Tous les moyens sont bons pour attirer de nouvelles recrues. C’est ce que nous enseigne la dernière campagne de pub lancée par l’Armée de terre pour convaincre notre jeunesse de lui confier son avenir. Le message s’adresse au sauvageon désoeuvré qui ne sait quel sens donner à sa vie, au jeune cancre pour qui chaque jour d’école est un nouveau chemin de croix, au jeune basané indécis qui hésite encore entre la casquette Lacoste et la Burqa , et qui, de fait, incarne une menace pour notre chère identité: à tous ces ennemis de la paix sociale, à tous ces pauvres diables moins préoccupés par leur avenir que par la perspective séduisante de se masturber frénétiquement une fois de plus, la Nation donne une dernière chance.
Mais quel est donc ce New Deal? Plus de mixité sociale dans les universités? Plus de bibliothèques dans les quartiers sensibles? Moins de discrimination à l’emploi et au logement?
Que nenni. Rien de tout cela. Circulez, y a rien à voir! Par contre, pour ceux que ça intéresse, il reste la possibilité de trouver un job peinard dans l’armée de terre. Et ils sont nombreux, ces jeunes décérébrés qui peuvent enfin se rendre utile en devenant de la chair à canon pour talibans, si l’on en croit les marketeux engagés par le ministère de la défense. « Devenez vous même ». Petit cousin du célèbre Just Do It, cette formule individualiste invite sereinement le jeune troufion à se forger un destin d’exception en devenant……..un matricule assorti d’une paire de bottes. Le slogan de cette gigantesque opération de séduction est d’ores et déjà visible dans toutes les stations de métro et, fait plus inattendu, martelé sur certains jeux vidéos. Les zozos qui passent la journée, le joystick à la main et la bave au menton ont pu mesurer l’intérêt soudain que leur portent les hommes en kaki. Ainsi, sur certains jeux de courses automobiles disponibles sur XBox, l’affiche occupe les encarts publicitaires de façon quasi-subliminale. 
Réponse du porte-parole de l’armée à tous ceux qui ne veulent pas d’un autre mauvais remake de The Mandchurian candidate: « C’est une simple piqûre de rappel des spots télé, une forme de publicité qu’on appelle “incrustation” dans les jeux vidéos. Le défilement des images dépend de la vitesse à laquelle le joueur roule sur ce jeu de rallye mais il n’y a pas d’intention “traître” de la part de l’Armée de Terre. » Et d’enfoncer le clou en faisant valoir que l’Armée ne souhaite pas communiquer sur les jeux de guerre et les jeux violents type Grand Theft Auto…Nous voici rassurés, l’armée française ne tient pas à s’associer aux pérégrinations de gangsters virtuels amateurs de gangbang et adeptes du dézingage en série.
Sinon, il existe d’autres filières d’orientation pour les morveux qui ne seraient pas laissé hypnotiser par les militaires: la Police nationale promet, elle aussi (même si elle ne dispose pas de moyens semblables à ceux de l’armée) un avenir radieux aux jeunes gens que le Droit et la Finance n’intéressent pas. Finies les harangues hypocrites du type « Devenez vous même », le slogan de la Police serait plutôt: « Toi aussi, pulvérise des délinquants avec ton Taser flambant-neuf ». Finie aussi, la communication virtuelle et aliénante; rien de tel que la proximité avec la jeunesse, le bon vieux showroom ayant prouvé son efficacité depuis longtemps.
Ainsi, lors d’un salon des métiers dans le Jura, un policier ayant visiblement pris trop à coeur son travail de pédagogue, a au cours d’une démonstration devant un parterre de collégiens médusés, malencontreusement « tasé » un jeune garçon âgé de 15 ans afin de montrer à quel point le métier de policier est « fun » et gratifiant.
Le fonctionnaire de police, selon les dires de sa hiérarchie, regrette cet incident fâcheux.
Le garçon, après une nuit en observation, est, quant à lui, hors de danger.
