Ca vous a plu? Vous en d’mandez encore?
La suite, et fin.
Ca me fait tout drôle de devoir clore tout ça. Je vais essayer de ne pas dire trop de conneries.

C’est quand arrive le moment de fermer la porte derrière soi, sur un appartement qu’on a habité longtemps, dans lequel on a vécu des bonheurs intenses, d’abyssales déceptions, des murs qui vous ont vus dans votre meilleur état comme dans le pire, que survient le doute. Pourquoi je m’en vais? Pourquoi rendre les clés? On était bien ici, non? L’herbe a peu de chances d’être plus verte ailleurs, alors pourquoi?
Chacun d’entre nous a ses raisons. Moi, c’est parce que j’ai beau l’aimer de tout mon coeur cet appartement, ces quatre murs entre lesquels on a vécus, nous et vous tous, pendant maintenant presque deux ans et demi, je ne me sens plus aussi bon, et drôle et digne de votre lecture. Le cadre, l’anonymat (désolé pour ceux qui ont scrollé en bas de page pour y voir ma photo, je reste comme je suis), la vie, aussi, m’ont finalement donné l’impression de tourner en rond, ici. Et plutôt que de vous servir de la merde juste pour vous servir quelque chose, autant arrêter. Je ne m’en rendais pas vraiment compte lundi matin, lorsque Julien a posté ses adieux, mais je pense qu’il a eu le courage de faire ce que les autres avaient peur d’annoncer. Merci mon poulet, pour nous avoir mis “le feu au cul”.
Alors merci à toi, donc, Julien, pour ne m’avoir jamais épargné la critique lorsque je la méritais, merci à toi, Jo, pour avoir su pointer du doigt mes faiblesse avec douceur tout en nous poussant encore alors qu’on avait déjà un peu abandonné, merci à toi, La Meuf, pour avoir su m’écouter et me soutenir quand j’en ai eu besoin. Merci à vous trois de m’avoir fait rire, sourire, et pleurer, je me rends compte de la chance que j’ai eu d’avoir pu faire partie de cette aventure. Je n’en ai jamais vraiment douté, mais aujourd’hui, alors que tout se finit, j’en ai la certitude.
Merci à vous, tous, lecteurs, commentateurs, followers, haters. Merci de m’avoir donné maintes fois l’occasion de vous énerver de vous exaspérer, et de vous faire réagir. Merci de votre exigence. Je crois qu’aucun des trois autres ne l’a fait remarquer, mais on a eu la chance, ces deux dernières années et demie, de recevoir dans les commentaires de ce blog des avis beaucoup plus éclairés, drôles et intelligents que la moyenne des blogs français. La première fois que notre audience a explosé (merci Melissa, Hélène et Giulio), je me suis retrouvé dans une situation cocasse: en soirée, une fille qui ne savait rien de mon activité blogesque me dit, au détour d’une conversation: “oh, tiens, j’ai découvert un nouveau blog, c’est génial! C’est Un pédé, un arabe, un juif, une meuf qui écrivent ensemble, c’est super drôle”. J’ai répondu d’un innocent “Ah, bon? Tiens… Ca s’appelle comment?”. Sur quoi elle a enchaîné “Ca s’appelle C’est La Gêne, et le truc de fou, c’est que les articles sont biens, mais qu’en plus, les commentaires sont trop drôles, vraiment, j’y vais autant pour les articles que pour lire les commentaires…”. Alors voilà. Merci à vous tous d’avoir bien voulu à un moment ou à un autre, laisser quelques mots céans. Je m’excuse encore une fois si on s’est écharpés ensuite (mais honnêtement, vous l’aviez bien cherché).
Bon. Je pense qu’on a fait le tour. On a jeté des draps sur les meubles pour qu’ils ne prennent pas la poussière, j’ai été couper l’eau et le gaz. J’ai une chanson de Jean-Louis Aubert dans la tête, c’est idiot, et vu que j’ai pas envie d’être tout seul à être dans ce cas là, je vais vous la laisser. Un dernier coup de pute avant de partir.
Bon allez, on va pas s’éterniser, personne n’aime les adieux. Je vous embrasse fort. Tous.
Voilà. C’est fini.
La suite, part III.
