical où même les boîte aux lettre se prennent pour Gene Kelly (It’s Oh So Quiet). Cool. Les Beastie Boys moustachus dans un polar seventies de série Z (Sabotage). Très très cool. Des ploucs en jogging qui dansent dans la rue en se croyant dans un film de Bob Fosse (Fatboy Slim, Praise You). D’une coolerie intense. Christopher Walken qui danse seul dans un hôtel. Et s’envole. LE TRUC LE PLUS COOL DE L’HISTOIRE DE L’HUMANITE !!! (Fatboy Slim, Weapon of Choice)
Cinéma : Deux trips de génie conçus avec Charlie Kaufman, Being John Malkovich, et Adaptation. En attendant son adaptation de Where the Wild Things Are (Max et les Maximonstres) cet hiver.
1. Michel Gondry
Titres de Gloire : Beaucoup trop d’idées de génie pour toutes les citer. En vrac : Je danse le mia d’IAM, et ses zooms successifs, Around the world de Daft Punk, qui contient la chorégraphie la plus invraisemblable de l’histoire, Star Guitar des Chemical Brothers, où chaque instrument est un élément du paysage qui défile dans la vitre d’un train, Protection de Massive Attack, qui reconstitue la vie d’un immeuble en passant de fenêtre en fenêtre. Et évidemment à peu près tous les grands clips de Björk, du premier (Human Behaviour) au plus beau (Bachelorette). Gondry renvoie à leur médiocrité tous les misérables vidéastes qui jouent aux artistes contemporains. Si un artiste de format court mérite sa place dans un musée, c’est lui.
Cinéma : Deux trips Kaufmaniens, comme son pote Spike Jonze : Human Nature, semi-réussite (semi-échec?), et Eternal Sunshine of the Spotless Mind, le film de la décénnie, qui bénéficie d’un des meilleurs scénarios de l’histoire. Suivi de deux petits films (La Science des Rêves, Be Kind Rewind) qui confirment les ambitions modestes de Gondry sans Kaufman.
Et toi, c’est quoi tes clips préférés ?




“Sweater Song” de Weezer, réalisé par Spike Jonze, pour le plan séquence, l’effet retourné du début, le morceau, monumental, et parce que Spike (qui a un prénom de chien) y a inventé le “ralenti accéléré” depuis pillé par toute une génération de vidéastes…
“Mia Bocca” de Jill Jones (égérie de Prince à l’époque de Prince & The Revolution), réalisé par Jean-Baptiste Mondino, parce que ce grand gaillard à casquette de Serge Daney avait bien raison en disant :
« Que fait Mondino ? […] Il part du fait que le clip est court, que la beauté est éphémère, que la grâce est rare, et qu’il y a plus de choses dans un seul petit mouvement réel, que dans les grands écarts stockés dans notre mémoire cinéphilique […] Il se demande de quelle beauté subliminale et inédite, les mouvements de faible amplitude sont porteurs. Mondino, par exemple, est un poète de la hanche et du déhanchement. »
Libération 30 octobre 1987
PS: c’est un peu la gêne, mais bon, c’est toujours cool de voir ses fantasmes d’âge tendre les moins avouables miraculeusement légitimés par l’intelligentsia française !
Oui l’intelligentsia française a toujours eu besoin de légitimer ses plaisirs coupables par des écrits à la limite de l’abstraction.
Très beau clip, en effet, merci!
Oserais-je ajouter deux clips qui ont élevé crade au rang de sublime???
Aller hop je me lance : Beautiful People de Marilyn Manson et Closer de NIN.
Dans un autre genre The Perfect Drug de NIN est bien aussi.
LE crade!! oh c’est fin…
Tu fais bien de mentionner Closer, c’est une autre grande réussite de Mark Romanek dont je parlais plus haut!
Juste pour rajouter, dans la liste de clips de Spike Jonze, le morceau de Pharcyde “Drop”, tourné à l’envers, pour etre ensuite repassé à l’endroit.. C’est un peu long une fois qu’on a vu le principe, tant pis le morceau est juste génial….. So 90′s.
Virtual Insanity de Jamiroquai est vraiment génial et le clip est encore mieux!
Je t’aime mickeal Jackson tes mon héroos !!!
Tes tros beaau & foort & Je suis une plus grande fan de toii !! Bisous.