La pauvre Britney est bien embêtée ! Elle était partie pour passer une bonnne soirée aux Grammy Awards, mais voilà qu’en sortant de sa limousine, elle a réalisé d’un coup qu’elle avait oublié quelque chose en partant de chez elle. Le problème, c’est qu’elle a eu beau chercher très fort dans sa tête, impossible de savoir quoi !
Sauras-tu l’aider à se souvenir de ce qu’elle a oublié ?
A toi de jouer!
Je sais qu’il est temps que j’explique ma disparition. Je suis une personne assez crédule. Quand je lis quelque chose dans un journal ou un magazine sérieux, j’y crois. Et quand la lecture comporte des recommandations potentiellement importantes, je les mets en oeuvre. C’est ainsi que je me suis retrouvée il y a quelques années à tenter de manger cinq fruits et légumes par jour pour lutter contre le cancer. Au départ, je n’avais pas bien compris, je pensais que 5 tomates cerises et 5 raisins feraient l’affaire. Puis on m’a dit que c’était cinq portions! Je me suis donc rapidement retrouvée à essayer de manger cinq bananes et cinq pommes de terre par jour (parce que c’est meilleur que les courgettes), ce qui me prenait pas mal de temps en termes de réflexion et de consommation. Comme il fallait aussi y adjoindre plusieurs portions de poisson, de laitages et de féculents et boire un litre et demi d’eau, j’ai dû prendre des RTT pour avoir le temps de consommer tout ça et pour digérer en paix. Cinq kilos supplémentaires plus tard, j’ai repris mon régime habituel, mon travail et mon cheminement vers le cancer.
Il y a quelques semaines, pendant mes vacances américaines, en tombant sur un article dans le très sérieux Huffington Post (l’article ayant été co-écrit par une journaliste de Glamour, dont la crédibilité a déjà été discutée en ces lieux, j’aurais dû me méfier…), je me suis dit que tant qu’à vivre peu, autant vivre bien et en possession de tous mes droits et de toutes mes capacités. L’article proposait en effet aux femmes d’améliorer durablement la condition féminine, en prétendant avoir trouvé la solution ultime pour toutes les dindes de leur pays (dont je faisais partie à l’époque).
Car comme chacun sait, les femmes occidentales souffrent. Les femmes occidentales sont opprimées. Les femmes occidentales ne savent plus comment faire. Pendant des siècles, des féministes acharnées se sont battues, parfois au péril de leur vie ou de leur liberté pour que nous ayons le droit de mettre un bout de papier dans une boîte. Pour que nous ayons le droit de demander le divorce, d’épouser qui bon nous semble, d’apprendre à lire et à compter, de copuler avec qui bon nous semble, où bon nous semble et quand bon nous semble, d’avaler un comprimé chaque matin pour éviter de procréer inutilement, pour que nous puissions travailler, gagner notre vie sans dépendre de personne, mettre fin à une grossesse non désirée sans demander l’aide du boucher du coin. D’Olympe de Gouges à Fadela Amara en passant par Simone number one et Simone number two, elles ont revendiqué, protesté, écrit, signé, pleuré, défendu, légiféré pour Nous.
Et parce que nous ne sommes jamais contentes et que rien n’est jamais suffisant, on continue de se prendre pour des minorités opprimées parce que nos salaires ne sont pas égaux à ceux des hommes, que nous sommes discriminées à l’embauche, qu’on nous reluque le cul quand on parle de géopolitique, qu’on reste les seules à passer l’aspirateur, qu’on nous propose des promotions-canapé et qu’on nous quitte pour des jeunes minettes à la peau plus fraîche et à la moue compulsive tandis qu’on s’efforce d’être des wonder-women.
Du coup, des psy, journalistes, coach en tous genres feignent de se démener pour parfaire notre condition. Grâce à ces deux journalistes américaines, j’ai cru que c’était désormais dans la poche.
Ce qu’elles proposent? Dormir. Dormir plus pour avoir plus de pouvoir. Dormir plus pour améliorer la condition de toutes les femmes du pays. Je sais, dit comme ça, ça paraît très con, mais en lisant tout l’article on finit par y croire et par se dire qu’en mettant en pratique leurs recommandations on sera bientôt nommée PDG de notre entreprise.