Ça vous est déjà arrivé d’attendre un bus pendant des heures, de refuser d’admettre qu’il ne viendra jamais et au moment où vous vous décidez enfin à partir et continuer à pied, le bus vous passe sous le nez ? C’est un peu ce que j’ai ressenti lundi matin en découvrant l’article de Julien.
Cela faisait un bout de temps que nous le savions, CLG allait fermer boutique, mais c’était si dur à admettre après tout ce que ce blog nous a apporté. Et voilà que la décision est prise au moment même où la querelle entre la France et la Turquie me donne des envie torrides de « Ta gueule, Alain Juppé » ; où quelques ultra-orthodoxes hystériques de Jérusalem et ses environs éveillent en moi des pulsions de violence et de provocation* endormies depuis longtemps ; au moment où je découvre avec stupeur au détour d’un magazine français que Johnny Hallyday est probablement mort puisque sa femme se balade avec sa marionnette des Guignols en essayant de nous faire croire qu’il s’agit d’un être humain ; ou encore au moment où je me demande si c’est bien raisonnable de commencer une carrière de cougar (ou plutôt de puma selon Wikipédia).
Mais il faut se faire une raison et passer à autre chose, au risque de finir comme Johnny.
C’est la Gêne est probablement la meilleure chose qui me soit arrivée ces dernières années. Avoir pu créer ce site avec trois amis (sans que cela ait abouti à une haine féroce entre nous quatre), avoir contribué à la naissance d’une petite communauté de gens différents, ouverts, intelligents, drôles qui ne se seraient probablement jamais rencontrés sans ce blog, enfin, avoir pu utiliser l’écriture, sans censure, pour exprimer mes colères, mes peines, mes irritations, sans oublier notre rôle dans la chute de certains dictateurs, valait toutes les insultes, tout le temps passé à répondre, commenter, écrire, regretter, douter, jubiler. Je me souviendrai longtemps de la période où je rafraîchissais la page chaque seconde pour découvrir un nouveau commentaire de Diego, Nora, Lulu, Davidgeridoo, Philippe de Thrace, Docds, McFlee, la Zouzi, le Joueur, Le Pet financier, Guillaume Pascanet, la Capricieuse, VieuxFélin, Henri, YoussF, P2L, la Pasta, le Branleur, Antoine, et beaucoup d’autres, et pleurer de rire en douce dans mon bureau.
C’est la Gêne m’a permis de prendre de la distance dans mon job, de réaliser que celui-ci n’était peut-être pas aussi épanouissant que je l’avais longtemps cru, et peut-être aussi, d’une certaine façon, d’avoir le courage de tout quitter. Et grâce à CLG, aucune ville n’est vraiment étrangère, je rencontre des lecteurs à Jérusalem et je me sens un peu « à la maison ».
Comme je l’ai déjà dit il y a peu, je continuerai de raconter mon expérience d’expat ici et si l’inspiration ne me fait pas défaut et que les lecteurs de Julien et Joachim acceptent de lire ce que je pense des livres que je lis, choisis de façon purement arbitraire, vous me retrouverez aussi sur ce nouveau projet.
En attendant, je vous salue, et dans la vraie vie, je ne m’appelle ni Julien ni Joachim.
*Et oui, par « provocation », j’entends déambuler à poil façon Bruno dans les rues de Mea Sharim.
La suite, part II.
Et ben voilà, nous y sommes. Comme le Pédé l’a fait hier, je publie ici mon dernier post en qualité de Juif de CLG. N’étant pas fan des longs adieux (je suis de ceux qui pensent que le dernier quart d’heure du Retour du roi est une interminable torture, indigne de ce qui la précède), je me contenterai d’évoquer les deux principales raisons qui ont fait de cette aventure une expérience si mémorable à mes yeux.
Tout d’abord, ce blog a été celui de l’amitié. S’il m’a permis de mieux comprendre mes 3 amis et de raffermir mes liens avec eux, il m’a également donné l’opportunité d’échanger mon point de vue avec pléthore d’individus et d’étendre ainsi de manière inespérée, le cercle jusque là restreint des gens avec qui avoir une conversation passionnée. Pour le gars timide que je suis, cet outil a été en cela inestimable.