Leur raisonnement? Les Américaines sont de plus en plus privées de sommeil et fatiguées, apparemment davantage que les hommes puisqu’elles s’épuisent à tenter de compenser les discriminations dont elles sont victimes au travail. Ce qui crée un cercle vicieux. Le tout est attesté par un docteur très sérieux qui ajoute que le manque de sommeil nous rend sujettes aux maladies, au stress, aux accidents de voiture et à la prise de poids. Il jure en effet que dormir permet de perdre du poids plus facilement que le sport. A ce stade, je suis convaincue et prête à faire tout ce que me diront mes nouveaux gourous. Elles en rajoutent une couche en nous assurant qu’en nous privant de sommeil nous prenons de moins bonnes décisions au boulot, dans nos relations de couple et toute autre situation importante (probablement comme lorsque je décide de manger cinq avocats par jour) et prennent Bill Clinton à témoin. Ce dernier aurait dit que les principales erreurs de sa vie étaient dues à une fatigue excessive. C’est d’ailleurs très certainement parce qu’il était trop fatigué qu’il a laissé Monica s’agenouiller dans le bureau ovale et qu’il a ensuite menti alors qu’il était sous serment.
Enfin, elles nous rappellent que le manque de sommeil est une forme de torture et une stratégie très utilisée par les sectes pour manipuler leurs victimes. Elles nous mettent face à nos responsabilités: Ladies, est-ce que nous voulons prendre nos vies en main ou nous traîner telles des zombies privées de libre-arbitre? Sincèrement, qu’auriez-vous fait à ma place? Et bien, je vais vous le dire, vous auriez fait comme moi et vous auriez décidé de dire non au « zombie side of things » et de dormir des nuits complètes pendant un mois (one-month sleep challenge), c’est-à-dire un minimum de sept heures et demi selon le fameux docteur.
Le souci c’est que, comme l’a récemment dit le Pédé, je suis une perfectionniste névropathe. Je me suis donc retrouvée à me coucher chaque soir à 22h et à ne plus trouver le temps d’écrire. Ce que mes gourous ont omis de mentionner (mais que le Juif aurait pu me dire) c’est que plus on dort, plus on est fatigué. Je pensais pouvoir écrire le week-end mais je n’arrivais plus à ouvrir un oeil avant 15h. C’est donc hier, en prenant mon petit déj’ à 16h, que j’ai décidé de dire stop et de redevenir un zombie opprimé mais éveillé et actif. Et en voulant lire les réactions d’autres cruches ayant relevé le sleep challenge, je suis tombée sur un article à propos d’une jeune fille turque ayant été enterrée vivante par sa famille pour avoir parlé à des garçons. Je suis sûre qu’elle devait manquer de sommeil elle aussi quand elle est allée leur parler en toute inconscience. Si seulement elle avait pu lire cet article à temps…
Avant, j’étais aveugle. Maintenant, je vois.
Avant, c’était avant d’aller chez à Ikea. Durant toutes ces années, je ne connaissais pas réellement le sens du mot « confort ». Je pensais que le fait de posséder un porte-savon aurait fait de moi quelqu’un d’efféminé. De la même façon, en refusant de me munir d’un tapis de bain, j’acceptais tragiquement de mourir de la façon la plus grotesque qui soit: me rompre le cou sur le rebord de ma douche après que mes grands pieds mouillés ont comiquement glissé sur le carrelage froid de ma salle de bain.
Je suis de cette génération de jeunes hommes qui se sont mis à vomir la société de consommation après avoir vu Fight Club dans leurs années de formation (mais qui paradoxalement, ont tous cherché à se procurer la sublime veste en cuir de Tyler Durden en sortant de la salle de cinéma). Comme Tyler, nous étions persuadés de n’avoir besoin de rien si ce n’est d’une couverture chaude et éventuellement d’un opinel pour pouvoir chasser le daim.
Une couverture et un gros canif, c’est tout ce qu’il nous aurait fallu.
Et puis, elles entrèrent dans nos vies. Au début, elles étaient discrètes, se contentant de peu. Elles n’avaient aucun problème à dormir sur un oreiller sans taie. Chaque visite dans notre caverne était pour elles une victoire. Et puis, elles virent le potentiel de notre taudis malodorant et se mirent en tête d’en faire un petit nid douillet. Elles entreprirent de coloniser nos studettes et commencèrent à exiger que nous nous procurions des bougies, une râpe à fromage, un chausse-pieds, des coussins (beaucoup de coussins), une louche, des plantes vertes, des rangements de toutes sortes, des sets de table etc…Désireux de conserver le privilège de les voir toutes nues, nous cédions à tous leurs caprices.
Enfin, elles se mirent à prononcer les trois syllabes tant redoutées: I-KE-A.
Et voilà comment je me suis retrouvé il y a quelques jours à arpenter les allées maudites du temple suédois. D’abord réticent, je regardais avec mépris tous ces pauvres diables munis de leur mètre et de leur petit crayon à papier. Intérieurement, j’étais déterminé à ne jamais abjurer ma foi en Tyler Durden, puis soudain, je vis une porte s’entrouvrir, par laquelle sortit un vendeur tout de jaune vêtu, laissant découvrir juste derrière lui un énorme portrait en noir et blanc, représentant le maître des lieux, Ingvar Kamprad, fondateur d’Ikea.
La conversion eut lieu instantanément: Ingvar me fixait de son regard à la fois rassurant et majestueux. Ce Monsieur, qui eut certes quelques accointances nazies dans sa jeunesse (que celui qui n’a jamais péché…), ne désirait rien d’autre que mon bien; je comprenais peu à peu à quel point il était inutile de lutter; toutes ces années j’avais vécu dans l’erreur. Ces choses que je me refusais à posséder étaient en réalité essentielles; il était grand temps d’entendre l’appel du nid, de jeter ma vieille couverture en peau de daim et de la remiser contre le presse-ail, véritable totem du bien-être occidental.
A présent, je possède aussi un très joli tapis de bain. Je ne mourrai donc pas la nuque brisée. Ce sera l’infarctus, probablement.
Suis apaisé.
Non, nous ne sommes pas morts.
Comme vous l’avez sans doute constaté, je ne suis pas le seul a avoir été foudroyé par ce mal terrible qu’est la Page Blanche (mais notez cela dit que je suis le seul à l’avoir admis publiquement, ce qui fait de moi un être bouleversant d’honnêteté, si, si, je vous assure). Appelons ça un coup de pompe post-fêtes. Appelons ça la fin de la première saison. Appelons ça Marie-Cécile si ça peut vous faire plaisir, et tournons nous vers le futur.
J’ai l’honneur de vous annoncer que La Gêne est de retour.
Après une réunion d’urgence, nous avons posé les bases de Le Gêne 2010, une Gêne nouvelle, une Gêne réinventée, une Gêne moderne.
Extrait:
L’ARABE: Putain les mecs (ndlr: oui, Le Meuf est un mec, c’est comme ça), il faut vous y remettre SERIEUSEMENT, sinon comment je vais faire pour niquer moi ?
LA MEUF: Je crois que tu ne comprends pas bien la situation. Je n’ai rien écrit depuis deux semaines. Ca y est. Tout est fini. L’inspiration est partie, et elle ne reviendra jamais. Je suis finie.
LE JUIF: Show me the money.
LE PÉDÉ: Où est mon jus de tomate?
L’ARABE: Non mais trêve de plaisanterie, je me souviens même plus comment on drague en vrai moi.
LA MEUF: Ma vie est foutue. Seule la mort peut me délivrer à présent.
LE JUIF: Show. Me. The money.
LE PÉDÉ: C’est possible d’avoir des amandes avec le jus de tomate, s’il vous plaît?
L’ARABE: Peut-être que je devrais me remettre à la drague pour m’exercer ? (à la serveuse) Bonjour belle enfant, vous avez un sourire exquis. Habitez vous toujours chez vos parents?
LA SERVEUSE: Mademoiselle, lâchez cette corde !!!!!