Mais ce que CLG a surtout apporté à ma vie créative, ce sont des retours à profusion, de la saine critique. Jusqu’à l’expérience CLG, tout ce que je produisais était exclusivement évalué à l’aune de mes propres standards de qualité. Dans tout ce que j’entreprenais, j’étais à la fois le bachelier, l’examinateur, le conseiller d’orientation, le flic, le juge d’application des peines et en fin de compte… le bourreau, celui qui décide que rien de ce que je fais n’est assez bon et que je ferais mieux de me laisser euthanasier laisser tomber pour passer à autre chose. Grâce à vos réactions, vos compliments, vos encouragements ou vos volées de bois vert, j’ai pris un peu plus confiance en moi et j’ai compris qu’il n’y a pas de création véritable sans une bonne dose de lâcher-prise.
Merci donc à vous, mes trois compères et merci à vous, commentateurs hystériques ou lecteurs de l’ombre. À très bientôt sur le futur magazine en ligne qu’évoquait hier Le Pédé et pour lequel l’impitoyable critique de “Intouchables” que j’ai promis de publier, est déjà prête (comme N. Diallo, j’ai tendance à penser qu’un peu de teasing ne fait jamais de mal).
Ah oui, j’oubliais. Dans la vraie vie, je m’appelle Joachim.
La suite.
Il y a quelques semaine, j’ai décidé qu’il était temps pour moi d’arrêter C’est La Gêne.
« Et sinon, quoi de neuf ? » me demanderez vous. En effet, il ne vous a sûrement pas échappé que ce lieu autrefois bouillonnant d’activité est depuis plusieurs semaines cruellement déserté par ses hôtes, et que l’ombre de la fin plane sur nous comme une horde de vautours sur une charogne faisandée. La Meuf a fait ses valises pour une nouvelle vie, L’Arabe se consacre désormais à des activités plus lucratives, tandis que seul Le Juif semble continuer à faire semblant d’y croire, artisan de notre dernier soubresaut, qui sonnait cependant moins comme un comeback étincelant que comme une oraison funèbre.
De mon côté, si je pressens le glas depuis un moment déjà, j’ai longtemps refusé de l’accepter. Pourquoi ? Parce que C’est La Gêne compte parmi les épisodes les plus décisifs de mon existence. Parce que j’en ai tiré tant de satisfactions que si je devais les passer en revue, je ne saurais même pas par où commencer. Et parce qu’aussi idiot que cela puisse paraître, c’est grâce à ce blog que je me suis trouvé.
Il y a deux ans et demi, lorsque nous avons commencé, ma présentation me résumait en ces termes: oisif professionnel. Traduction: je ne savais toujours pas pour quoi j’étais fait. Et puis j’ai commencé à écrire, et la question a rapidement cessé de se poser. Mais l’écriture ne m’a pas seulement ouvert des horizons professionnels, elle a aussi libéré ma parole ; elle m’a permis de définir mes idées, de découvrir qui je suis, et de le faire savoir à ceux qui m’entourent. Les imprudents qui m’ont fait du tort ne sont pas prêts de l’oublier.
Mais voilà, aujourd’hui, je ne peux plus nier qu’à mes yeux, C’est La Gêne est mort. Mort, parce que sa vie dépendait d’une synergie entre nous 4 qui n’existe plus. Mort, parce que nous n’avons jamais réussi à nous entendre pour le renouveler, et qu’il a fini par nous lasser. Mort, parce que certaines des bases de son succès (le format blog, l’anonymat) nous ont empêché d’en jouir pleinement. Mort, parce qu’un blog de potes ne peut pas se nourrir uniquement de threads Facebook.
Mais pour ma part, je suis encore bien vivant.
Et non, je n’ai pas du tout envie d’arrêter. Arrêter C’est La Gêne, oui, mais arrêter d’écrire, non. Je me suis donc mis en tête de reconstruire quelque chose. Quelque chose qui ressemblerait plus à un magazine en ligne qu’à un blog. Quelque chose qui parlerait de cinéma, de musique, d’art, de gastronomie, et de plein d’autres trucs vachement intéressants. Quelque chose qui dirait VA TE FAIRE ENCULER aux crétins qui dirigent les journaux encroûtés de notre bien-aimé pays. Quelque chose qui vous permettrait de nous retrouver, moi-même et Le Juif, et qui sait, peut-être même les deux autres…
Vous serez évidemment avertis dans les prochaines semaines via C’est La Gêne dès que ce projet aura vu le jour. Et pour ceux que ça intéresse, je suis actuellement à la recherche de contributeurs. Donc si vous savez écrire bien et drôle, si vous maîtrisez un domaine pas trop chiant, et surtout si vous avez du temps à perdre, balancez-moi un avant-goût de ce que vous savez faire sur julien.passemoilesel@gmail.com.