LE JUIF: SHOW ME THE MONEY !!!!!
LE PÉDÉ: Scrunch, scrunch. Sluuuuurp.
Comme vous pouvez le constater, c’est avec un sérieux inébranlable que nous abordons cette nouvelle année, qui promet d’être plus gênante que jamais.
Alors préparez-vous.
Préparez vous pour un Juif qui va vous faire tourner la tête mieux que Woody Allen et Kafka réunis, avec du couscous et des merguez en plus. Préparez vous pour un Arabe prêt à s’exploser pour vous satisfaire, que ça soit sur le papier, dans un bus, ou sur les parties génitales de ses lectrices préférées. Préparez vous pour une Meuf qui va sortir des kalashnikovs de sa crinoline, et qui va vous montrer qu’on peut être à la fois La Belle ET La Bête. Préparez vous pour un Pédé qui va tellement briller que même cette difformité ambulante de Christine Boudin militera pour lui accorder le droit d’adopter et de transmettre son génie à l’humanité toute entière. Ahem. Bref.
En gros, on est sur le coup.
C’est Lundi. Lundi matin. Comme dans « le point le plus éloigné de la fin de ta semaine ». Je sais plus où j’ai vu ça, mais les statistiques de suicide atteignent un pic le dimanche soir. C’est cool, hein, comme sujet d’article pour débuter ta semaine. Le truc, c’est que j’ai passé un week-end de merde, et qu’il n’y a pas de raison que je sois le seul. D’ailleurs, je sais même pas pourquoi je m’apprête à faire ce que je m’apprête à faire, je ne suis pas sûr que tu le mérites (Ça, ça s’appelle un effet d’annonce. C’est censé te faire saliver d’envie et te faire exploser l’expectative).
Le secret, le Lundi Matin (Je le met en majuscule parce qu’une enflure de la sorte les mérite, ses majuscules) c’est une petite concoction de 5 chansons bien précises, qui te permettent, lorsqu’elles sont prises ensembles, de te refaire un santé mentale en un rien de temps et de, parfois, si t’as pris assez d’ecstas au poppers avant, te tirer un sourire en cette si triste et funeste première journée de la semaine. 5 titres inspirés par le personnage de Jack Black dans l’excellent High Fidelity du nom moins excellent Stephen Frears. Alors aujourd’hui, lecteur, lectrice, ami, amante, voisin de métro qui a oublié de mettre du déo ce matin, je te le donne mon secret. Je te le donne avec joie:
Le Tigre – Deceptacon
Blam! Headshot! comme on dit dans le métier. La voix rageuse de Kathleen Hanna a l’avantage de vaincre à coup sûr les dernières traces d’oreiller en travers de ta gueule, et le rythme éléctro-punk (comme on disait dans le temps – le temps, c’est 2004 -sic-) en font un incontournable du réveil énergique. Si tu aimes, tu peux aller écouter Hot Topic ou My Metrocard.
The Coral – Dreaming Of You
Le problème de Dreaming of You, c’est la tendance que les gens qui l’écoutent ont à la chanter à tue-tête en même temps. Ce qui peux être gênant dans un wagon bondé de la 13 à Place de Clichy un lundi matin à 8h35. L’avantage, c’est que si personne ne t’as cassé la gueule parce que tu lui hurlais « Up in my lonely roooom! When I’m dreeaaaming of youu! » dans les oreilles, les gens avec lesquels tu partage cette rame de la ligne la plus atroce de Paris ont eut-être une chance de reprendre le refrain avec toi. Et donc d’avoir le droit de faire une appartion dans une comédie romantique un peu mièvre.
Hall & Oates – You Make My Dreams
Tiens, en parlant de comédie romantique un peu mièvre, un des rares moments de grâce de 500 Days Of Summer a cette chanson pour toile de fond. Séquence de comédie musicale entraînante, montrant les effets euphorisant d’une pipe et d’une levrette sur l’aigri mièvre lambda (donc, par exemple, sur moi) ce morceau de bravoure n’en cache pas moins l’échec de propos d’un film qui, formellement, était pourtant plein de promesses (Moi aussi, je peux faire des phrases compliquées comme le Juif pour parler ciné). Il en reste ce fabuleux titre d’un des groupes les plus méprisés de l’autre côté de l’Atlantique. Faut dire, que sans déconner, les gars, c’est quoi ces dégaines?
The Proclaimers – I’m Gonna Be (500 Miles)
Mon ex-coloc, qui est anglaise, et qui le vit plutôt pas trop mal, entendant les premières notes de ce morceau s’échapper de mes enceintes, avait un jour débarqué dans ma chambre en hurlant « MAY TOU CONNAY THE PROCLAIMERS?? ». Le fait que je sortais de ma douche et que j’étais justement en train de me sécher les cheveux ne l’a pas empêché de s’asseoir sur mon lit pour me dire que I’m Gonna Be est aux soirées étudiantes anglaise ce que les Lacs du Connemara est aux beuveries de Grandes Écoles françaises: le morceau qui clôt la soirée, quand tout le monde glisse dans son vomi, que les lumières se rallument et que tu réalises que la fille canon que tu es en train de galocher depuis 20 minutes est en fait un rugbyman très possessif. Sinon, vous l’avez aussi entendue chantée à tue-tête en boucle par Ted et Marshall dans un épisode de How I Met Your Mother. Oui. Je te donne le droit de reprendre cette anecdote à ton compte pour te faire mousser en dîner mondain cette semaine.
Katrina And The Waves – Walking On Sunshine
Dans High Fidelity, Jack Black classe Walking on Sunshine à la 5ème place de son top, et nous n’en saurons pas plus sur les 4 premiers de son classement. Mais le titre en question a tellement de pep’s (je sais, je parle comme en 1986), d’énergie et de banane (je sais, je parle comme en 1977) qu’il restera pour toujours au Panthéon des chansons les plus sympas et motivantes du monde de l’histoire de la mort de la vie. Et pis c’est tout.
Oh! Ah! Hi! Comme je suis trop sympa grave de chez grave. Je t’en ai fait une playlist Spotify de ce top 5, et je te l’ai mise là: A Bad Case Of The Mondays
Chers amis, heureuse coïncidence, Spotify est, à partir d’aujourd’hui, open en France: Il vous suffit d’aller sur ce lien
Oui.
Je sais.
Je suis le meilleur.
Je ne suis pas blogger.
J’ai un vrai travail, je n’ai jamais eu de vocation journalistique, et je n’écris ici que parce que ça m’amuse. Pour être parfaitement honnête, il y a six mois, je savais à peine ce qu’était un blog. Et un soir, dans un restaurant italien de Saint-Germain-des-Prés (et oui, nous dînons parfois dans des restaurants italiens à Saint-Germain-des-Prés, en affreux bobos-parisiens-élitistes que nous sommes), autour d’une table avec mes amis La Meuf, L’Arabe et Le Juif, nous avons eu une idée. L’idée d’un blog à 4 mains, où nous parlerions, à tour de rôle ou ensemble, de tout et de rien. Où nous donnerions notre avis sur tout, comme nous avons l’habitude de le faire entre nous. Quelques semaines plus tard, à notre grand étonnement, nos premiers lecteurs affluaient, et à peine deux mois après la création de ce site, nous étions submergés de commentateurs déchaînés.
Et voici que six mois plus tard, nous avons des obligations vis-à-vis de ce lectorat durement acquis à la sueur de nos plumes. Obligation de produire, d’écrire, de s’exprimer, de s’insurger, de vociférer, pour faire tourner cette machine infernale qu’est La Gêne. Et parfois, ça n’est pas aussi facile que ça en a l’air. Ca n’est pas mon ami Le Juif, ce grand procrastinateur devant l’Eternel, qui vous dira le contraire. Ni La Meuf, cette perfectionniste sociopathe, qui passe parfois des journées entières à chercher des sujets, finissant par s’acharner avec toute l’énergie du désespoir sur les plus démunis. Seul L’Arabe semble ne jamais douter, tout motivé qu’il est par la perspective joyeuse de tringler toutes nos lectrices les unes après les autres.