Et sinon, vous pouvez toujours prendre des nouvelles sur mon tout nouveau Twitter @JulienSamyK.
Que dire de plus? Que je vous aime même quand je vous déteste, que vous avez changé ma vie, que je vous suis éternellement reconnaissant, vous tous, les malins, les débiles, les drôles, les chiants, les instruits, les démoulés, les krisprolleurs, les provinciaux, les casses-couilles, les psychopathes et même les tueurs en série. J’espère vous recroiser dans un très proche futur.
Ah, et au fait, enchanté. Le Pédé s’appelle Julien.
Kikou
Comme le rappelait si justement La Meuf hier entre deux falafels, CLG n’a plus publié d’articles depuis Mathusalem (en gros, depuis le lynchage de Benito Mussolini Mouammar Kadhafi). Pour tous ceux qui ont vu grandir notre blog et qui ont connu l’épopée glorieuse des deux articles postés par jour, ce relâchement peut étonner. Mais il faut se garder de juger trop vite CLG et faire l’effort de se mettre dans la caboche d’un blog afin de comprendre ce qui le fait courir et ce qui le fait roupiller. Car en fin de compte un blog, à bien y réfléchir, c’est presque comme une vraie personne.
Un blog ça peut ne pas avoir envie de se lever le matin. Les petits gestes anodins de la vie quotidienne (se laver les dessous de bras, s’épiler le maillot, nettoyer son congélateur) peuvent certains jours lui apparaître comme autant de taches insurmontables. Un blog, ça a besoin d’être écouté; s’il existait un numéro vert, ça voudrait bien consulter pour pouvoir évoquer ses problèmes existentiels mais jusqu’à preuve du contraire, un psychologue pour blog en difficultés, ça n’existe pas.
Un blog, ça rumine souvent ses succès d’antan, l’ivresse causée par la nostalgie d’un l’âge d’or le rendant prématurément amer. Après avoir connu la gloire, fait le tour du monde, terrassé des dictateurs, envoyé au tapis des rappeurs homophobes et obtenu un quasi Prix Nobel (—————————————–>) un blog ça se dit que les meilleures années sont derrière lui.
Un blog ça peut avoir la maladie d’Alzheimer: après avoir hébergé des hordes de commentateurs sous son toit, après les avoir aimé, détesté, injurié ou tout simplement baisé, ça se réveille un matin, l’air hébété et ça se dit: “Fichtre, qui sont ces gens qui me parlent?”
Un blog ça pense tout le temps à la mort. Comme une vraie personne inadaptée et morbide, un blog ça se demande s’il fera beau le jour de son enterrement; ça se demande également quels seront ceux de ses pairs qui feront le déplacement et ceux qui argueront d’un empêchement de dernière minute pour ne pas avoir à prendre le train. Il imagine aussi les montagnes de lettres de condoléances, de fleurs et de statuts Facebook affichant sobrement: “R.I.P C.L.G”.
Un blog ça imagine aussi les vibrants billets In Memoriam que lui consacreront ses blogs amis dans leur Home Page; parfois il aurait envie d’être un peu prévoyant et d’envoyer d’ores et déjà des suggestions d’hommages bouleversants à ses compagnons ès blogroll.
Un blog ça réfléchit aussi à la chanson la plus appropriée pour conclure son oraison funèbre: Many Rivers to cross de Jimmy Cliff ou Highway to hell de ACDC?
Un blog, parfois, ça en a marre de voir des films d’artistes même si c’est ça qu’il aime; il aimerait bien lui aussi s’aérer la tête au cinéma devant quelque chose de frais et divertissant; il décide alors qu’il va aller voir “Intouchables” et qu’il aimera. Malheureusement, en sortant de l’UGC Ciné Cité les Halles, le blog déjà passablement désespéré n’a plus qu’un souhait: se jeter dans la Seine afin de s’y fracasser le crâne contre une péniche.
Un blog, ça se regarde dans le miroir et se dit qu’il a pris un putain de coup de vieux (deux années et demi équivalant pour un blog à 71 ans pour une personne humaine).