Tout ça pour vous dire que je n’ai rien de particulier à raconter aujourd’hui, et que je suis bien embêté. J’aimerai vous distraire, vous faire rire, égayer votre matinée, illuminer votre journée, mais l’inspiration me manque. Pourtant, ça n’est pas faute d’avoir essayé. Je me suis même forcé à aller voir Invictus malgré ma récente aversion pour papi Clint, persuadé que cela m’inspirerait une critique enflammée, mais que nenni, cela ne m’a rien inspiré du tout, à part à chercher pendant deux très longues heures des synonymes au terme pachydermique. (J’ai trouvé éléphantesque, mais ça sonne moins bien).
Alors j’ai pensé à vous parler de A Serious Man, qui est un des meilleurs films des frères Coen, donc un chef d’oeuvre total, mais la seule chose que j’avais envie de dire sur le sujet c’est: ARRETEZ DE LIRE CE BLOG DE CRÉTINS ET FONCEZ VOIR UN GRAND FILM AU CINÉMA BANDE DE LARVES!!!, mais je me suis ravisé, estimant cette tirade peu commerciale. J’ai même pensé à vous parler d’un vieux film, histoire de faire mon malin, et puis je me suis dit que ça n’intéresserait probablement pas grand monde (parce que quand je dis vieux, je pense plus 1937 que 1994). En désespoir de cause, j’ai écumé les actualités du net, en vain: pas de Johnny Hallyday à hacher menu, de chanteur mal peigné à dégueuler ou de Cotillard à molester. Rien.
Alors il va me falloir être franc, car nous tenons à notre franc-parler (qui nous a d’ailleurs valu une image de provocateurs qui ne cesse pas de m’étonner, car finalement, qu’y a-t-il de plus convenu que de cracher sur l’Art contemporain, les dictateurs de tous bords, Luc Besson, ou Miss France? Non, je pense au contraire que nous sommes d’une consensuel affligeant, qui me donner parfois envie de me suicider au coupe-ongle).
Bref, la franchise ça donne ça:
Je n’ai rien à dire, et je t’emmerde, lecteur adoré. Alors cesse de me regarder comme ça, parce qu’avec ce non-article, je viens de dépasser la barre des 100 posts. On peut donc considérer que j’ai bien bossé.
Alors tu arrêtes de me foutre la pression, s’il te plaît.
Connard.
Bon weekend!
Cracher dans la soupe, ça nous est déja arrivé. Enfin moi, en particulier. Je suis comme ça, pas reconnaissant pour un sou. Ma mère a fait tous les efforts du monde, mais elle a échoué à m’inculquer ça. C’est pourquoi je n’ai aucun état d’âme à me retourner contre la plateforme qui, contre vents et marées, héberge notre blog depuis sa création.
Je me suis longtemps demandé pourquoi le taux de blogueurs un peu limites me semblait plus important sur WordPress.com que sur d’autres plateformes. J’ai longtemps mis ça sur le compte de la parano de l’arabe que je suis, et puis je me suis rendu compte que non, que je n’exagérais pas, et qu’il y avait une bonne brouette d’allumés à partager les mêmes serveurs que nous. Du xénophobe au frontiste d’extrême-droite de la Réacosphère en passant par le théoricien du complot et l’antisémite notoire, tout ce qui se fait de plus gerbant sur la blogosphère francophone semble s’y être donné rendez-vous. L’illumination m’est venue il y a quelques jours: Les serveurs de WordPress.com, start-up américaine émanant de WordPress.org et d’Automattic, se situent aux Etats-Unis. Les lois française de diffamation et anti-xénophobes ne s’y appliquent donc pas. WordPress est une sorte de Far West du web francophone. Protégés par le sacrosaint 1er amendement de la Consitution US, tout ce que la blogosphère a de réacs, de fachos, d’antisémites et de paranoïaques violents se retrouve confortablement, dans une odeur de fin du monde, sur la plateforme que nous aimions appeler « maison ».
Certains de ces blogueurs, attirés sans doute par le ton caustique et assez tranché de nos articles ont, aux premiers jours du blog, cru trouver en nous des âmes jumelles. Ils ont confondu prise de position et racisme primaire, se sont basés sur des amalgames foireux, et, se rendant enfin compte de leur méprise, nous ont dit qu’ils ne reviendraient plus. Sur le papier, donc, on ne devrait pas trop s’en soucier. Ils font ce qu’ils veulent dans leur coin, et nous, ce que l’on veut dans le notre. Mais voilà. Le temps passe, et les blogs caracolant dans le top 5 frisent tous avec l’extrême, à gauche comme à droite. De la théorie du complot et délires ufologiques d’Area 51 et de Shoah Planétaire aux prises de parti xénophobes de French Carcan ou Chute Finale, tout ce que l’opinion personnelle a de plus bas se déverse tous les jours autour de nous.
Qui suis-je pour statuer de la qualité d’une opinion personnelle? Et bien je suis moi. Et moi, je n’aime pas être mis dans le même sac que French Carcan, La Chute Finale (qui, ô joie, a mis fin à l’un des blogs les plus ignobles qu’il m’ait été donné de lire) ou les gars de Kamerun Scoop.
C’est pourquoi je pense qu’il faut que nous prenions les voiles, et que nous laissions wordpress.com derrière nous. Avant, il va falloir vous habituer à consulter le blog en utilisant son vrai nom de domaine (www.cestlagene.com). Mais avant de nous barrer, je voulais régler leur compte à deux sous-merdes qui sévissent ici… Deux abrutis fiers de leur bêtise et de la vacuité argumentaire de leurs avis: Allain Jules et Parallax. L’un tient son blog éponyme, l’autre, le tout aussi illisible Kamerun Scoop. Ce dernier est sûrement le plus absurde. Fier défenseur bec et ongle de Dieudonné et des théories antisémites de ses sympathisant sous couvert d’un « antisionisme » plus politiquement correct, il cache sa haine du juif et un discours puant derrière la même excuse bidon que Dieudonné viole tous les matins: la liberté d’expression. Alors écoute moi bien maintenant, j’ai peut-être des idéaux républicains surrannés, mais pour moi, la liberté d’expression s’arrête où commence celle de l’autre. En gros, tu es libre de dire ce que tu veux tant que tes propos n’attisent pas la haine d’une partie de la population. Tu te dis admiratif d’ordures comme Kami Seba ou Alain Soral, faisant tourner dans un mouvement perpétuel vomitif les vidéos de ces différents théoriciens de « l’anti-communautarisme », et c’est pour cela que je suis chaque jour affligé par la place que tu prends dans les blogs francophones de WordPress, et surtout par le nombre d’abrutis suivant et soutenant tes élucubrations. Je me répète mais tenir les propos que tu défends est punissable pénalement en France. Tu penses le contraire? Alors soit responsable de tes idées, va héberger ton tas de détritus en France. On verra si t’as toujours le « droit » d’ouvrir ta gueule. Quant à toi, Allain Jules, je n’ai pas grand-chose à te dire si ce n’est qu’avoir écrit quelques articles sur Fluctuat.net Agoravox NE FAIT PAS DE TOI UN PUTAIN DE JOURNALISTE! Un blogueur, tout au plus. Parce qu’à ce rythme là, moi, j’ai passé quelques disques en soirée y’a deux semaine chez un copain, alors on va dire que je suis DJ Résident dans les plus grandes boîtes parisiennes.
Et non, je ne mets de lien vers aucuns de vos sites ou de vos articles parce qu’un lecteur de plus pour vous, quel qu’il soit, c’est un lecteur de trop.
P.S.: un merci tout particulier à Hanni, Joe et toute l’équipe de chez WordPress.com, qui nous ont sorti en un temps record de quelques coinçages techniques un peu chiants.
MàJ: Il s’avère, finalement, qu’Allain Jules et Parrallax ne seraient que l’unique et même personne. Pathétique (à voir ici et là)