Un blog, ça se vexe lorsque les petits jeunes, rompus aux dernières tendances en matière de design graphique, lui conseillent de jeter ses vieilles nippes vertes pâles et roses fluo (so 2009) au profit d’une nouvelle tenue flashy qui lui redonnerait un peu de sex appeal.
Un blog, ça passe des soirées entières à sangloter en caressant la vieille photo jaunie de son animal domestique vénéré, le seul être ayant jamais compté pour lui ,décédé dans des circonstances jamais élucidées.
Bref, un blog ça se demande à quoi bon, puis ça se relève un beau jour et avec un peu de chance, ça se remet à vociférer.
La Meuf délocalise.
Ceux qui, abonnés à notre RSS, Newsletter ou compte Twitter, auront cru à un réveil de notre léthargie-espérons-le-passagère risquent d’être déçus. Ceci n’est pas vraiment un nouveau post. Ce n’est pas une pipe non plus. C’est juste une annonce. En raison de mon récent changement de pays et de vie, j’ai des envies d’écriture qui s’éloignent un peu de la ligne éditoriale de CLG, si tant est que nous ayons une ligne éditoriale. Et puisque cela coïncide avec la création d’un nouveau site sur Israël sur lequel on a gentiment offert de m’héberger, j’ai décidé, d’un commun accord avec mes trois connards préférés, d’écrire ces articles sur ma vie israélienne ICI. Ça ne veut pas dire que je quitte CLG. Si j’ai autre chose à raconter, à critiquer, à insulter, c’est sur CLG que ça se passera. Donc si ma vie hiérosolymitaine vous intéresse, vous êtes les bienvenus, si vous voulez commenter, faites comme chez vous, je répondrai, si vous voulez être notifiés des prochains articles, abonnez-vous au RSS, Twitter, Facebook, whatever. Et si ça vous gonfle, vous pouvez rester ici, prier pour que le Juif se réveille, que l’Arabe arrête de draguer sous les platanes au clair de lune à coup d’ « exquis moments » en rafale, que le Pédé revienne de sa lune de miel et que j’aie à nouveau des envies de « ta gueule » en me réveillant le matin.
Sinon, vous pouvez aussi aller vous faire foutre.
Sur ce, je vous laisse et j’espère retrouver certains d’entre vous sur coolisrael.fr.
Mission accomplie?
Nous y voilà. Après un suspense de 8 mois, le régime de Mouammar Kadhafi a fini par tomber. Politiquement et militairement, la dictature, lâchée par quasiment tous ses soutiens extérieurs, était défaite depuis plusieurs semaines déjà. Mais c’est avec les images de la mort du tyran que l’ère Kadhafi a pris fin dans la conscience mondiale.
Alors ces images, que disent-elles? On pourrait croire qu’elles montrent, dans la plus pure tradition des contes pour enfants, le juste retour de bâton d’un grand méchant qui récolte les fruits des souffrances qu’il a causé. Les médias qui ont relayé avec avidité ces images (et qui ont une fois de plus joué les Hamlet de papier, chacun y allant de son sempiternel édito “Devions-nous ou pas montrer ces images?” dans un simulacre d’auto-critique) n’ont rien publié d’inhabituel par rapport à leur tradition iconographique: ces images ne constituent pas une rupture avec la représentation de la violence rapportée par l’information liée aux conflits dans les pays du Sud. Qu’y a-t-il de moins inhabituel sur nos manchettes qu’un corps basané ou africain criblé de balles et baignant dans son sang?
Les optimistes ainsi que ceux qui ont placé toutes leurs billes sur le Conseil National de Transition veulent faire croire et se faire croire que le clip gore montrant Kadhafi se faire éviscérer dans l’allégresse n’est que le dernier soubresaut d’une violence qui ne prévaudra pas dans la Libye nouvelle. Ces images ne constituent pas l’inévitable épilogue du récit kadhafien, mais elles sont l’en-tête d’un nouveau chapitre, la preuve que loin d’incarner une quelconque stabilité fondée sur le droit, le CNT n’est qu’une agrégation de bandes armées, des seigneurs de la guerre incapables de contenir la cruauté hystérique de leurs combattants excités par l’odeur du sang. De la liquidation pure et simple du dictateur aux pèlerinages joyeux autour de sa dépouille crasseuse dans une chambre froide de Misrata, l’état émotionnel de la Libye nouvelle n’augure rien de bon.
Car ce que les téléphones portables ont immortalisé à Syrte jeudi dernier n’a rien de glorieux, ni d’historique: l’insoutenable agonie d’un vieillard couvert de sang molesté avant d’être exécuté sommairement. Une fin abominable qui nous fait oublier le despote meurtrier pour révéler le visage tragique d’un individu seul au monde à qui ces bourreaux réservent un traitement que nous ne souhaiterions à personne (de Hitler à Dutroux en passant par Cauet). Dans ses derniers instants, Mouammar Kadhafi a donc, même si cette idée me répugne, rejoint la communauté des hommes dont je suis, celle de la compassion quasi biologique pour qui m’est semblable.
Qu’attendons-nous au juste du CNT? Qu’il fasse prévaloir un semblant de morale politique fondée sur le droit ou au contraire qu’il perpétue l’inique loi du talion? Qu’il assume son rôle d’autorité intérimaire administrant la Libye avant que son peuple ne décide de son destin par les urnes? Ou bien qu’il tombe le masque pour révéler ce que nous supputons depuis le début: que le Conseil National de Transition n’a de transitoire que le nom.
Encore une fois, nous avons choisi de soutenir cette organisation politique nommée CNT que le sang a déjà spectaculairement éclaboussé. Sans pour autant demander l’impossible aux Libyens, exhortons les à s’engager sur la voie du mieux. Évitons donc d’employer des gros mots du type “démocratie” ou “droits de l’homme” que nous ne sommes même pas capables d’incarner et qui ne parlent à personne, cessons de vouloir faire de ces peuples aux usages, aux référents et aux valeurs différentes des nôtres, des états clones, cela ne marche visiblement pas. Mais n’ayons pas peur d’en imposer à nos nouveaux partenaires (puisqu’ils nous sont redevables) en leur demandant des comptes sur le passé kadhafiste de leurs dirigeants politiques; demandons-leur de s’expliquer sur le cursus djihadiste de certains de leurs chefs militaires (notamment celui de Adelhakim Belhadj, ancien transfuge d’Al Qaeda, passé par les geôles de la CIA, puis reconverti dans la rébelion et désormais célébré comme le libérateur de Tripoli); demandons-leur également s’ils comptent faire de la Libye une théocratie de facto avant même qu’il y ait eu un début de consultation nationale.
Si nous reproduisons les petites politesses du passé en ne voulant pas poser les questions qui fâchent, le sang dont nous avons pris soin d’éviter les jets en nous cantonnant aux bombardements aériens, continuera de jaillir et finira par nous atteindre, nous aussi.
Un joug pour un autre?

C'est sympa d'aller voter, mais ça tache
Ceci est un article sur la Tunisie (Blam, le mec plombe l’ambiance, c’est le weekend ce soir, chier à la fin).
Je suis allé voter ce matin au Consulat de Tunisie à Paris de la Rue de Lübeck. J’ai un doigt bleu, j’en fous partout sur mon clavier, c’est assez désagréable (les taches, pas le vote), mais j’ai voté. Autour de moi, dans la queue, des jeunes, des vieux, des barbus et des femmes voilées. Tout cela se faisait dans une ambiance bon enfant, les youyous des femmes qui venaient de jouir pour la première fois (hihihi) d’une vraie démocratie résonnaient dans les halls bondés. C’était bien. Le sentiment de vivre quelque chose d’important.
Mais voilà, dans la queue, j’ai beaucoup entendu “ennahda”, le parti islamiste de Rached Ghannouchi. Les derniers sondages faisaient état d’une vingtaine de pour-cent d’intentions de vote pour lui en Tunisie. Ce pourcentage se traduit dans la vie de tous les jours par les mouvements de foule ayant obligé NessmaTV, chaine indépendante tunisienne, à s’excuser auprès des islamistes pour avoir diffusé “Persepolis” il y a quelques jours. C’est aussi quelques actes de violence de salafistes et d’islamistes qui commencent à voir le jour dans divers endroits du pays.
La Tunisie a vécu plus de 23 ans sous le règne d’un dictateur qui a saigné le pays. Laisser autant d’importance aux islamistes dans la Tunisie de demain, c’est accepter le règne d’une autre forme de dictature. Je refuse de voir le pays sombrer dans l’obscurantisme et l’orthodoxie. Je me fous royalement de quelle liste vous allez parmi les 40 et quelques qui se présentent à l’assemblée constituante, tant que ce n’est pas pour Ennahda.
Mais je vous en supplie, en France, dans le monde et en Tunisie. Allez voter.
La Tunisie ne s’est pas libérée du joug de Ben Ali pour tomber sous celui de l’islamisme. Je me refuse à le croire et à l’imaginer.
LES TUNISIENS DE L’ÉTRANGER ONT JUSQU’À DEMAIN SOIR (22 OCTOBRE) POUR VOTER.
Pour savoir où voter, toutes les infos sont sur http://irie-france1.net
Ce matin, au bureau de vote de Lubeck, les non-inscrits sur les listes semblaient pouvoir voter (à confirmer en y allant).
Just Married

Quand vous lirez ces lignes, j’aurai dit OUI.
Plus précisément, j’aurai signé un bout de papier dans un bureau crasseux du tribunal d’instance du IXe arrondissement, parce que les individus de mon espèce ne sont pas autorisés à faire ça à la mairie comme les gens normaux. Non pas que je sois particulièrement dévasté par l’absence de cérémonial, n’ayant jamais fantasmé sur le mariage, ni même imaginé que j’y viendrais un jour. Mais voilà, un soir il m’a dit « Si je me fais renverser par un voiture, je préférerais voir ta face à mon réveil que celle de mes parents », à quoi je lui ai répondu : « Tu veux qu’on se pacse? ».
Et voilà comment moi, le plus jeune de nous 4, le pédé de la bande, longtemps le moins porté sur les relations sérieuses, je me suis retrouvé contre toute attente le premier à sauter le pas. (Entre nous, si j’ai un conseil à vous donner, c’est de ne pas laisser rentrer des jolis garçons rigolos à lunettes dans votre vie, parce qu’après il vous sera très difficile de les en faire sortir.) La suite est facile à imaginer : l’inéluctable locomotive du mariage a fondu sur moi comme la vérole sur le bas-clergé, et j’ai découvert non sans surprise que l’on a beau être marginal, on n’en est pas moins assailli de toutes parts par la norme, qui ne se lasse jamais de tenter de faire de vous un ersatz du héros hébété de Bref.
Mais si sur certains points, il est illusoire de s’imaginer échapper à la banalité (quoi de moins original en effet qu’un beau-père qui ne peut pas vous encadrer et une belle-mère qui crève de jalousie parce que vous lui avez volé son précieux bébé ?), il me semble en revanche capital -pour la salut de l’humanité toute entière- de résister vaillamment aux figures imposées du mariage, cette infâme machine à formater les hommes.
Alors une bonne fois pour toutes :
-NON, je ne veux personne pour m’accompagner à la signature, parce que griffonner son paraphe sur un contrat devant un fonctionnaire démoulé n’est pas une action qui mérite témoins.
-NON, quand je dis grosse teuf avec les potes, je n’ai pas en tête 200 invités dont je n’ai rien à carrer et un plan de table.
-NON, je n’enverrai pas de faire-parts, parce que nous sommes à l’ère d’Internet et de Facebook, et que, sans déconner, qui achète encore des putains de timbres ?
-NON, le buffet ne sera certainement pas kasher, et puisqu’on en parle, il y aura du porc à tous les étages, histoire de rappeler à Dieu qu’on est des pédés qui s’enculent et qu’il n’a vraiment rien à foutre ici.
-NON, il n’y aura ni photographe, ni cameramen, ni steadycam, ni louma, ni grue, ni écrans géants, parce que je ne suis pas Britney Spears, et que malgré mon infini narcissisme, je ne suis pas encore convaincu que notre grosse pochtronnade mérite d’être immortalisée pour la postérité. Bordel.
Tout ce que je veux, c’est assurer à mon mari que si un jour je crève sans crier gare, il ne se retrouvera pas sous les ponts. Et lui dire qu’il peut se reposer sur moi, parce que je gère. Lui dire que ma famille aujourd’hui, c’est lui. Le remercier d’être aussi ridiculement adorable. Lui dire que je l’aime. Et le remercier d’avoir insisté. Et en passant, boire du champagne avec quelques individus triés sur le volet et danser sur de la musique de putasse. Normal, quoi.
Sur ce, je dois vous laisser, faut que j’aille m’acheter un canapé.














